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Monde

La «légion géorgienne» un escadron de la mort dans la crise ukrainienne

La «légion géorgienne» un escadron de la mort dans la crise ukrainienne

La réapparition dans la crise ukrainienne de la légion géorgienne, une milice ayant pris racine durant la seconde guerre mondiale, lève le voile sur l’implication de mercenaires étrangers aux méthodes barbares dans ce conflit notamment le jour de ce qui a baptisé “la revolution de Maidan”.

Cette milice dont les crimes hantent les populations de la région depuis des décennies  ne cache pas son existence encore moins son implication dans la crise depuis 2014.
Les membres du commando de ce groupe paramilitaires aux soldes de l’armée ukrainienne n’hésitent pas à exhiber  leurs prouesses sur les réseaux sociaux et d’accorder des interviews aux chaines de télévision. Ces “soldats géorgiens” font partie d’une multitude de mercenaires venus des Etats-Unis ou de la Tchétchénie et d’ailleurs pour disent –ils « combattre un ennemi commun ».  Toutefois comme tous les mercenaires, des membres de la milice géorgienne se sont rebiffés lorsque l’employeur manque à ses «engagements contractuels » .C’est ce que révèlent de récentes informations de presse.
Des membres la «légion géorgienne» qui combattaient dans le Donbass (Nord-Est)  ont  décidé de quitter les rangs de l’armée ukrainienne. Motifs ?  « Incompétence du commandant de la 54e brigade Maystrenko Alexei et de ses adjoints ainsi qu’en raison des ordres illégaux  émis par eux ». La démission a été décidée au lendemain  d’un échec d’une opération menée en décembre 2017 dans le Donbass qui a fait 11 blessés parmi les soldats géorgiens.
Auparavant , la «Légion géorgienne» sous la direction de Mamuka Mamulashvili s’était engagée dans de nombreux combats dans le Donbass. 


Mamuka Mamulashvili au milieu

Le commandement de la 54e brigade a reconnu la présence de volontaires étrangers qu’il qualifia d’ «amis de l’Ukraine » mais a démenti l’existence d’une unité appelée «légion géorgienne». Des dizaines de citoyens expatriés ont rejoint, sous contrat, les rangs des forces armées ukrainiennes. Des vidéos diffusées sur Youtube et des reportages ainsi que des pages sur Facebook attestent de l’existence de ce groupe de mercenaires. Les Géorgiens et les Américains sont devenus les fers de lance des unités étrangères et aux avants garde de ces recrues.
Ainsi “la légion géorgienne” en Ukraine sera affectée au 25ème bataillon d’infanterie motorisée des forces armées ukrainiennes à partir du 24 février 2016, selon des sources médiatiques locales. Mais avant d’intégrer le bataillon, la «légion» a du faire ses preuves lors des combats dans le Donbass en 2014 soit d’une manière illégale compte tenu du fait que la loi autorisant les étrangers à servir dans les rangs des forces armées ukrainiennes en tant que contractuels n’a été promulguée qu’en 2015.
Lors d’une conférence de presse animée par le commandant de la légion, Mamuk Mamulashvili affirme que  «cette loi a été adoptée, pour permettre aux Géorgiens de rejoindre officiellement les rangs des Forces armées ukrainienne. Il a noté que les Géorgiens étaient les premiers étrangers ayant officiellement rejoint l’APU.

Boyenger et autres mercenaires 
Selon Mamulashvili, la «Légion géorgienne» a accueilli dans ses rangs des volontaires des États-Unis qui ont participé à des opérations militaires à l’Est de l’Ukraine. Il a cité l’exemple de Brian Christopher Boyenger, un ancien membre de la 101e division aéroportée, une unité d’élite américaine. Il était originaire Winston-Salem de la Caroline du Nord et faisait partie d’un groupe des dix premiers américains ayant pris part aux combats à l’Est de l’Ukraine. Depuis Juin 2017 il s’est fiancée à Paris avec Vika Aksonova, une ukrainienne dont le droit d’accès aux Etats-Unis lui a été refusé. On cite aussi Mark Paslawsky,  55 ans, un diplômé de l’académie de West Point. Il a été tué durant les combats à  Illovaisk en aout 2014.
Ayant travaillé en tant coutier à Manhattan, il s’est vu octroyé la nationalité ukrainienne, selon le site d’information Georgia Today qui révèle le nom d’un autre américain ayant combattu aux côtés de Boyenger. Il s’agit de Craig « Hannibal » Lang qui s’est affiché ouvertement en accordant des interviews pendant les combats à la télévision ukrainienne. Il a motivé son engagement au sein de cette unité par son « souci d’aider les ukrainiens » précisant que «les membres de la légion étaient mieux entrainés que les soldats ukrainiens».

