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Nationale

La protestation policière: l’effêt boule de neige

La protestation policière: l’effêt boule de neige

Le mouvement de protestation des policiers s’est amplifié, s’élargissant aux deux principales villes de l’est et de l’ouest du pays, provoquant un effet boule de neige qui risque de toucher d’autres localités si la contestation sociale n’est pas contenue.
Hier, des policiers des unités républicaines à Oran et Constantine ont marché dans la rue en guise de soutien à leurs collègues de Ghardaïa et Alger.

A Alger, des centaines de policiers se sont rassemblés devant le siège de la présidence, et une quarantaine a été reçue par le Premier ministre Abdelmalek Sellal dans l’enceinte de celle-ci. Les policiers réclamaient le départ du directeur de la DGSN Abdelghani Hamel. « Hamel dégage », « On demande Sellal » et « Pas de service du travail avant le départ de Hamel ». La veille, près de 200 policiers de la Brigade de recherches et d’Intervention (BRI) et de la Brigade mobile de la police judiciaire (BMPJ) ont lancé le même slogan.

Après des revendications purement professionnelles qui tournaient autour des heures et des conditions de travail en général, voilà que les policiers élèvent la barre de leurs revendications en réclamant, cette fois, la « tête » de Hamel, une revendication politique. Celui-ci, qui est à la tête de la DGSN depuis juin 2010, semble subir les moments les plus durs depuis son investiture à la tête de la Police.

En réaction à la contestation, Abdelghani Hamel a déclaré avant-hier, après les manifestations successives des policiers ces derniers jours, qu’il s’engageait à prendre en charge leurs doléances. Contacté par téléphone, le directeur des relations publiques à la DGSN, le commissaire divisionnaire Djilali Boudalia, nous a indiqué que Abdelghani Hamel a décidé de prendre en charge les revendications des policiers après leurs contestations à Ghardaïa puis à Alger et Blida.

« En sortant dans la rue, les policiers, en colère, ont émis plusieurs revendications. D’après ces agents de l’ordre, le danger les guette partout. Ils se sentent menacés par les agissements des criminels. Il n’y a qu’à voir le nombre de policiers qui ont subi de graves blessures lors des affrontements survenus à Ghardaïa, ou lorsque des policiers, à l’image des deux policiers de Blida et Boufarik, qui ont été agressés par des inconnus et leurs armes volées.

C’est la goutte qui a fait déborder le vase, d’après un policier. « Et lorsqu’on arrête ces criminels, ils sont relâchés par la suite. C’est injuste », explique un policier sous l’anonymat. Depuis le début de l’année, pas moins de 200 policiers ont été blessés, certains dans un état critique, après des affrontements avec des contestataires.
Des émeutes où les policiers sont les premiers qui font face et les premiers à payer la facture.

Ajoutez à cette situation que beaucoup de policiers travaillent 10 heures par jour, alors que nombre d’entre eux n’ont pas vu leur famille depuis des mois. Il faut ajouter aussi que de nombreux policiers perçoivent un salaire ne dépassant pas les 32 000 DA/mois, ce qui a alimenté une véritable colère chez eux. Tous ces ingrédients n’ont fait qu’alimenter une crise interne ; une crise qui date de quatre ans et qui a fini par exploser à Ghardaïa, à Alger et ailleurs.
 

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