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Nationale

La loi sur la santé soumise au Conseil de la nation

La loi sur la santé soumise au Conseil de la nation

Adopté fin avril dernier par les députés, le projet de loi relative à la santé a été soumis hier aux membres du Conseil de la nation pour le débattre. Les intervenants ont focalisé leur débat sur le désert sanitaire dans les Hauts Plateaux et le Sud, en admettant à l’unanimité que la présence de médecins spécialistes et de médecins résidents sur les lieux ne réglera pas le problème tant que la question liée au manque d’infrastructures et d’équipements n’est pas encore résolue.

Un sénateur de la wilaya de Djelfa a évoqué la réalité des centres sanitaires de proximité dans sa région où le personnel médical, faute de moyens, se voit parfois obligé de refouler des malades chroniques sans pouvoir les soigner. « Il y a des asthmatiques, des cancéreux, des personnes victimes de morsures de scorpion en danger qu’on ne peut sauver », a- t-il déploré. Il a rappelé par ailleurs le projet du centre de lutte contre le cancer prévu dans la wilaya de Djelfa « qui tarde à voir le jour malgré le nombre croissant de personnes atteintes de cette maladie dans cette région ».

Un autre député de la wilaya de Constantine a insisté sur le manque de structures sanitaires par rapport au nombre de la population de sa wilaya ainsi que des villes limitrophes. D’autres intervenant ont estimé que ce projet de loi garantit le droit aux soins dans tout le pays à travers « un secteur public encadré » et consacre la gratuité des soins. Pour un député du FLN, qui a approuvé le projet dans sa globalité, la nouvelle loi sur la santé permet de créer une complémentarité entre le secteur public et celui privé en renforçant davantage le service public de santé tout en exploitant les capacités du secteur privé. En revanche, le Front des forces socialistes (FFS) a rejeté en bloc la nouvelle loi sur la santé, en proposant le retrait immédiat de ce projet qui représente selon lui « une atteinte aux acquis du peuple concernant la garantie des soins. « Ce document détruit progressivement les droits du peuple acquis depuis l’indépendance, en désengageant l’Etat de financer les structures publique », a dénoncé le sénateur Moussa Temdar Taza, en affirmant que l’Etat doit ouvrir un dialogue franc sur la santé en incluant les acteurs du secteur, les hommes politiques et les experts afin de parvenir à un projet consensuel sur le système sanitaire en Algérie. Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Mokhtar Hasbellaoui, répondra aujourd’hui aux questions orales et aux préoccupations formulée par les membres du Conseil de la Nation.

Pour rappel, parmi les réformes importantes introduites dans la loi relative à la santé, la mise en place de la commission de médiation et de conciliation et le développement de l’organisation sanitaire à travers la mise en place de la carte, du schéma d’organisation et de la planification sanitaire. Le projet de loi sur la santé prévoit, en outre, l’introduction d’une disposition relative à la bioéthique définissant les règles de greffe d’organes, de tissus et de cellules humaines, de l’assistance médicale à la procréation, le don de sang et les études cliniques. L’article 356 du texte prévoit la création d’un Conseil national de déontologie et des sciences de la santé placé auprès du ministre chargé de la santé, qui sera chargé de présenter des avis et des recommandations sur les questions de déontologie.

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