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Nationale

La menace Daech est-elle justifiée ?

La menace Daech est-elle justifiée ?

L’Algérie fait face à une menace terroriste croissante, notamment le long de ses frontières avec la Tunisie et la Libye. Avec ce dernier pays, l’Algérie partage une frontière de plus de 1 000 kilomètres de désert, qui a été une cible privilégiée pour les groupes affiliés à Al Qaïda depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011.

Pour contrer la menace de Daech, le pays a engagé des moyens militaires considérables : l’Armée nationale a déployé, dès 2013, quelque 60 000 soldats aux frontières avec la Tunisie et la Libye, avec pour ordre de tirer immédiatement dès la moindre tentative d’infiltration sur le territoire algérien. Mais la menace existe aussi à l’intérieur du pays où les opérations des services de sécurité se multiplient.

Avec l’élimination hier d’un terroriste à Batna, le nombre a atteint la centaine depuis le début de l’année, en plus de l’arrestation de 50 autres et de la saisie de plusieurs stocks de munitions et d’armes, selon un décompte non officiel. Au début du mois de juillet dernier, les services de renseignement ont déjoué un attentat dans un grand centre commercial de Sétif. Le ministère de la

Défense nationale a annoncé, par ailleurs, que l’armée a détruit à la fin de juillet 24 caches de terroristes dans l’est du pays. Des unités de l’armée ont procédé avant-hier à la destruction de 18 bombes artisanales découvertes dans une cache à Constantine.

La découverte des engins explosifs est le fruit des recherches intensives menées par l’armée algérienne. Elle a eu lieu lors d’une opération de ratissage dans la région de Constantine. Il y a deux ans, Abdelmalek Sellal affirmait que le mouvement Daech n’avait aucune chance de prendre pied en Algérie : « Daech n’existe pas en Algérie » avait-il dit.

Pour le Premier ministre, cette Internationale terroriste n’a pas de racines en Algérie. « Les quelques éléments qui se réclament de cette nébuleuse doivent être éliminés définitivement », avait-il souligné.

Même si la situation sécuritaire s’est considérablement améliorée depuis la fin de la « décennie noire » et que les grandes villes, en particulier la capitale Alger, bénéficient d’un dispositif de sécurisation très développé, le pays reste tout de même exposé à la menace terroriste, en raison à la fois du risque lié à la proximité de zone sahélienne, et à la situation sécuritaire qui prévaut en Libye ainsi qu’à l’est de la Tunisie, dans la région frontalière du mont Chaambi, et de la persistance d’un risque terroriste interne, pour l’essentiel localisé dans quelques localités.

Bien que les actions terroristes aient diminué ces derniers mois, le risque reste malgré tout élevé dans les wilayas de Tizi Ouzou, Bouira, Boumerdès, Béjaïa, Jijel, Tébessa, El Oued et dans les Aurès, où évoluent toujours des groupes terroristes d’Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Malgré les ratissages et la saisie régulière d’armes en tous genres, les terroristes restent actifs et dangereux. 

Selon le ministère de la Défense nationale, des progrès ont été réalisés et les résultats seraient probants quant à l’affaiblissement du risque terroriste. Selon les autorités militaires, plusieurs dizaines de terroristes ont été tués depuis le début de l’année et à chaque fois des stocks d’armes très sophistiquées ont été saisis. Alors que depuis plusieurs années le pays a intensifié sa lutte contre le terrorisme, la menace persiste toujours.

Depuis une dizaine d’années, le nombre d’attentats et de victimes a considérablement chuté en Algérie, malgré quelques poches de résistances qui œuvrent, la plupart du temps, pour des mouvements tels qu’Aqmi et désormais Daech.

Même si l’Algérie dispose d’un service de renseignement des plus puissants et efficaces du monde, la difficulté réside également dans le fait que parfois les actions sont l’œuvre de personnes qui n’ont, à première vue, pas de liens avec les groupes terroristes dits traditionnels.

D’où la crainte évidente des services de renseignements quant à ce terrorisme imprévisible. L’Algérie, qui a été le premier pays à faire face et seul au terrorisme durant la décennie noire, avait averti le monde sur ce danger.

Aujourd’hui, l’Algérie est un acteur incontournable dans la lutte antiterroriste en Afrique du Nord et dans la bande du Sahel et elle joue un rôle majeur dans la stabilité de la région. Le renforcement de la surveillance des frontières avec la Libye par l’armée algérienne et l’aide apportée à la Tunisie dans plusieurs opérations communes a empêché la prolifération des groupes terroriste au Maghreb.

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