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Culture

La perte d’un pionnier

La perte d’un pionnier

Décédé à l’âge de 74 ans, Benamar Bakhti sera inhumé ce jeudi 4 juin, au cimetière d’El Alia à Alger en présence de nombreux artistes, léguant nombre d’œuvres et un projet de film sur l’Emir Abdelkader. 

Si le regretté Benamar Bakhti est l’une des grandes figures du cinéma algérien, il laissera notamment un méga projet de film sur l’Emir Abdelkader, un rêve qu’il a voulu réaliser jusqu’à son dernier souffle.

Il a également souhaité la réalisation du long métrage Le clandestin 2, après le succès populaire dont a joui le premier, Le clandestin (ou le taxi clandestin), en 1989. Ce film a alors révélé au grand public le talentueux Athmane Ariouet, ce même Ariouet qui a incarné, avec brio, des années auparavant (1983) le rôle de Cheikh Bouamama, l’un des leaders de la résistance populaire algérienne contre l’occupation française.

Au sujet du film sur l’Emir Abdelkader, c’est au début des années 90 que Benamar Bakhti a eu l’idée de réaliser un film à dimension internationale sur cette personnalité historique, mais ce projet n’a pas pu voir le jour en cette décennie extrêmement difficile pour l’Algérie, mais aussi pour les artistes qui vont aux aussi payer un lourd tribut au terrorisme dont l’impact destructeur a pesé sur l’évolution du cinéma et de tous les arts. En évoquant les œuvres du défunt, le cinéaste Ahmed Rachedi a rappelé les nombreux projets que le regretté a voulu réaliser 20 ans durant, mais qui sont restés à l’état du rêve.

Benamar Bakhti sera également célèbre pour son chef-d’oeuvre L’épopée de Cheikh Bouamama et pour bien d’autres œuvres irréprochables, selon M. Rachedi qui déplore que « des cinéastes de la trempe de Bakhti ne puissent pas bénéficier de conditions favorables à l’éclosion de leurs idées et projets ». Natif de Tlemcen, Benamar Bakhti est diplômé de l’Institut des hautes études cinématographiques de Paris (IDHEC). Au début de sa carrière, il exerce comme assistant à France Télévision aux côtés de cinéastes français comme Claude Lelouch et Jean-Paul Sassy.

De retour en Algérie, il intégre la Radio et la Télévision algériennes en tant que producteur. Il réalisera nombre de téléfilms dont Le Moudjahid et Le retour. Plusieurs réalisateurs, producteurs, acteurs, techniciens et amis, dont Said Hilmi, Ghouti Bendeddouche, Zahir Bouzerar, Noureddine Choukas, Moussa Haddad, Abdelkader Bendaâmache, Salim Benelkadi, Abdelhamid Rabia, Hamidou, Lamine Merbah, Bachir Derraïs, Ahmed Kadri, tous très peinés suite à cette « immense perte », ont assisté à ses funérailles, saluant la mémoire d’un des pionniers du cinéma algérien.

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