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Nationale

La politique pétrolière ne se construit pas sur les prix

La politique pétrolière ne se construit pas sur les prix

Intervenant devant un aéropage d’universitaires, d’étudiants et d’invités du monde de l’entreprise et des affaires, à l’invitation de la faculté des sciences économiques, des sciences commerciales et des sciences de gestion de l’université Yahia-Farès, le professeur Sid-Ali Boukrami, expert financier et ancien ministre, a développé une analyse du marché pétrolier et les visées de réappropriation des gisements par les pays importateurs.

Dans son intervention introductive, le conférencier a parlé de la stratégie de l’Algérie post-indépendance et de son adhésion tardive à l’OPEP en 1969, car ayant eu à cette époque une vision différente de celle des autres membres.

Et d’expliquer sa position : « Ce qui l’intéresse, ce ne sont pas les prix du pétrole mais plutôt la maîtrise de ses ressources. » D’ailleurs, a-t-il ajouté, sa position n’a pas manqué d’être rapportée, en ces termes, en 1964, par le journal français le Monde : « Les Algériens ne parlent plus de redevances mais de participation. »

Partant de l’idée que la politique pétrolière ne se construit pas sur les prix mais sur la maîtrise des gisements, l’Algérie avait, à l’époque, une doctrine sur la maîtrise de ses ressources qui a abouti à la nationalisation des hydrocarbures en 1971, selon l’expert.

Ce qui, a-t-il dit, rejoint la stratégie des Américains, notamment celle des républicains à travers la déclaration du président Nixon qui avait déclaré : « Ne laissez pas les prix du pétrole entre les mains des autres. » L’orateur a poursuivi sur l’analyse de la situation économique mondiale actuelle et sur les changements intervenus au cours de ces dernières années, où la part de l’OPEP dans le marché pétrolier n’est plus que de 32 millions de barils sur 90 millions de barils par jour exportés.

L’OPEP n’a en effet plus aujourd’hui la puissance d’un véritable cartel car elle ne joue plus qu’un rôle marginal, fragilisée par les intérêts contradictoires de ses 12 membres et par le retour de la production de l’Iran.

D’ailleurs, a-t-il dit, c’est ce qui était attendu par les Majors, dont la stratégie a toujours été de vouloir s’approprier des puits de pétrole, comme cela a déjà été fait par Shell. En effet, Shell a déjà acheté des puits où le coût de production d’un baril était de 80 dollars, et ce dans le seul but de pouvoir dominer le marché, arriver à fixer les prix à la baisse dans un premier temps avant de les revoir à la hausse plus tard.

Pour arriver à leurs fins, les compagnies américaines ont basé leur politique sur les contrats de concession afin de pouvoir se réapproprier les gisements de pétrole, c’est-à-dire tout l’amont du processus de production, dont la maîtrise relève des nouvelles technologies et du capital humain.

Revenant à la politique de l’Algérie, pour sortir de sa dépendance des hydrocarbures et aller vers une diversification de son économie, il aurait fallu, selon le professeur, que cela se décide il y a 40 ans déjà. Pour cela, le facteur dont il faut tenir compte, est celui relatif à l’expérience capitalisée et à la connaissance de l’environnement, car aucun modèle économique efficace ne peut être conçu dans un bureau, a ajouté l’expert.

Partant du constat de la politique actuelle de répartition du revenu national, il a posé la question de savoir s’il est possible de concilier la politique de diversification dans une économie où les transferts sociaux représentent plus de 30% du PIB.

Après quoi, de nombreuses questions sur les tendances actuelles de l’économie mondiale et de l’économie algérienne ont été soulevées au cours des débats avec les enseignants, les étudiants et les invités présents à la conférence.

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