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Nationale

La magistrale gifle de Bouteflika à Saâdani

La magistrale gifle de Bouteflika à Saâdani

Le président Bouteflika a reçu hier le président de la République sahraouie, Mohamed Abdelaziz, en présence de tous les hauts responsables de l’Etat à savoir le ministre d’Etat, directeur de cabinet à la présidence de la République, Ahmed Ouyahia, du ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, du vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’ANP, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, et du ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de la Ligue des Etats arabes, Abdelkader Messahel.

Cette rencontre au plus haut sommet de l’Etat sonne comme un désaveu cinglant aux propos du SG du FLN, Amar Saâdani, qui a tenté de court-circuiter la position de la diplomatie algérienne par rapport à cette question de décolonisation pendante auprès de l’ONU depuis plus de trente ans.

C’est incontestablement et un camouflet magistral pour Amar Saâdani qui n’a pas mesuré la portée de ses propos et les conséquences néfastes qui pouvaient en découler.

Comme si les réactions successives de Abdelkader Messahel et Ahmed Ouyahia ne suffisaient pas pour confirmer la politique officielle de l’Algérie vis-à-vis du Sahara occidental, c’est le chef de l’Etat lui-même qui est monté au créneau pour mettre fin au doute.

En recevant le Président sahraoui, le chef de l’Etat a voulu montrer que la position algérienne n’a pas changé d’un iota et qu’elle ne fera l’objet d’aucun marchandage politique. Une allusion directe au SG du FLN qui a tenté de briser le consensus sur cette question.

Depuis, le patron du FLN a été sommé de se taire et de ne plus s’aventurer sur cette question, qui est l’apanage exclusif de la diplomatie algérienne. Profitant des derniers dérapages du SG du FLN, le mouvement de redressement emmené par Abdelkrim Abada a fustigé Saâdani, coupable à ses yeux de « dévier de la ligne sacrée » du parti et d’aller « à contre-courant de la politique étrangère de l’Algérie et de ses positions immuables sur certaines questions comme celle du Sahara occidental ».Le mouvement de redressement du FLN a même adressé une lettre ouverteau président Bouteflika en sa qualité de président honorifique du FLN.

Le Président sahraoui plus que jamais conforté

Le président sahraoui, Mohamed Abdelaziz, est sorti de sa rencontre avec le président Bouteflika plus que jamais conforté. Le doute qui s’est emparé de la délégation sahraouie s’est vite dissipé. Aussi a-t-il tenu à rappeler, au sortir de son entrevue avec le président Bouteflika, « le soutien indéfectible et inconditionnel » de l’Algérie à la cause sahraouie : « Nous tenons à rappeler que le président Bouteflika fut le premier chef d’Etat à visiter les Sahraouis pour leur réaffirmer le soutien de l’Algérie », a-t-il déclaré.

« Aujourd’hui, il nous a chargés de leur transmettre ses salutations et sa considération en réaffirmant le soutien indéfectible et inconditionnel de l’Algérie à la cause sahraouie juste, conformément aux résolutions des Nations unies et au droit international, pour le recouvrement de leurs droits nationaux et légitimes à l’autodétermination et à l’indépendance à travers un référendum libre et démocratique », a-t-il ajouté.

Le président de la RASD a souligné que le président Bouteflika a réaffirmé « la détermination de l’Algérie à poursuivre le renforcement des relations avec la République arabe sahraouie démocratique (RASD) en tant que pays frère et voisin ».

Le président sahraoui a ensuite ajouté que la rencontre lui a permis d’informer le président Bouteflika des derniers développements de la question sahraouie et de passer en revue les relations bilatérales entre la République sahraouie et l’Algérie et les perspectives de leur développement : « Nous avons également eu un échange de vues sur la situation dans la région et en Afrique en général (…)

J’ai beaucoup appris des analyses du président Bouteflika. Ma rencontre avec le président Bouteflika intervient dans une conjoncture très sensible. J’apprécie hautement l’intérêt accordé par le président Bouteflika à la cause sahraouie et aux relations bilatérales » a- t-il encore ajouté.

Pour rappel, l’envoyé spécial du SG de l’ONU, Christopher Rosss, a entamé à partir d’hier une visite de dix jours dans la région pour tenter de relancer les négociations entre le Front Polisario et Rabat.

Le médiateur de l’ONU aura des discussions avec les responsables du Maroc et du Front Polisario, et se rendra également en Algérie et en Mauritanie en leur qualité de pays observateurs du processus de paix dans le Sahara occidental.

L’émissaire de l’ONU rencontrera les dirigeants sahraouis le 27 novembre prochain à Tindouf. Juste après cette tournée, l’émissaire onusien devrait tenir, le 8 décembre prochain, un « briefing » au Conseil de sécurité sur la question du Sahara occidental, une sorte de réunion d’information sur ses trois dernières visites dans la région.

Elle sera suivie par la présentation d’un rapport détaillé au Conseil de sécurité sur la mission de médiation de M. Ross pour la résolution du conflit du Sahara occidental, dans l’attente d’une visite du SG de l’ONU, M. Ban Ki-moon dans la région, probablement début 2016. 

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