Le FFS demande la libération des détenus politiques
Les dirigeants du Front des Forces Socialistes (FFS) ont appelé, lors d’une rencontre, ce dimanche, le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, à prendre de fortes mesures politiques, dont notamment la libération des détenus politiques, afin de favoriser l’avènement d’un climat d’apaisement .
« Au cours de cet échange, nous avons appelé à prendre des mesures politiques fortes, de nature à rétablir la confiance avec les Algériennes et les Algériens, et à ce que s’exprime une volonté politique réelle pour la consécration du changement », souligne le FFS qui précise que parmi ces mesures urgentes la libération de tous les détenus d’opinion, L’ouverture des champs politique et médiatique ainsi que la levée des entraves à l’exercice des libertés fondamentales, individuelles et collectives, la protection des droits de l’Homme et le bannissement de toutes les restrictions et harcèlements contre les militants politiques, associatifs et syndicaux.
« Nous lui avons exprimé notre conviction que seule un dialogue politique sincère, responsable et transparent, visant la construction d’un consensus national, permettra le renforcement et la consolidation du front intérieur pour mettre en échec toute tentative extérieure ou intérieure de porter atteinte à la souveraineté du pays et à l’unité du peuple algérien et pour affronter, en limitant le coût social, les graves difficultés économiques et financières qui s’annoncent. », poursuit le plus vieux parti d’opposition.
« Et c’est dans ce cadre que nous avons exposé les grandes lignes de notre initiative politique de Convention nationale, qui réunira l’ensemble des forces vives de la nation pour poser les fondements éthiques et politiques pour la consécration du changement et l’édification d’un Etat de droit et démocratique dans notre pays », lit-on dans le communiqué.
Le parti ajoute dans son communiqué signé par Youcef Aouchiche : « Au cours de notre échange, nous avons alerté sur les risques d’une nouvelle désaffection populaire et les conséquences sur la cohésion nationale si de nouvelles élections se déroulent dans un climat de tension et d’atteinte aux libertés politiques et si jamais des mesures d’apaisement ne sont pas entreprises », conclut le communiqué.
Le président n’écarterait pas cependant une libération tous les détenus politiques. Des sources concordantes contactées par le Jeune Indépendant font état de cette éventualité d’ici jeudi, en tant que geste d’apaisement au moment où un retour des manifestations pacifiques est évoqué avec persistance à l’occasion du deuxième anniversaire du hirak populaire qui a conduit à la chute de l’ex-président Abdelaziz Bouteflika.
Le président de la République ne tient pas à ce que ce dossier resté en suspend fasse l’objet de marchandage ou de pression par des parties qui veulent déstabiliser le pays. « Plusieurs personnalités connues, à leur tête Ali Ghediri et Rachid Nekkaz, seront libérées ainsi que des activistes du hirak», ont affirmé les mêmes sources.
Le 03 janvier 2020, le président de la République a ordonné la libération de 76 détenus dans plusieurs villes du pays, à commencer par l’ancien moudjahid Lakhdar Bouragaa et le général à la retraite Hocine Benhadid.