La lutte pour l’indépendance sur le Front diplomatique – Le Jeune Indépendant
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Nationale

La lutte pour l’indépendance sur le Front diplomatique

La lutte pour l’indépendance sur le Front diplomatique

Les conflits actuels dans le monde continuent d’en faire la démonstration :  une lutte armée doit toujours intégrer une action extérieure pour être connue à l’étranger et gagner à sa cause l’opinion publique internationale.

C’est naturellement que le Front de libération nationale (FLN) a envisagé l’ouverture d’un front diplomatique aussitôt prise la décision de déclencher la guerre.

« le Front de Libération nationale aura deux tâches essentielles à mener simultanément :  une action intérieure tant sur le plan politique que sur le plan de l’action propre, et une action extérieure en vue de faire du problème algérien une réalité pour le monde entier avec l’appui de tous les alliés naturels ».

C’est donc pendant la guerre d’indépendance que le FLN a commencé à écrire les premières pages de la diplomatie nationale, en se déployant à l’extérieur avec l’ouverture de représentations dans plusieurs pays et des militants clandestins en métropole pour amener l’opinion française à exercer son influence sur le gouvernement.

D’ailleurs, s’il y eut peu d’actions sur le territoire hexagonal c’est justement pour ne pas s’aliéner ce possible soutien.

Le FLN sait d’avance que la guerre diplomatique est à sa portée en raison de la justesse de sa cause quelques années après que le monde se fut débarrassé du nazisme.

Du 18 au 24 avril 1955, la première conférence Afro-Asiatique se tient à Bandung, sur l’île de Java en Indonésie. Vingt-neuf pays s’y rendent: quinze d’Asie, neuf du Moyen-Orient et cinq d’Afrique. Une délégation du FLN y est présente. Conduite par Hocine Ait-Ahmed, elle est composée de Lakhdar Brahimi, M’Hamed Yazid, Mohamed Seddik Ben-Yahia et Chadli Mekki. Elle y côtoie les figures émergeantes du non-alignement  le chinois Zhou Enlaï, l’indien Jawaharlal Nehru, l’indonésien Soekarno et l’égyptien Djamel Abdenasser.

C’est la première réunion où des pays d’Afrique et d’Asie discutent de leur sort, sans la présence des pouvoirs coloniaux. C’est la naissance de ce qu’on appelle le « Tiers-monde » qui se veut indépendant des tutelles américaines et soviétiques.  On y plaide pour le développement de la coopération Sud-Sud.

Ce premier sommet Afrique-Asie a donné lieu à l’esprit de Bandung, un esprit de solidarité, d’amitié et de coopération entre l’Afrique et l’Asie. Un esprit qui continue d’animer la diplomatie algérienne.

L’année d’après, Hocine Ait-Ahmed ouvre un bureau du FLN à New-York, siège de l’ONU. Dans cette instance, la France considère que la question algérienne est une affaire intérieure qui doit échapper à son exament La puissance coloniale invioque le chapitre 2 et le paragraphe 7 de la charte de l’ONU. Mais en 1957, la fiction juridique de l’Algérie française a perdu sa force.

En prévision de l’Assemblée générale de l’ONU, le FLN déclenche en Algérie une grève générale largement suivie.

Lors de sa XIe session, le 15 février 1957, l’ONU déclare que l’Assemblée générale, « Ayant entendu les déclarations des diverses délégations et discuté la question algérienne ; Considérant la situation en Algérie qui cause beaucoup de souffrances et de pertes en vies humaines ; Exprime l’espoir que, dans un esprit de coopération, une solution, pacifique, démocratique et juste sera trouvée par des moyens appropriés, conformément aux principes de la Charte des Nations Unies ».

Le 17 septembre 1957, l’ONU met à nouveau l’Algérie à l’ordre du jour de sa XIIe session ; l’Assemblée générale réaffirme le 11 décembre 1957 la nécessité pour tous les pays (ce qui est un message clair à la France) de faire respecter le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Deux mois plus tard, après le bombardement par la France du village tunisien frontalier de Sakiet Sidi Youssef  qui abrite des réfugiés, la Tunisie fait un recours à l’ONU ; l’incident, qui marque les esprits, mène rapidement à la reconnaissance internationale du Gouvernement provisoire de la République algérienne.

Le bilan est de  72 morts et 84 blessés, dont de nombreux enfants. Le scandale est général. Son impact est agrandi par les cris des torturés.

La France coloniale est de plus en plus isolée et la cause algérienne engrange des soutiens de plus en plus importants, dont celui des Etats-Unis.

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