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Nationale

La mendicité, un phénomène de plus en plus inquiétant

La mendicité, un phénomène de plus en plus inquiétant

Aujourd’hui, ce n’est plus un secret pour personne, tout le monde reconnaît que certains mendiants recourent à la location de bébés et d’enfants âgés entre 2 et 10 ans pour mendier sur la voie publique.

La mendicité est en plein boom à Alger à l’instar des autres villes du pays. Les mendiants sont donc nombreux et pas seulement des Algériens, mais d’autres nationalités aussi, notamment des Syriens, Nigériens et des Maliens.

A Alger seulement, ils sont plus de 10 000 mendiants qui jonchent quotidiennement les rues, les ruelles et les passerelles, un chiffre révélé par les associations médicales et caritatives qui se penchent sur ce dossier, et qui ne comptabilisent que les mendiants Algériens.

Ainsi, face à ce phénomène « en vogue », certains opportunistes ont endossé la peau d’un mendiant, et ce pour des raisons financières. Ce sont des personnes arnaqueuses qui utilisent des différentes méthodes pour se faire passer pour des nécessiteux, allant même jusqu’à louer des bébés et des enfants pour convaincre les citoyens à donner une pièce d’argent. Pour amadouer les citoyens, certains vont même user de la religion.

En partant de la place des martyrs Tafourah, marché Clauzel, la rue Charras et Bab El Oued, vers les quartiers les plus chics de la capitale à l’instar d’El Biar et de Sidi Yahia dans la commune de Hydra en passant par Bab Ezzouar et Kouba, la présence des mendiants est fortement visible. Le paysage ne diffère pas. Des dizaines d’immigrés clandestins occupent les rues avec leurs draps de fortune, Saint Coran à la main, et en posant une petite boîte qui renferme quelques pièces de monnaie .

A la sortie d’une école à Draria, Nabila une femme au foyer de 33 ans qui est venue récupérer ses deux enfants nous a fait savoir que l’aumône s’est transformée en agression verbale et parfois physique. « Maintenant, si on refuse de donner de l’argent, il y a des mendiants qui nous harcèle, moi personnellement une mendiante m’a attrapé par la main violemment en réclamant de l’argent », a-t-elle déploré.

Le même cas on la trouvé dans la cité du 5 juillet, des dizaines de personnes nous ont affirmé la même chose. « Quotidiennement, des femmes âgées entre 18 et 40 ans souvent accompagnées par des enfants et viennent d’une commune de l’ouest d’Alger, débarquent ici à Bab Ezzouar pour camper devant la porte de la mosquée et demander de l’aumône », a déclaré un jeune.
Ce dernier nous a fait savoir que l’année passée, une femme venait souvent le soir, en prétendant qu’elle n’avait pas d’argent pour payer le loyer et que son mari était gravement malade.

« Un jour nous avons décidé de suivre cette femme, et à notre grande surprise, cette dernière habite une villa dans l’un des quartiers chics d’Alger », a-t-il ajouté. « C’est pourquoi il est nécessaire de faire la différence entre l’aumône donnée aux nécessiteux qui ont réellement besoin, et ceux qui profite de la générosité des gens.
Dans ce sens un autre témoignage vient confirmer l’hypothèse que la mendicité est un business qui tourne bien.

« Hier en me rendant sur mon lieu de travail, une scène m’a interpelé à la rue Hassiba Ben-Bouali. Une camionnette grise transportait une dizaine de réfugiés subsahariens qui se révélaient être des mendiants. Une fois descendus du véhicule, ils se sont dirigés chacun dans une direction bien précise. Ils savaient où aller et où se positionne.

L’un d’eux a commencé à mendier sitôt descendu du véhicule, en interpellant les automobilistes qui étaient à l’arrêt en pleine circulation. Les enfants sont restés avec les femmes », a fait savoir une employée de la Banque. « J’ai constaté que les mendiants sont bien organisés en réseaux. Si certains sont vraiment dans le besoin, d’autres recourent au gain facile et rapide par tous les moyens, notamment illicites », a-t-elle ajouté.

Pour arrêter cette hémorragie, l’Etat a décidé de retirer les enfants aux parents qui les exploitent dans la mendicité et procéder à « leur placement dans des centres spécialisés pour les protéger et garantir leur sécurité ». Ainsi, après une longue absence, l’Etat a pris des mesures contre les réseaux de mendicité.

Des peines d’emprisonnement et le retrait des enfants aux parents défaillants sont donc les mesures appliquées contre toute personne exploitant des enfants, une fois le projet de loi adopté par les deux chambres. Enfin, avec plus de 1,6 million de nécessiteux, il faut s’attendre à un nombre important de citoyens qui risquent de recourir à la mendicité.

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