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Culture

«La Partie immergée de l’iceberg, Éloge du GPS algérien» : Lamine Ammar-Khodja sonde les lignes de fracture

«La Partie immergée de l’iceberg, Éloge du GPS algérien» : Lamine Ammar-Khodja sonde les lignes de fracture

La littérature algérienne flotte-t-elle vraiment là où on croit la voir ? Au 28ᵉ Salon international du livre d’Alger (SILA), un essai tente de répondre à cette question brûlante. Fraîchement Publié aux éditions Motifs, « La Partie immergée de l’iceberg, Éloge du GPS algérien », signé par Lamine Ammar-Khodja, plonge au cœur des tensions, des reconnexions et des frontières invisibles qui traversent la création littéraire algérienne.
Un texte audacieux, percutant, hybride — à mi-chemin entre récit personnel, critique, et analyse sociohistorique — qui explore l’épineuse question de l’enracinement des écrivains algériens, que ce soit ici ou de l’autre côté de la Méditerranée, notamment en France, comme le souligne Motifs.
Préfacé par l’historien Todd Shepard, professeur à Johns Hopkins University et Spécialiste des études de genre et de sexualité, de la France contemporaine et des questions coloniales, celui-ci évoque « une voix qui résonnera chez tous ceux qui se réjouissent de voir le drapeau algérien flotter dans les endroits les plus improbables ». Il salue un auteur capable de superposer références littéraires et historiques, guidé par « un amour intense de l’Algérie » et une lucidité nourrie par son rapport à la France ; « une lentille puissante pour regarder la situation », en somme.

Rencontré sur le stand de Motifs, Lamine Ammar-Khodja a expliqué la démarche au Jeune Indépendant : « Je me suis concentré surtout sur les écrivains qui ont entretenu un rapport éditorial avec la France, donc plutôt francophones, mais cela n’exclut pas les arabophones, car ils sont de plus en plus traduits. ».
Pour le cinéaste et auteur, « la littérature n’est, d’ailleurs, jamais uniquement un récit individuel. C’est toujours une question de pronoms ».
« L’idée est d’examiner comment les écrivains ayant entretenu un rapport éditorial avec la France peinent à s’enraciner pleinement, tant en France qu’en Algérie. Il s’agit donc d’interroger la manière dont ils sont perçus dans les deux pays, car les difficultés ne se limitent pas à un seul contexte. Partant du terrain algérien, cette réflexion entend élargir le cadre pour aborder la question de l’enracinement des écrivains au sein des deux sociétés, en s’intéressant aux fractures qui peuvent survenir, à la fois au niveau individuel et collectif, entre le je et le nous », a tenu à expliciter Lamine Ammar-khodja.
Baldwin en écho.

Avec un style nerveux, un ton passionné et une analyse qui creuse profondément, le livre évoque — comme le précise Motifs — l’ardeur des essais de James Baldwin.
Réalisateur et plume régulière de la revue Fassl, Lamine Ammar-Khodja poursuit une trajectoire intellectuelle remarquée. Son portrait du cinéaste Mohamed Zinet (Entre les mouches) est paru en 2024 aux éditions Motifs. Son premier roman est attendu en 2026. Avec La Partie immergée de l’iceberg, il propose une boussole pour un paysage en pleine mutation, une invitation à regarder autrement la littérature algérienne, ses potentiels, ses obstacles, et surtout sa puissance future.



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