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Culture

La nécessité d’une nouvelle conception

La nécessité d’une nouvelle conception

Des spectacles musicaux à fort potentiel artistique avec une touche d’authenticité prononcée seront présentés, une semaine durant, sur la scène du neuvième Festival national de musique diwane qui continue à pâtir des mêmes problèmes d’organisation et de préservation de ce patrimoine.

Devant le public fidèle et très nombreux de ce festival qui a pris fin ce samedi 13 juin, de jeunes troupes de diwan ont fait leurs premiers tours de scène, parfois devant quelques milliers de personnes, ils ont impressionné leur auditoire par leur maîtrise et surtout par leur jeunesse.

La relève est déjà assurée par le premier prix de cette édition, la formation Diwan Gnawa El Kandoussia de la localité de Kenadsa, menée par un maâlem âgé de 21 ans, a produit sur scène un son irréprochable et puissant au tbel comme au goumbri, en plus d’une grande maîtrise du chant et de la danse koyo.

Dans la région de Bechar, la relève formée par le doyen des praticiens du diwan de la région, âmmi Brahim, est également présentée au public qui s’est dit « fier et rassuré de voir autant d’énergie et de talent » chez une jeunesse ayant un rapport « décomplexé » avec cet art découlant d’un rituel mystique, et qui a réussi à en faire un « spectacle à part entière ».

Cette dernière édition a également connu des spectacles empreints d’authenticité, notamment celui de la troupe Banga Nass El Wahat qui a interprété un bordj en langue amazighe, celui de Dar Bahri Ouesfane de Constantine, héritier d’une tradition ancestrale, ou encore celui des Sidi Blal qui ont perpétué la tradition de la Mhella la plus connue de Bechar, celle d’El Hadj Damou.

Ce seul événement musical d’envergure dans la région sera également une occasion pour le public d’assister aux spectacles de groupes algériens qui se produisent très rarement à Bechar comme les Djmawi Africa, Ifrikya Spirit, ou encore les très appréciés Ouled El Hadja Maghnia et Essed de Kenadsa.

Un volet académique a permis d’aborder dans une série de conférences animées par des universitaires algériens la problématique des défis de la musique diwan face à la mondialisation culturelle.

Ces universitaires ont une fois de plus relevé l’urgence d’une prise en charge scientifique sérieuse de ce legs patrimonial, une nécessité soulignée depuis trois ans, sans résultats.

De par son statut, ce festival national du gnawi ne peut faire appel à des chercheurs étrangers, dont les travaux sur le diwan sont beaucoup plus avancés, alors que l’édition internationale du Festival ne propose plus de conférences.

En dépit d’un très grand impact sur le public que très peu de festivals en Algérie réussissent à atteindre, le festival national de musique diwane est toujours en quête de stabilité en termes de dates, de programmation et de financement. De l’avis de plusieurs observateurs de la scène culturelle, cet événement « reste de loin l’un des plus réussis en Algérie » malgré des moyens financiers limités et des infrastructures réduites.

Ces mêmes observateurs ont également réitéré leur proposition de programmer le festival à des dates coïncidant avec l’afflux touristique dans la région. Comme en 2013 et 2014, les participants, des universitaires et des observateurs recommandent de revoir la conception de ce festival dont le potentiel reste « clairement supérieur à celui de l’édition internationale pour laquelle il ne sert que de présélection » et d’encourager davantage « la promotion des troupes au moins par la production d’albums ». 

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