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Nationale

La rationalisation de l’eau, rempart au gaspillage

La rationalisation de l’eau, rempart au gaspillage

A l’horizon 2019, neuf barrages viendront s’ajouter à la soixantaine opérationnelle à travers le territoire national. Cinq d’entre eux seront réceptionnés au courant de cette année, a annoncé le ministre des Ressources en eau et de l’Environnement, Abdelkader Ouali.

Le secteur de l’eau continue donc d’être au centre de l’intérêt des plus hautes autorités de l’Etat. Le ministre a eu au passage à rappeler que les efforts consentis par les pouvoirs publics ne sont pas vains, faisant remarquer aussi que beaucoup ont tendance « à oublier qu’outre le fait qu’elle soit située dans une zone aride, l’Algérie est confrontée au problème de changements climatiques avec tout ce que cela induit comme irrégularités des fréquences des précipitations », il a ainsi signalé qu’une période de sécheresse n’est « jamais écartée à l’avenir ».

Relevant que les dernières précipitations ont été « extrêmement bénéfiques », M. Ouali a fait savoir que les barrages sont remplis à hauteur de 70 % à l’échelle nationale, assurant que ce taux va s’améliorer à la faveur de la fonte des neiges et des précipitations attendues au courant du premier trimestre de cette année.
Même si beaucoup reste à faire, ça serait faire preuve d’amnésie que de penser que le secteur de l’hydraulique n’a pas été gâté ces dernières années.

Depuis l’arrivée au pouvoir du président Bouteflika, des dizaines de projets ont vu le jour à travers tout le territoire. Aucune région n’a été laissée dans le besoin.

D’ailleurs, près de quatre-vingts régions ont encore été identifiées à travers le pays comme étant des zones nécessitant l’implantation de barrages à cause de la faiblesse des précipitations qui y sont enregistrées. Des projetsà réaliser sur la base des conditions et ressources recèle chaque partie du territoire comme ce fut le cas pour ceux déjà réalisés.

Ainsi, est-il utile de rappeler que si pour certaines villes côtières, l’exploitation des eaux méditerranéennes a permis d’atténuer la charge sur les eaux pluviales et donc superficielles, dont la majeure partie s’est vu redirigée vers des cités plus à l’intérieur.

Les dizaines de barrages venus rehausser le parc hydraulique existant bien avant -dont plusieurs unités ont été réaménagées et ont vu leur capacité presque doublée-ont permis au citoyen lambda d’user à discrétion de l’or bleu et ce depuis au moins les dix dernières années. Le fait de voir couler l’eau du robinet en 24 h sur 24 était naguère un rêve pour nombre d’Algériens.

Le barrage de Beni Haroun, pour ne citer que cette gigantesque structure située dans la région de Mila, aux confins d’un amas de ville de Est du pays a permis d’éviter la pénurie en eau potable aux populations de six wilayas (Constantine, Mila, Oum El Bouaghi, Jijel, Batna et Khenchela, plus au sud).

Autre exploit à mettre à l’actif des gestionnaires du secteur, c’est celui de la mise en service de grandes stations de pompage au Sud, notamment à In Salah, en sus de stations de déminéralisation pour la réduction de la teneur en sel des eaux souterraines.

Ces structures pharaoniques puisent du sous-sol saharien -gorgé de nappes phréatiques- des millions de mètres cubes d’eau pour les populations des cités du Sud forcées de subir la rigueur du climat où la rareté des eaux pluviales et la chaleur laissent peu de chance aux eaux de stagner en surface.

Si jadis, pour la quasi-totalité des ménages, notamment ceux des régions de l’intérieur, il était rare de ne pas voir jerricans et autre bassines traîner un peu partout aux abords des cuisines et salles d’eau, lorsque le liquide vital était presque une denrée rare et que l’on devait se lever tôt,pour certains au milieu de la nuit, pour faire des provisions d’eau, il est aujourd’hui aisé de mesurer les avancées réalisées.

Les expériences de la gestion du secteur confiée à la fin des années 2000 à des entreprises étrangères, même si certaines lacunes ont été observées notamment en matière de formation ou de transfert du savoir-faire, n’ont pas complètement échoué dans la mesure où du positif reste palpable. Ainsi à Alger, Oran, Constantine ou encore Annaba, ces expériences n’ont pas été vaines, à en croire les professionnels.

Toutefois, l’offre à profusion n’a pas été accompagnée de mesures préventives rigoureuses contre le gaspillage. En sus d’une insouciance collective, les pertes enregistrées ici et là en raison notamment de la vétusté du réseau d’alimentation en EP qui, pour certaines régions reste vieux d’une quarantaine d’années, si ce n’est du temps du colonialisme ou encore des fuites causées par inadvertance au cours de chantier d’autres secteurs, continuent d’être à l’origine d’énormes pertes. Lors de sa visite, le ministre a d’ailleurs mis l’accent sur la nécessité de préserver le précieux liquide.

« En moins de 3 mois, nos barrages ont reçu un apport supplémentaire d’eau de plus d’un milliard de m3 », a-t-soutenu, faisant état d’une quantité totale de 4,75 milliards de m3 d’eau emmagasinée au niveau de ces structures à l’échelle nationale.
Si la clémence du ciel a été salutaire, il est évident que la rationalisation et la lutte contre le gaspillage sont plus que jamais d’actualité.

Le ministre a d’ailleurs, dans ce contexte, fait état de la récupération, depuis quelque temps, d’un volume quotidien de plus de 1 million de m3 à travers le territoire national représentant le vol d’eau (branchements illicites) et les fuites, n’hésitant pas à qualifier la quantité récupérée de « troisième source d’approvisionnement en eau ».

S’attardant sur la gestion du secteur à l’échelle locale, il a aussi mis l’accent sur une plus grande « rigueur » dans ce domaine de la part de l’Algérienne des Eaux (ADE) dont les investissements doivent être « minutieusement réfléchis » dans la mesure ou il est prévu que l’entreprise publique soit appelée à gérer toutes les communes du pays à l’horizon 2019.

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