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Nationale

La réintégration du Maroc au sein de l’UA loin d’être acquise

La réintégration du Maroc au sein de l’UA loin d’être acquise

La diplomatie marocaine met tout sur le dos d’un autre pays lorsque la sienne n’arrive pas à s’imposer. Cette fois-ci, le Maroc accuse l’Algérie de bloque sa réintégration au sein de l’UA et aussi de saborder les visites successives du roi Mohamed VI dans les pays africains. 

La demande marocaine de réadmission a été mise dans un tiroir pendant plus d’un mois. Pour réactiver le dossier, le roi du Maroc a appelé le président en exercice de l’UA, le chef de l’Etat tchadien Idriss Déby, pour attirer son attention sur cette situation.

Pourtant c’est l’ami du roi, Idriss Deby, président en exercice de l’UA, qui fut chargé de remettre une lettre d’intention à Nkosazana Dlamini Zuma, présidente de la Commission de l’Union africaine. Or, la procédure de réintégration au sein de l’UA précise que la présidence de la Commission de l’UA reçoive la demande puis recueille les réactions des pays membres.

Lorsque le seuil de 28 Etats est atteint, le pays qui en fait la demande est admis. C’est ce qui s’est passé pour le Soudan de Sud dont le processus d’admission n’a pris que trois semaines, entre le dépôt de la demande et la notification finale d’admission.

Donc, ce n’est nullement une affaire de manipulations comme semble le suggérer le Maroc mais une absence de quorum puisque le nombre adéquat pour que la demande soit acceptée n’est pas atteint. D’où cette seconde visite du roi du Maroc en Afrique pour entamer un forcing de dernière minute en distribuant de l’argent aux dirigeants des pays visités comme l’Ethiopie, qui vient de bénéficier de 3,7 milliards de dollars.

Outre les investissements qu’il annonce à tout va, le roi du Maroc paie de sa personne en l’absence de sa diplomatie, qui confond le plus souvent entre ce quiest du ressort de la logique et de celui de la légalité. Le Maroc, qui espère revenir dans le giron africain après l’avoir quitté durant plus de 32 ans et insulté les dirigeants africains à l’époque, voit partout la main de l’Algérie.

Le ministre délégué aux Affaires étrangères estime que si la demande de réadmission du Maroc à l’UA a pris autant de retard, « c’est sans doute à cause des manipulations au sein de l’organisation » faisant très clairement allusion à l’Algérie.

Le ministre délégué aux Affaires étrangères, Nasser Bourita, a dénoncé des « magouilles algériennes pour faire échouer la visite royale en Afrique de l’Est » dont la deuxième étape vient d’être entamée par Mohammed VI. 

Pourtant la question du retour du Maroc au sein de l’Union africaine est loin d’être réglée. En 1984, le Maroc avait quitté la défunte Organisation de l’unité africaine dont il était pourtant un membre fondateur, quand, à la majorité de ses membres, la RASD, l’ancienne colonie espagnole de Rio de Oro ou Sahara occidental, y avait été admise.

Aujourd’hui, le royaume chérifien s’apprête à intégrer l’Union africaine (UA) qui a succédé à l’OUA, mais à la condition que la RASD en soit exclue. Comme les statuts de l’UA ne prévoient pas l’exclusion de l’un de ses membres, la question est donc loin d’être réglée.

Le roi du Maroc, après avoir dans un premier temps, bombé le torse exigeant de l’UA l’expulsion de la RASD, revient aujourd’hui à de meilleurs sentiments, acceptant même de siéger aux côtés de la délégation sahraouie. Ni l’ONU, ni l’UA ni aucun pays au monde, n’a reconnu la souveraineté du royaume sur le Sahara occidental.

Le Maroc ne peut même pas prétendre au statut de puissance administrante, ce qui l’obligerait à rendre régulièrement des comptes aux Nations unies. Le Maroc est une puissance occupante au titre du droit de la guerre édicté par les Conventions de Genève dont il fait partie tout comme le Front Polisario.

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