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Op-Ed

La matrice de l’Etat de droit

La révision constitutionnelle, une démarche présidentielle tant attendue en vue de parachever la refondation de l’Etat dans toutes ses strates, est désormais accomplie.

La mouture du projet peaufinée au terme de longues consultations entre la Présidence et les acteurs de la scène politique et civile est devenue la matrice de ce qui servira, à l’avenir, l’Etat de droit.

Cet Etat qui pour beaucoup est censé accorder tout d’abord aux institutions leurs rôles d’appareils au service des citoyens et non pas des hommes ou des clans qui finissent, d’une manière ou d’une autre, et au gré des circonstances, par privilégier leurs intérêts étroits au détriment de la majorité.
Et souvent ces hommes maquillent leurs intérêts comme étant ceux de la nation entière, quels que soient les pots cassés sur le dos de la stabilité ou de la cohésion sociale.

Le parachèvement du rendez-vous du Palais des nations ne manquera pas d’impulser la mise en œuvre du schisme escompté par toute la société depuis l’indépendance ; celui qui consacre la séparation des pouvoirs en tant que réalité palpable dans laquelle autant les institutions que les administrés ne seraient plus les otages de contingences, des luttes claniques, des passe-droits ou des abus du pouvoir.

Autrement dit, la consécration du principe de la bonne gouvernance à laquelle avait appelé le chef de l’Etat et avec lui la société civile ne soient pas de vains mots ou des slogans creux destinés à engranger des satisfecits de conjoncture y compris aux yeux des organisations internationales attentives.

Il est ainsi devenu plus aisé pour le chef de l’Etat de s’engager à la fois dans la reconstruction des institutions et dans la reconquête du citoyen dont la confiance envers l’administration à partir du niveau le plus restreint au sein de la localité est chancelante.

Les élections communales et législatives, traduisent, statistiques à l’appui, le profond mépris du citoyen envers des institutions qui ont la vocation d’exprimer ses préoccupations et défendre ses intérêts. La construction de l’Etat de droit se concrétise sur deux jalons : des institutions fortes et un citoyen rassuré. Des institutions fortes tant elles agissent conformément à la loi et selon la volonté du peuple et un citoyen rassuré par cette possibilité de pouvoir acquérir , en toute confiance et sérénité, ses droits civiques sans avoir à recourir au chahut ou à l’irréparable.

C’est de cette manière que l’Algérie aboutira à la véritable réconciliation et a un consensus permanent, du moins en ce qui concerne l’accession aux droits. Mais avant tout, le chef de l’Etat devrait s’assurer que toutes les nouveautés introduites dans la nouvelle Constitution soient concrétisées au plus vite. Car seule la mise en œuvre des nouvelles dispositions de la Loi fondamentale version 2016 constituera une garantie face aux sceptiques et une immunité face aux menaces de toutes sortes.

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