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Nationale

La loi sur les hydrocarbures: le nouveau carburant du Hirak

La loi sur les hydrocarbures: le nouveau carburant du Hirak

En dépit des contestations du projet de loi sur les hydrocarbures, ce dernier a été examiné puis approuvé ce dimanche 13 octobre par le Conseil des ministres.
C’est notamment l’importance de la teneur de cette loi engageant l’avenir énergétique du pays qui alimente le plus la polémique et la controverse. Mais c’est aussi, selon des bruits de coulisses, son élaboration, confiée, selon des sources médiatiques, à des experts étrangers. Cependant la conjoncture actuelle, marquée par la crise politique et les préparatifs d’un vote contesté, exacerbent la colère populaire.
De côté des spécialistes, une loi d’une telle envergure, qui engage l’avenir pétrolier de l’Algérie, doit être soumise à un débat national. C’est ce qu’a d’ailleurs affirmé, hier sur les ondes de la radio nationale, le professeur Chemssedine Chitour, directeur du Laboratoire de recherche de valorisation des hydrocarbures à l’école polytechnique d’Alger. Estimant que l’élaboration du projet de loi sur les hydrocarbures par des experts étrangers vaut carrément « le bradage flagrant » portant atteinte à la souveraineté du pays sur ses richesses.
Étant au fait de l’actualité nationale et sentant le danger qui menace l’avenir des futures générations, plusieurs centaines de contestataires ont manifesté hier devant le siège de l’Assemblée populaire nationale (APN) pour s’opposer à l’adoption de cette loi. De fait, les premiers manifestants avaient investi la rue par dizaines avant 10 heures, en dépit d’un dispositif impressionnant déployé aux abords du Parlement. Au fil des heures, la foule s’amplifiait et devenait incontrôlable. Les forces de l’ordre tentaient de disperser les contestataires en les séparant en deux groupes. Celui cantonné au boulevard Zirout-Youcef a été progressivement refoulé jusqu’à la rue Asselah-Hocine, où un autre groupe occupait la rue face à un cordon sécuritaire « impénétrable ». Le slogan répété à l’unisson :« Chaâb Yourid iskat el-barlamane », (le peuple demande la dissolution du Parlement), est audible depuis la Grande Poste. « Kanoune El-Mahroukat à la poubelle », (la loi sur les hydrocarbures à la poubelle), « Djazayr amana, baâtouha ya elkhawana », (Vous avez vendu l’Algérie, traîtres !), clamait énergiquement la foule grandissante à la rue Asselah-Hocine. Les passants, se sentant concernés et par conscience collective, n’hésitaient pas à se joindre à la marée humaine qui s’étalait jusqu’aux rues de la Liberté et Abane-Ramdane, ou encore la rue Mustapha Ben Boulaid. 
Cette manif, bien qu’en un jour de semaine (dimanche), a drainé des centaines de marcheurs venus dénoncer le projet de loi relatif aux hydrocarbures et dire « basta au bradage effréné des ressources de ce pays qui devraient profiter au peuple et pas aux compagnies étrangères ». 
Ils ont également utilisé des écriteaux pour exprimer leur refus de la loi en question, et un florilège de messages y a défilé, tous en rapport avec la revendication essentielle de ce dimanche : « Non à la loi des hydrocarbures », « après le pillage des richesses, maintenant le bradage », « Halte à la loi scélérate sur les hydrocarbures », « la loi sur les finances et la loi sur les hydrocarbures, hypothèquent le présent et l’avenir de la nation , non à la trahison », « nous disons l’Algérie n’est pas à vendre », lit-on, entre autres, sur les pancartes. « Comme convenu le 34e vendredi de manifestation, nous sommes sortis aujourd’hui pour dire non au bradage des richesses de notre pays. Nous disons à ce gouvernement illégitime que l’Algérie n’est pas à vendre ! » assène un des manifestants. Prise par la même exaspération, si ce n’est plus, une jeune dame a explosé : « On veut faire quoi de ce peuple, on veut l’enfoncer encore dans la misère ! L’approbation d’une telle loi ne peut être qualifiée que de trahison intolérable. »
La foule était très nombreuse. Enfants, jeunes et personnes âgées, homme et femmes se sont donné rendez-vous pour être nombreux à mettre leur veto, scandant : « “Ils” ont vendu le pays ; nous ne voterons pas. » 

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