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Nationale

La mission du panel de Karim Younes tire à sa fin

La mission du panel de Karim Younes tire à sa fin

Aussitôt après son installation le 25 juillet dernier, le panel de dialogue national s’est affairé à mettre les bouchées doubles et mener les rencontres de consultation auprès des acteurs politiques, des dynamiques de la société civile, et des personnalités nationales. Et voilà qu’au bout de près d’un mois et demi de travail, l’équipe de Karim Younès a déjà établi le rapport final de sa mission de « dialogue et de médiation ».

De fait, les statistiques avancées ce mercredi à Alger par le coordinateur de ladite Instance, Karim Younès, indiquent que 23 partis politiques et 5 084 acteurs politiques et associations ont été rencontrés dans le cadre des « rounds de dialogue national inclusif ». Ce chiffre est appelé, ajoute-t-il, à atteindre 6 000 interlocuteurs au terme du processus en cours. Ces précisions ont été apportées en marge d’une réunion consacrée hier au bilan du panel et de ses rencontres avec les chefs de trois partis politiques, en l’occurrence, le Parti national libre, l’Unité nationale et le développement et le Mouvement national des travailleurs algériens, ainsi que le président de l’Association des ulémas musulmans, Abderrazak Guessoum.

Karim Younès a, par la même occasion, indiqué que « les portes de l’Instance sont ouvertes à toutes les initiatives, qu’elles proviennent des partis ou du mouvement associatif, et quelle que soit la couleur politique de l’entité et l’orientation des idées exposées ». Un propos qui se veut une justification de la dimension nationale du processus de dialogue, censé s’opérer sans exclusive, d’autant que cette démarche a subi, depuis son lancement, les critiques les plus virulentes de toutes parts.

Par ailleurs, il a été précisé dans le rapport préliminaire de l’instance de dialogue, rendu public samedi dernier, que son rôle est de rapprocher les points de vue et de les traduire en conclusions à même de dessiner les contours d’un projet politique consensuel en vue de faire sortir le pays de la crise politique qui dure depuis plus de six mois.

Karim Younes a rappelé que cette commission est indépendante et ne représente ni le pouvoir ni le mouvement populaire. Aussi, lors

de cette première évaluation, les membres du panel ont proposé également les moutures de deux projets de loi. Le premier est relatif à l’Autorité nationale des élections ; quant au deuxième, il porte sur des modifications à introduire dans le texte juridique régissant le régime électoral.

Ces propositions ont vite suscité moult réactions au sein de la classe politique allant, essentiellement, dans le sens de l’insatisfaction et la déception.

Pour le président du Mouvement El-Bina, Abdelkader Bengrina, la mouture de la loi organique de l’Autorité en question exclut de manière flagrante les jeunes de sa future composante ; il a dénoncé la consécration du système de cooptation dans le projet de loi proposé samedi passé.

De son côté, le Front de la justice et du développement (FJD) s’est interrogé sur le rôle de l’Instance qui doit se charger de faire converger les visions et fédérer les initiatives porteuses de solution à la crise au lieu de s’ériger en « institution législative ». « Nous ne savons pas qu’elle est la mission du panel. Son rôle est-il de légiférer ou de rapprocher les points de vue ? », s’est exclamé Lakhdar Benkhelaf, cadre dirigeant du FJD en réaction aux propositions du panel.

Par ailleurs, les rencontres prévues avec les dynamiques de la société civile à l’intérieur du pays, dont l’annonce a été faite en grande pompe par la constitutionnaliste et membre du panel, Fatiha Benabou, semblent tomber à l’eau.

Il y a quelques semaines, maître Fatiha Benabou avait effectivement fait savoir que l’Instance de dialogue envisageait d’élargir le cercle de concertation en touchant les régions reculées du pays, dont la population est le plus souvent victime d’une injuste marginalisation. Pour ce faire, Benabou avait indiqué qu’un agenda avait été arrêté en vue d’effectuer des déplacements dans les différentes wilayas, notamment du grand Sud. Mais il n’en fut rien !

En tout état de cause, tous les indicateurs signifient que la mission du panel de dialogue tire bel et bien à sa fin et que ses membres devront, dans quelques jours, rentrer chez eux.

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