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Nationale

La prospérité boude l’Algérie

La prospérité boude l’Algérie

L’Algérie est classée à la 96e place des pays les moins prospères révèle la 3e édition de l’indice Legatum, publié à la fin de cette semaine. L’Algérie demeure en queue de peloton mondial des pays où il mal de vivre règne. Sur une liste de 104 pays, l’Algérie est talonné par la Tanzanie (97), le Soudan (103) et le Zimbabwe, le dernier du classement.

La Tunisie, notre voisin de l’est, dépourvu de réserves en hydrocarbures et de réserves de changes en milliards de dollars, a été classée 68e juste devant la Turquie. L’indice de l’institut londonien se base sur des critères de prospérité, alliant la croissance économique et des mesures du bonheur et de la qualité de la vie. Il couvre ainsi 90% de la population mondiale, en utilisant une combinaison de données objectives et de réponses subjectives aux enquêtes.

Ces données comprennent 79 variables différentes qui sont regroupées en sept indices principaux : la satisfaction personnelle, le niveau de vie moyen, l’entreprenariat, le développement humain, la liberté économique, la perception de la corruption, les perspectives de paix et sécurité.

L’indice Legatum identifie neuf facteurs clés qui dirigent la croissance économique et le bien-être personnel et constituent les fondements de la prospérité. Chacun de ces facteurs est représenté en sous-indice et le classement définitif de l’indice de prospérité d’un pays est calculé en établissant la moyenne de ses performances sur la totalité des neuf sous-indices, également pondérés, précise-t-on.

A la lumière de ces données, il convient de dire que l’argent – quelque 20 milliards de dollars dorment dans les caisses des banques publiques-, ne fait pas le bonheur ou la prospérité des Algériens. En effet, la relance de la croissance par la dépense publique laisse sceptique les économistes.

Ces derniers estiment que les bonnes performances financières de ces dernières années doivent être relativisées en raison du poids de la rente pétrolière sur l’économie – qui représente 98 % des recettes d’exportation (contre 69 %, en 1970). La prospérité de l’Algérie demeurera, donc, aléatoire, tant qu’elle sera conditionnée par deux facteurs dont elle n’a pas le contrôle, à savoir : la fluctuation du dollar et celle des cours du baril de pétrole.

Depuis 1999, des politiques ont été mises en œuvre et ont eu de nombreuses retombées positives. En effet, ces 15 dernières années ont été marqués par les investissements massifs dans les infrastructures publiques grâces aux revenus issus de la rente pétrolière.
Malgré ce classement négatif, l’Algérie a marqué des points sur le plan du développement humain ces 15 dernières années.

Le nombre de logements en Algérie a augmenté de 48% entre 2000 et 2013. 40 milliards de dollars investis dans la construction de barrages, de systèmes de transfert et de stations de dessalement d’eau de mer, 99,4% des ménagés sont maintenant raccordés au réseau électrique, et 53% au réseau gazier, 35 milliards de dollars consacrés au transport, l’éducation et la santé ont reçu 15 milliards le revenu national brut par habitant multiplié par plus de trois. Tout ceci fait dire à un observateur averti que l’Algérie est malade de sa bureaucratie et de son corollaire la corruption dont elle se sert pour se pérenniser.

Le résultat est qu’en dehors des politiques publiques, il est très difficile pour les initiatives privées de se développer et de prospérer pour créer de la richesse et de l’emploi, deux conditions sine qua non de la prospérité. Notons enfin que les 10 pays les plus prospères selon « l’indice de la prospérité » Legatum sont : la Finlande, la Suisse, la Suède, le Danemark, la Norvège, l’Australie, le Canada, les Pays-Bas, les Etats-Unis et la Nouvelle Zélande.

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