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Nationale

La mort au volant : la conduite sous psychotropes ou en Etat d’ivresse

La mort au volant : la conduite  sous psychotropes ou en Etat d’ivresse

Conduire en état d’ivresse et sous l’effet des cannabis est devenu très courant chez beaucoup d’automobilistes. Rien qu’en 2015, les gendarmes experts de l’Institut national de criminalistique et de Criminologie (INCC) ont traité 9 217 dossiers relatifs à ce phénomène, dont 410 expertises sur commission des magistrats, alors que 26 962 autres dossiers ont été scellés et traités.

Ce sont des chiffres présentés hier au siège de l’INCC à Bouchaoui, en présence du général-major, commandant de la Gendarmerie nationale Menad Nouba, qui a assisté à l’ouverture d’un séminaire international sur « la toxicologie médico-légale et son importance dans la prévention routière ». Une rencontre internationale qui a vu également la participation des cadres de la gendarmerie, des représentants des différents ministères, des magistrats, des enseignants universitaires, des chercheurs et des experts algériens et étrangers.

La gendarmerie a expliqué que 47 100 pièces à conviction ont été analysées par les différents laboratoires de l’INCC, tandis que 137 100 analyses ont été effectuées sur les scènes d’accidents routiers.

L’analyse des données statistiques, en se basant sur les indicateurs de performance appliqués aux laboratoires criminalistiques, a permis de noter les points suivants : l’activité moyenne de l’INCC par jour est de 37 rapports d’expertise établis (calculé sur la base de 250 jours de travail par an), 548 analyses effectuées, 188 pièces à conviction analysées et 108 scellés examinés.

Dans le domaine de la toxicologie l’année 2015, les laboratoires de ont reçu 4 880 affaires ayant donné lieu à 27 980 analyses. 57% des affaires ont trait à la recherche de l’éthanol et des stupéfiants dans le cadre des infractions relatives à la sécurité routière, 30% à l’analyse des drogues saisies, 8% concernent l’analyse médico-légale des morts suspectes, et 5% pour la toxicologie alimentaire.

Par ailleurs, concernant l’examen des véhicules endommagés par les accidents routiers, l’INCC a traité, durant la même période, 194 dossiers contenant 360 pièces à conviction. Une partie de ces activités est dédiée aux investigations scientifiques relatives à l’identification des véhicules à partir de leurs accessoires et peintures, ainsi qu’à la reconstitution des accidents de la circulation. 

L’autre partie concerne l’identification des produits chimiques inconnus avec 251analyses, soit 52,62%des activités du département. Durant l’année 2015, 5 assistances techniques aux unités de l’armée ont été effectuées, dont deux pour la reconstitution des accidents routiers.

La Gendarmerie plaide pour de nouvelles lois

Dans le but de réduire significativement le nombre des accidents de la circulation et créer une bonne culture routière chez le citoyen, la gendarmerie a été contrainte d’organiser cette rencontre internationale.

Dans ce cadre, le commandant de la Gendarmerie nationale Menad Nouba a présidé la cérémonie d’ouverture du ce séminaire durant lequel il a souligné que la gendarmerie, qui exerce ses missions de la police de la route, contrôle 85 % de totalité du réseau routier national, ce qui est une lourde responsabilité.

Profitant de cette rencontre internationale, Menad Nouba a appelé les participants à un partenariat plus efficace dans les domaines de la prévention et de la lutte contre les accidents de la circulation routière, et ce pour consolider l’état de droit et les libertés individuelles.

« Cette journée internationale est une opportunité pour échanger nos points de vue en tant que partenaires nationaux, sur les sujets contenus dans la thématique proposée, et d’apporter un éclairage sur les problématiques auxquelles sont confrontées nos magistrats, experts et enquêteurs dans leur lutte quotidienne contre les accidents de la circulation routière » a déclaré le commandant de la Gendarmerie.

« La problématique des accidents de la circulation en Algérie a toujours été un sujet d’actualité et au centre des soucis prioritaires des pouvoirs publics, d’où la nécessité de prise de mesures adéquates par les autorités concernées dans le but de protéger les citoyens de ce fléau « ajoute-t-il.

« Pour resserrer l’étau sur ce phénomène, une totale collaboration des différents services en charge de la sécurité routière reste indispensable », a affirmé Menad Nouba, dans la mesure où les causes et les ramifications de ce fléau sont multiples et complexes.

La Gendarmerie nationale, en tant que partie concernée et soucieuse d’apporter son concours à l’effort national dans la lutte contre ce fléau, porte une attention particulière à la limitation de l’alcool et des drogues au volant, dans le but de réduire efficacement le nombre effarant des accidents de la route dans notre pays.

La traque des mauvais conducteurs sur l’autoroute

Pour traquer certains automobilistes roulant à grande vitesse et/ou faisant des dépassements dangereux, la gendarmerie a mobilisé sa flotte de sécurité routière. Parmi cette flotte, on trouve les pelotons d’autoroute qui circulent et surveillent à bord des motos la fréquence routière.

Une couverture sécuritaire plus efficace des réseaux routiers grâce à cette présence des gendarmes motocyclistes. La Gendarmerie nationale a été contrainte de créer de nouvelles unités spécialisées, à savoir les Escadrons, les Sections et les Brigades de sécurité routière, et les Pelotons des autoroutes, le redéploiement d’autres unités dans le temps et dans l’espace ; et l’implication des formations aériennes de la gendarmerie dans la surveillance du réseau routier.

