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Nationale

La peine de mort pour Oultache

La peine de mort pour Oultache

Le procureur général du tribunal criminel d’Alger Akrout Larbi a requis, hier, la peine de mort contre Oultache Chouaieb, l’ex-responsable de la navigation aérienne à la Sûreté nationale, poursuivi pour trois chefs d’inculpation à savoir homicide volontaire avec préméditation et guet-apens sur la personne de l’ancien patron de la police algérienne, le colonel Ali Tounsi, et d’avoir tenté de mettre fin aux jours de pas moins de quatre cadres supérieurs dont l’ancien chef de la Sûreté d’Alger, Abderabi Abdennabi, et détention de munitions
de manière prohibée, qui ont été utilisées pour commettre
le crime.

Le représentant du ministère public a d’emblée affirmé au président en charge du dossier, Omar Benkharchi, que « toutes les preuves légales et matérielles relatives aux accusations portées au cours de l’enquête préliminaire et l’instruction judiciaire sont formelles notamment en ce qui concerne l’intention criminelle de l’inculpé « .

Dans le même contexte, le procureur général a indiqué : « J’ai l’honneur de représenter la société dans cette très grave affaire qui a fait couler beaucoup d’encre car elle concerne l’assassinat d’un héros dans l’enceinte même de son bureau sis dans une importante institution sécuritaire, à savoir la DGSN. »

Akrout Larbi a déclaré : « Le mis en cause a commis l’irréparable en tuant un symbole de la nation qui a sacrifié sa vie pour que l’Algérie reste debout. Il a répondu favorablement à la demande de l’ancien président Lamine Zeroual pour combattre le terrorisme. »
Il a, par ailleurs, souligné : « L’ancien premier responsable de la police algérienne a fait face à la horde terroriste depuis 1995 et n’a, à aucun moment, pensé qu’il allait être assassiné en 2010 par celui qu’il a fait venir et considérait comme l’un de ses proches collaborateurs, et l’avait chargé d’une honorable mission au sein de la Sûreté nationale « .

Le procureur, a en outre, axé son réquisitoire sur le fait que « l’inculpé a attenté à la vie de son chef suprême suite à la publication d’un article journalistique dans le quotidien arabophone Ennahar dans lequel il était mentionné que Ali Tounsi gelait la mission d’Oultache ».

Dans le même contexte, le procureur a déclaré : « Le jour du drame, l’inculpé voulait voir le défunt afin de reporter la réunion qui devait se tenir le même jour et dont l’ordre du jour allait être consacré à la modernisation des différents services de la DGSN qui devait être réalisée depuis 2007 et pour laquelle le président de la République Abdelaziz Bouteflika a débloqué pas moins de 22 millions d’euros. »

Le procureur a estimé que « la victime est décédée en défendant l’intérêt national mais pas pour un problème personnel entre lui et l’inculpé « . « Ce dernier, ajoute le procureur général, veut nous faire croire que le défunt l’a touché dans sa dignité en le traitant de traître qui n’a pas su respecter la confiance placée en lui par l’ancien DG, qui avait insisté sur la tenue de la réunion. »

Furieux et profitant de l’absence du chef du cabinet de l’ancien patron Ali Tounsi, « l’inculpé s’est infiltré dans le bureau de la victime et lui a demandé que la réunion soit reportée à une date ultérieure pour que ses proches collaborateurs puissent finir le travail qui leur a été confié ; Oultache ne s’attendait pas à ce que Ali Tounsi lui suggère de quitter son bureau. L’inculpé a donc, sans hésitation aucune, tiré deux balles sur sa victime dont la deuxième, qui l’ablessé à la joue gauche, était mortelle pour la simple raison qu’elle lui a coupé la langue ! »

Il, a par ailleurs, insisté sur la prise en considération des explications scientifiques données par le professeur Rachid Belhadj, qui a été convoqué à la demande des avocats de la défense. Celui-ci était clair et net dans son rapport : « Il a conclu que la mort était violente et due à la deuxième balle qui a transpercé l’épaule gauche car le mis en cause a tiré sur sa victime alors qu’elle était à terre. »

Il n’a pas manqué de rappeler aux membres du tribunal criminel que le défunt allait interroger la commission que dirigeait l’inculpé sur le marché des onduleurs pour lequel il a été condamné à trois reprises par le tribunal correctionnel d’Alger, qui lui a infligé 7 ans de prison, puis 5 ans de prison ferme par la cour d’appel d’Alger, puis 3 ans par la cour d’appel de Boumerdès et ce, suite au pourvoi en cassation qui a été accepté par la Cour suprême.

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