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Culture

La professionnalisation tant souhaitée

La professionnalisation tant souhaitée

La vingtième édition du Salon international du livre d’Alger, clôturée ce samedi 7 novembre, au Palais des expositions aux Pins Maritimes, a enregistré un nouveau record de visite, mais sans répondre aux attentes du large public et des professionnels, qui souhaitent une meilleure organisation et une professionnalisation de ce rendez-vous littéraire de la rentrée.

Ouvert au public depuis le 29 octobre dernier, le Salon international du livre d’Alger (Sila) aura accueilli de nombreux visiteurs venus d’horizons divers allant des étudiants et écoliers en quête d’ouvrages spécialisés et d’apprentissage de langues étrangères, aux familles à la recherche de livres parascolaires, en passant par des lecteurs friands de littérature ou d’ouvrages à caractère religieux.

Avec plus de 900 exposants, ce Sila a consacré le succès du livre technique et a enregistré un regain d’intérêt pour la littérature écrite en langue arabe en français. La hausse des ventes dans ces deux catégories d’édition est encouragée par une « production importante » avec l’apparition de plusieurs jeunes auteurs, une plus grande disponibilité des ouvrages et des prix jugés « très abordables ».

Quant éditions du livre pour enfants, elles ont connu une baisse considérable des ventes, des visiteurs ont regretté la « pauvreté de l’offre proposée » en matière de littérature de jeunesse.

Ils relèvent aussi la présence sur les rayons d’ouvrages religieux au contenu destiné aux adultes et de plusieurs titres jugés « inadaptés » par des parents et des éducateurs. L’application stricte de l’interdiction de la vente en gros lors du Sila a entraîné, selon des éditeurs, une « baisse des ventes de 30 % » du livre religieux et du livre pour enfant.

Les espaces relativement nouveaux sont ceux liés à l’apprentissage des langues et ceux faisant la promotion des universités étrangères. Un grand nombre d’étudiants et de lycéens ont empli les stands des représentations diplomatiques et des différents instituts culturels européens.

La France étant l’invité d’honneur de cette édition, l’Institut français d’Alger (Ifa) a installé un stand dont une partie est réservée aux services d’information sur les universités françaises et aux inscriptions aux cours de langue, tout comme le British Council et l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique qui a proposé des activités dédiées à l’amélioration de l’anglais oral et aux renseignements sur l’immigration vers les USA.

Espaces

Le Sila a également proposé une série de rencontres majoritairement destinées aux professionnels du livre, mais qui ont peiné à attirer les concernés et encore moins les visiteurs anonymes, exception faite de la journée dédiée à l’histoire et plus particulièrement aux massacres du 8 mai1945 perpétrés par la France coloniale. Une journée algéro-française sur la coopération entre les deux pays en matière d’édition est marquée par une réflexion sur la pénurie de traducteurs et des voies de coopération dans cette discipline, sans toutefois attirer le nombre escomptés d’éditeurs algériens.

Cette année, le Sila sera marqué par la remise du Prix Assia Djebar du roman attribué à trois jeunes auteurs en langue arabe, tamazight et française (respectivement Abdelwahab Aïssaoui, Rachid Boukharoub et Amine Aït Hadi), une première saluée par les professionnels du livre et des écrivains qui y voient un « premier pas » vers un salon professionnel.

Aux rencontres réservées à la coopération algéro-française en matière de livre, de nombreux professionnels français ont souhaité avoir accès à des « statistiques précises » sur le marché algérien du livre tout en plaidant pour un « renforcement » du réseau de distribution et la circulation des livres entre les pays du Maghreb.

D’autres rencontres ont également eu lieu pour débattre du livre numérique de l’édition de la littérature en tamazight ou encore de la toponymie, des sujets abondamment discutés lors des éditions précédentes et qui ne semblent plus figurer au top des préoccupations des professionnels comme du public.

Des participants ont déploré l’absence au sein du salon d’un espace de rencontre entre éditeurs, écrivains, distributeurs et journalistes, une manière de prendre en charge la construction et la promotion de projets littéraires.

D’autres éditeurs ont souhaité que le salon puisse se doter d’une entreprise habilitée à « gérer et à encourager » les ventes de livres, le nombre souvent « astronomique » de visiteurs ne renseignant en rien sur le niveau de lecture ni sur la santé du marché du livre, au moment où il est question de « hisser le Sila au niveau des grandes rencontres internationales ».

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