Ce maillage sécuritaire a été également consolidé par le Centre d’Information et de coordination routière de la gendarmerie, équipé de moyens techniques très développés et relié à un vaste réseau de caméras pour la surveillance de la circulation, la récolte et le traitement des informations sur le trafic routier.

D’autre part, l’Institut national de criminalistique et de criminologie contribue largement au renforcement des capacités d’analyse et d’expertise, en couvrant 124 prestations de service dans les différentes disciplines criminalistiques, et 79 formations de pointe, de courte et moyenne durées, pour répondre aux doléances de la communauté criminalistique nationale, y compris dans les domaines de l’accidentologie et la toxicologie.

Ces efforts consentis par la gendarmerie sont appuyés par la formation et la qualification de la ressource humaine spécialisée, notamment les experts et les techniciens accidentologues, qui sont déployés à travers le territoire national pour une meilleure qualité des enquêtes afin de garantir les droits des victimes.

Il a été mis en place depuis mars 2015 un dispositif banalisé au moyen de véhicules et de motos ; la multiplication des points de contrôle, l’acquisition d’équipements techniques modernes (radars, systèmes de détection des véhicules recherchés et caméras de surveillance) ; et la généralisation du dépistage à l’aide d’appareils homologués (alcootests, éthylotests et éthylomètres), pour une action préventive qui cible les causes génératrices des accidents de la circulation.

La gendarmerie a également intensifié ses actions de prévention dans le domaine de la sécurité routière en contribuant à l’organisation des campagnes de sensibilisation dans les milieux scolaires et au profit des usagers de la route, notamment à travers les différents médias écrits et audiovisuels.

D’autre part, les appels sur le numéro vert (10 55), depuis 2011, pour signaler les délits routiers, et aux fins d’aide et assistance en cas d’accidents de la circulation routière, ont permis aux unités spécialisées d’effectuer plus de 112 000 interventions.

Enfin, le lancement depuis peu du site Internet « Tariki », représente un acquis important au bénéfice des usagers de la route, pour leur permettre de s’enquérir de l’état de la route et de la circulation routière. Le séminaire international initié par la Gendarmerie nationale à plusieurs objectifs.

Il vise tout d’abord à faire le point sur les facteurs accumulateurs du phénomène de consommation de l’alcool et des drogues au volant, son ampleur dans la société algérienne et déterminer son impact dans la survenue des accidents de la circulation routière ainsi que sa typologie sur la lumière des données statistiques. Il vise aussi une lecture globale des textes juridiques et réglementaires sur les infractions relatives à la conduite sous l’effet de l’alcool et/ ou des drogues, tout en déterminant les textes y afférents et les parties concernées par leur application

Comme il vise à identifier le potentiel et les compétences locales disponibles pour lutter contre ce phénomène. Le quatrième objectif, c’est d’œuvrer à la mise en place des principes fondamentaux, en mesure de définir une politique préventive basée sur un travail en réseau et pluridisciplinaire entre les différents intervenants.

Enfin, il vise à aborder les aspects techniques des analyses effectuées, en vue d’apporter une métrologie uniforme à toutes les expertises relatives à la conduite sous l’effet de l’alcool et/ ou des drogues.

Missions de l’INCC

L’Institut national de criminalistique et de criminologie (INCC) contribue pleinement à la lutte contre le crime organisé, grâce une technique purement scientifique qui consiste à identifier les auteurs des crimes via les empreintes digitales ou autres pièces de conviction aidant à localiser les criminels.

Réaliser, à la requête des magistrats, des enquêteurs et des autorités habilitées, des expertises et examens scientifiques relevant de leurs compétences respectives dans le cadre des enquêtes préliminaires et des informations judiciaires en vue d’établir les preuves permettant d’identifier les auteurs des crimes et délits ; assurer une assistance scientifique aux investigations complexes par la mise en œuvre des procédés de la police scientifique et technique, visant la collecte et l’analyse des objets, traces et documents prélevés sur les lieux du crime ; participer aux études et analyses, relatives à la prévention et à la réduction de toutes formes de criminalité ; concevoir et réaliser des banques de données conformément à la loi y compris celle des empreintes génétiques, qui seront mises à la disposition des enquêteurs et magistrats en vue de l’établissement des rapprochements et liens éventuels entre les criminels et les modes d’action criminelle ; participer, en qualité d’organisme prestataire d’examens et expertises dans le domaine de la criminologie, à la définition d’une meilleure politique de lutte contre la criminalité ; initier et mener des travaux de recherche ayant trait à la criminalité en recourant à des technologies de pointe ; œuvrer au développement de la recherche appliquée et des méthodes d’investigation ayant été jugées efficaces dans les domaines de la criminologie et de la criminalistique sur les plans national et international ; participer aux séminaires, conférences ou colloques aux niveaux national et international utiles au développement du personnel de l’institut ; participer à l’organisation de cycles de perfectionnement et de formation post-graduée dans les spécialités des sciences criminelles ; concevoir, assurer le suivi et évaluer les recherches confiées à des tiers (consultants, experts, organismes institutionnels et académiques).

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