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Nationale

La Place des Martyrs nouvelle conquête du Hirak

La Place des Martyrs nouvelle conquête du Hirak

Pour le 14e vendredi de suite, soit plus de trois mois, la mobilisation du peuple se poursuit sans relâche. Malgré toutes les mesures répressives entreprises par les pouvoirs publics afin d’essouffler le mouvement populaire enclenché le 22 février passé, des milliers de manifestants ont fait, hier à Alger, preuve de détermination et d’endurance et sortent en dépit de la chaleur et du jeûne, pour réitérer le refus les élections du 4 juillet et le départ des têtes incarnant le régime contesté.

Les grandes artères ont été quadrillées tôt le matin à travers le déploiement d’un dispositif sécuritaire lourd et hermétique pour faire barrage aux foules qui se sont donné rendez-vous, via les réseaux sociaux, à la place des Martyrs (Sahet E-chouhada), suite à la décision de la wilaya d’Alger portant fermeture de l’édifice de la Grande Poste mardi soir.

Du côté de la rue Larbi Ben M’hidi et la grande poste, les forces d’ordre n’ont pas hésité d’intimider les premiers groupes des manifestants qui n’étaient pas vraiment nombreux. Confiscation de téléphone, interpellations et embarcations ciblant les marcheurs drapés de l’emblème national. Une atmosphère qui laisse comprendre que la peu a réellement changé de camp ! Au coup de midi, le nombre des marcheurs commence à augmentèrent au fur et à mesure, au cœur de la capitale particulièrement dans la place Audin, passant par la fac centrale jusqu’à la place de la Grande poste. Les gens se soutiennent entre eux et sensibilisent sur l’importance de garder le caractère pacifique des manifs. « On veut créer la zizanie au sein du mouvement populaire en infiltrant des groupes de perturbateurs », dit une marcheuse entourée d’une vingtaine de personnes à la place Audin. L’heure indiquait 13 heure 40 minutes lorsque de foules impressionnantes se sont ralliées à la marche après la prière hebdomadaire. Devant la pression et l’affluence imposante des protestataires, les policiers étaient contraints de libérer le passage et se retirer de certains endroits tels l’accès menant à la rue Assela Hocine ou encore boulevard Zighoud Youcef du côté de Square Sofia. Sous une chaleur suffocante, les contestataires focalisaient principalement sur le refus des élections du 4 juillet. Un rejet catégorique que laissent entendre les slogans scandés dans les rues « Ulach Ulach ulach elvot ulach » (pas de vote), « makache intikhabet m3a el3issabet » ( pas d’élections avec les bandes mafieuses), « 4 juillet kayna massira » (Le 4 juillet, il y aura une marche), « Ghadiboune ghadibooune, litaswit rafidoun » (nous sommes en colère et nous refusons le vote) . Fort est de constater, les manifestants rappellent également que le peuple est source de tout pouvoir « medda seb3a soltta lchaâb » (l’article 7, le peuple est source de tout pouvoir), et que ce peuple demande un Etat civil pas militaire « Dawla madanya , machi 3askaria »…

Une foultitude de slogans entonnés pèle mêle et qui convergent, grosso modo, dans une seule vision, celle d’éradiquer le système en place pour l’instauration d’une nouvelle Algérie à même de satisfaire les aspirations de tout peuple sans exclusion.

Entamant le front de mer Zighoud Youcef, la marée humaine rafraichie par la brise marine battait le bitume en toute forme et les visages n’esquissaient nullement des signes de fatigue. Devant le siège de l’Assemblée populaire nationale(APN), puis du Conseil de la nation et la Banque d’Algérie, les marcheurs marquaient respectivement des haltes de quelques minutes et fusaient énergiquement « klitou labled ya serakine » (vous avez dévoré le pays, bande des voleurs), « Djaych chaâb khawa khawa, wel Gaid Salah maâ elkhawana », (L’armée et le peuple, frères, et Gaid Salah est avec les traitres)…

À quelques mètres de la grande esplanade de la place des martyrs, plus exactement au boulevard Che Guevara, les manifestants pressaient le pas, lançaient des brouhahas et se bousculaient pour gagner le nouveau point de repère. Leurs compatriotes des Bab Eloued et la Casbah occupaient d’ores et déjà les lieux et fusaient les mêmes slogans. Là c’est le carrefour des révolutionnaires dont la devise est ‘’pas de machine arrière’’

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