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Nationale

«La recherche scientifique est un challenge à relever pour la femme algérienne»

«La recherche scientifique est un challenge à relever pour la femme algérienne»

Vous avez récemment organisé un workshop au profit de femmes chercheurs à l’USTHB de Bab Ezzouar. Comment avez-vous eu l’idée de faire appel à des formatrices américaines ?

Nous avons toujours eu cette idée d’apporter un plus aux jeunes femmes chercheurs de l’USTHB de Bab Ezzouar, afin de les booster à améliorer leurs capacités et de les motiver à se verser encore plus dans le domaine de la recherche scientifique.
C’est à partir de là et en ayant le plaisir de rencontrer le Pr. Nora Berrah, chef de département de physique à l’université de Connecticut aux USA, dans un cadre scientifique.

Cette dernière m’avait proposé de faire des formations pour des femmes chercheurs, car selon elle, ces femmes n’étaient pas prêtes à affronter le domaine de la recherche.

Elle avait émis le vœu de faire des journées de formation au sein de l’USTHB de Bab Ezzouar. La récente formation que nous avons organisée est la deuxième du genre, car nous avons déjà organisé une 1ère édition en 2013.

Mme Berrah et une deuxième formatrice venue des Etats-Unis ont pu, durant deux jours de formation, contacter des jeunes femmes chercheurs et les faire profiter de leur expérience dans le domaine de la recherche.

Elles ont également rencontré des femmes qui ont déjà eu l’occasion de se former en 2013, et ont pu voir si elles ont évolué dans leur carrière en utilisant, bien sûr, ce qu’elles avaient appris au cours de leur formation.

Et quel était le constat ?

C’était un constat positif, selon les témoignages des femmes chercheurs de l’USTHB. Ces dernières ont témoigné de leur satisfaction de la formation qui leur a permis d’accéder par la suite à des postes plus importants.

Est-ce que vous envisagez d’organiser d’autres évènements de ce genre ?

Pour être honnête, cela ne va pas se faire dans l’immédiat. Nous allons faire un sondage auprès de nos jeunes étudiantes et ingénieurs, pour savoir si elles sont intéressées ou pas.

Et c’est à partir de là que nous penserons à organiser d’autres cycles de formation pour inciter ces jeunes étudiantes à se verser dans la recherche scientifique et faire profiter la société de leurs connaissances.

Pour ce qui est de la recherche scientifique, y a-t-il vraiment un engouement de la part de la gent féminine ?

Comme tout le monde le sait, le nombre de filles est beaucoup plus important que celui des garçons, et ce dans tous les secteurs, notamment à l’université. Personnellement et au cours de mes années d’enseignement à l’USTHB de Bab Ezzouar, j’ai constaté que les filles optent de plus en plus pour la recherche scientifique, contrairement aux garçons.

Ces derniers, à un certain stade de leur cursus universitaire, se trouvent obligés d’aller vers le monde du travail, car ils sont obligés de se prendre en charge ou bien prendre en charge leurs familles.

Quelles sont les difficultés que peuvent rencontrer les femmes une fois qu’elles se versent dans la recherche ?

Les problèmes que peut rencontrer la femme dans le domaine de la recherche scientifique sont pratiquement les mêmes que ceux rencontrés par toutes les femmes algériennes dans leur travail.
Mais si on parle des difficultés dans les laboratoires, ces femmes peuvent ne pas concilier la vie privée (mari, enfants…) et la recherche.

Pour cela, beaucoup de femmes se trouvent obligées de choisir entre la vie familiale ou bien de se verser dans la recherche. Et là, je peux dire que tout dépend de cette femme chercheur et comment elle a été formée.

Il existe des femmes qui ont pu faire de la recherche en parallèle avec ce qu’elles ont comme obligations dans leur vie de famille, et c’est sur ces femmes qu’on peut compter par rapport aux résultats de recherche et leur concrétisation sur le terrain.

Quel est le message que vous voulez faire passer à l’élite qui veut verser dans le domaine de la recherche ?

En tant qu’enseignante, si je forme mes étudiants, surtout ceux du master, c’est pour les voir un jour faire de la recherche. On attend beaucoup de notre jeunesse, notamment les femmes.

L’Etat a investi pour aider nos jeunes à se former et à percer dans plusieurs domaines. Ces derniers doivent faire bénéficier la société de leur expérience et mettre leur savoir-faire sur le terrain. La recherche est un challenge que nos jeunes doivent relever, notamment nos jeunes femmes chercheurs.

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