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Culture

la pièce Omerta : Silence face à la mondialisation

la pièce Omerta : Silence face à la mondialisation

Présentée à la salle Mustapha-Kateb du Théâtre national Mahieddine-Bachtarzi d’Alger, ce samedi 23 septembre, la nouvelle pièce Omerta est dédiée à la mémoire du regretté homme de théâtre Hamid Remas, disparu l’an dernier.

Mise en scène et réécrite par Brahim Chergui sur un texte proposé par Missoum Medjahri, la nouvelle production du Théâtre national Mahieddine-Bachtarzi d’Alger, Omerta, aura deux représentations publiques ces dimanche et lundi.

Dédiée au regretté Hamid Remas qui « devait en assurer la conception », cette comédie dramatique dénonce le pouvoir absolu de la mondialisation et ses méfaits sur les peuples, réduits à subir dans le silence les affres du despotisme et de l’oligarchie.

Dans le rire et la dérision, la réalité du monde actuel, rendue dans un microcosme, est scrutée par l’histoire d’une éléphante, El Fila, à la botte d’un roi tyrannique, dressée pour semer la mort, dans une fable menée par six comédiens talentueux qui ont réussi à mettre à nu, une heure durant, les travers d’un ordre mondial démesuré, mené par une puissance malveillante aux desseins dévastateurs, exécutés par les mains sales du sionisme, « opprobre de l’humanité ».

Sur ordre d’un roi en retrait, soucieux d’asseoir son hégémonie, campé par Foued Zahed, El Fila, rendue par Faïza Amel, dépouille, à chacun de ses passages, les terres agricoles et les gens de leurs biens, décapitant les récalcitrants d’entre eux, sans aucune pitié envers une population sans défense, jusqu’au jour où elle élimine le mari et le bébé d’une femme rebelle, brillamment interprétée par Nabila Ibrahim.

Le temps de la révolte étant venu, la veuve, convaincue de la nécessité de changer les choses, va compter sur la loyauté et la détermination d’ El Wafi, joué par Yacine Zaïdi, et de Tahar Lani et Massilia Ait Ali, deux autres personnages sans nom.

Dans une interprétation comique bien menée, Brahim Chergui, auto distribué dans le rôle du peureux, opposant au projet d’insurrection, va d’abord tout faire pour empêcher la révolte avant de basculer dans la trahison et se soumettre, bâton à la main « en référence au grand Rouiched dans L’Opium et le bâton, à El Fila et au roi.

En occcupant tous les espaces de la scène dans un jeu dynamique et rythmé, les comédiens ont bien porté la densité du texte qui a nourri une trame aux situations métaphoriques, avec des dialogues ascendants et directs, agrémentés par moments, par des expressions anthologiques renvoyant aux grandes œuvres du théâtre et du cinéma algérien.

Un extrait de la complainte Thametuth b’ umjahed (la femme du moudjahid), un autre clin d’œil à la poésie du terroir kabyle, est déclamé avec une voix chaude et étoffée par Tahar Lani, au milieu d’une scénographie, signée Brahim Chergui, faite d’un décor à plusieurs sémantiques, allant du jeu de petites chaises suspendues symbolisant le « destin compromis des petits peuples », aux rideaux transparents dressés de haut en bas et de part et d’autre de la scène renvoyant à la « stricte verticalité des différentes orientations et options à suivre « qui datent, selon le scénographe-metteur en scène, du « temps des hiéroglyphes et des anciennes écritures » placardées tout en haut, au devant de la scène, rapporte l’Agence presse service d’Algérie.

L’éclairage de Mohamed Belaouer et la bande son de Mohamed Zami sont concluants, réussissant à créer les atmosphères adéquates à la conception du metteur en scène qui, a-t-il affirmé, « renseigne sur un stratagème de longue date engendrant les injustices du monde d’aujourd’hui ». Le public a longtemps applaudi les comédiens, faisant ainsi part de son adhésion au sujet traité. 

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