-- -- -- / -- -- --
Nationale

La main tendue de Haddad

La main tendue de Haddad

Avant de rentrer dans le vif du sujet objet de son déplacement dans la wilaya d’Oran, hier, le président du Forum des chefs d’entreprise, Ali Haddad, a lancé un appel aux opérateurs économiques en soulignant que les portes du FCE sont ouvertes à tous ceux qui veulent y adhérer, sans restriction.

«Je tiens, tout d’abord, à vous dire que le FCE est une organisation apolitique. Bienvenue à tous les investisseurs et à tous ceux qui aiment l’Algérie», a déclaré Ali Haddad devant un parterre de chefs d’entreprise, et en présence du wali d’Oran, à l’occasion de son déplacement dans cette ville pour l’ouverture d’un bureau du FCE.

Ali Haddad insiste, à l’adresse des opérateurs, en affirmant que «le FCE est une organisation fédératrice, ouverte sur la société civile et à toutes les forces qui œuvrent pour que vive l’Algérie». Il a appuyé son propos en soutenant qu’«entre l’immobilisme et la mobilisation, nous avons choisi la deuxième option. L’élaboration de notre plaidoyer pour l’émergence de l’économie nationale s’inscrit d’ailleurs dans cette optique».

La libre entreprise est parmi les principales revendications du FCE consacrée d’ailleurs dans la constitution. «Notre principale revendication est l’application de l’article 37 de la Constitution qui consacre la liberté d’entreprendre pour tout citoyen algérien. C’est le fondement de toute politique économique. Nous, chefs d’entreprise, sommes mobilisés pour contribuer à la relance économique». Mais entreprendre comprend des risques dont les conséquences sont parfois des sanctions qui brident toute initiative. C’est pourquoi Haddad plaide pour des mesures urgentes sans pour autant occulter le fait que certaines décisions prises par les pouvoirs publics sont courageuses et porteuses d’espoir.

Plaidoyer pour la réhabilitation solennelle des cades injustement incarcérés

«La dépénalisation de l’acte et des fautes de gestion est une avancée majeure. Elle permettra aux gestionnaires du secteur public d’avoir une plus grande marge de manœuvre sans avoir peur d’être dénoncés par une simple lettre anonyme. Je pense notamment aux dirigeants des banques publiques qui auront à financer les investissements avec plus de facilité tout en respectant évidemment les règles prudentielles.

Les gestionnaires d’entreprises publiques pourraient envisager des partenariats avec le secteur privé sans que cela ne soit entaché de suspicion», a déclaré le patron du FCE, avant de rappeler que «beaucoup de cadres dont le seul tort est d’avoir pris des initiatives ont été injustement incarcérés, sanctionnés ou marginalisés. Je plaide aujourd’hui pour leur réhabilitation solennelle». Pour Haddad, la révision du dispositif législatif qui préconise la dépénalisation des actes et les fautes de gestion est d’une importance capitale.

Appel à moderniser l’administration

Continuant son plaidoyer pour le développement de l’économie nationale génératrice de richesse et de croissance, Haddad insiste sur l’importance d’être accompagnés par une administration moderne et efficace. «L’administration doit désormais être à l’écoute des investisseurs. Ses cadres doivent être formés aux pratiques modernes dans l’administration et l’instruction des projets d’investissements. Dans notre plaidoyer, nous avons recommandé une réforme profonde de l’administration aussi bien au niveau central que local.

Le chantier de la modernisation de l’administration doit être lancé rapidement pour qu’elle devienne un interlocuteur qui accompagne et conseille les investisseurs, les entrepreneurs et tout porteur de projet et non une étape difficile à franchir, car même les opérateurs économiques les plus téméraires et les plus courageux appréhendent les procédures administratives lorsqu’elles sont lourdes. La création d’entreprise ne doit plus prendre plusieurs mois mais tout au plus quelques jours, car la relance de notre économie passe aussi par la création massive d’entreprises qu’elles soient petites, moyennes ou grandes. Les pouvoirs publics ont annoncé une reconfiguration de l’Agence du développement de l’investissement et le renforcement du rôle des autorités locales. Certes, nous nous réjouissons de ces mesures mais nous estimons que le temps n’est pas de notre côté. Il est, de ce fait, impératif d’accélérer le rythme des réformes», selon le patron du FCE, qui préconise «la création d’une superstructure décisionnelle qui regrouperait les ministères des Finances, de l’Industrie et du Commerce pour plus de cohérence et d’efficacité dans la mise en œuvre des réformes.»

Diversifier l’économie nationale en s’affranchissant des hydrocarbures et en misant sur les exportations hors hydrocarbures est l’autre défi que cite le patron du FCE, qui déclare : «Nous avons les capacités pour nous affranchir du statut tenace de pays mono-exportateur. Toutes les institutions étatiques doivent se mobiliser pour cet objectif. Qu’il s’agisse des douanes algériennes, des banques, des ministères du Commerce et des affaires Etrangères», en plus du «rôle que doivent jouer les représentations diplomatiques».

Consolider la paix pour continuer de bâtir

«Nous n’avons pas de pays de rechange et l’Algérie ne sera protégée et développée que grâce à ses enfants. Je rappelle que nous n’avons jamais quitté le pays même pendant la décennie noire, quand les caisses de l’Etat étaient vides et que seules les entreprises nationales publiques et privées acceptaient de réaliser des projets sans être sûres d’être payées un jour», a rappelé le patron du FCE, non sans plaider pour le soutien des entreprises qui ont subi les conséquences dues aux pertes de change et à la destruction de leur outil de production. Haddad a eu, également, une pensée pour le dixième anniversaire de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, affirmant que l’Algérie appartient à tous et qu’elle a besoin de consolider sa paix, car «c’est en temps de paix qu’on peut bâtir», a-t-il conclu.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email