Craig Lang et Brian Boyenger en mission de combat au Donbass

De son côté, l’ancien chef de l’Etat-Major conjoint des forces armées géorgiennes, le général Giorgi M. Kalandadze a fait savoir qu’une centaine d’anciens soldats géorgiens combattaient dans l’Est de l’Ukraine.
La légion compte aussi des «volontaires» venus de Brésil,  du Canada et d’Australie.
Outre les opérations de combats, la “Légion” est spécialisée dans le sabotage et la reconnaissance.

Pour ce faire, les éléments recrutés doivent avoir de l’expérience. «Nous acceptons les personnes qui ont paricipé à une ou deux guerres. Nous avons des combattants qui ont participé à des missions internationales », a indiqué Mamulashvili au quotidien polonais ”Gazeta Wyborczà”.

Le coup monté de la place Maidan
Cependant,  un reportage publié par le journal italien ”Il Giornale” révélé que des combattants de la Legion appartenaient au service de sécurité de l’ancien président géorgien Mikheil Saakachvili dont son conseiller militaire Mamuka Mamulashvili qui a ensuite pris le commandement de la Légion géorgienne.
Il est imputé à cette unité un rôle direct dans la tuerie qui a eu lieu lors des manifestations de la place Maidan, selon plusieurs sources concordantes.
Des snipers de cette unité auraient tiré sur la foule à Kiev pour provoquer le chaos selon des témoignages diffusés par des chaines de télévision dont l’italienne « Canale 5 », appartenant au groupe Mediaset, de l’ancien Premier ministre Selvio. Berlusconi.
La chaine diffuse un documentaire « Ucraina, le verità nascoste »  (Ukraine, la vérité cachée) dans lequel des membres de la «légion géorgienne » révèlent que des snipers de l’unité ont été derrière la fusillade de la place Maïdan à Kiev (20 février 2014), qui avait fait des victimes tant du côté des forces de l’ordre que des manifestants. 
Le documentaire présente Alexander Revazishvili, Koba Nergadze et Zalogi Kvaratskhelia, des officiers géorgiens recrutés pour effectuer une «mission spéciale» à Kiev par Mamuka Mamulashvili. Ils affirment que le 15 janvier 2014, ils ont atterri à Kiev équipés de faux documents et ont été transférés à Maidan. Ayant reçu 1000 USD chacun et avec promesse de recevoir 5000 USD après le « travail », ils ont été chargés de préparer des postes de snipers dans les bâtiments de l’Hôtel Ukraine et du Conservatoire, dominant la Place Maidan.


L’émission Matrix de Canal5 consacrée à la fusillade de Maidan

Les faits qu’ils ont révélés par la suite étaient choquants. Avec d’autres tireurs d’élite (certains d’entre eux étaient des Lituaniens) ils ont été placés sous les ordres de Boyenger.
L’équipe de coordination comprenait aussi Mamulashvili et tristement célèbre Segrey Pashinsky, qui a été arrêté par des manifestants le 18 février 2017 avec un fusil de sniper dans le coffre de sa voiture et a ensuite dirigé la première administration du président par intérim de l’Ukraine post-Maïdan.
Les armes sont arrivées sur place le 18 février et ont été distribuées aux divers groupes géorgiens et lituaniens. « Il y avait trois ou quatre armes dans chaque sac, il y avait des canons Makarov, des fusils AKM, d’autres fusils et beaucoup de cartouches, témoigne Nergadze.
Le lendemain, Mamulashvili et Pashinsky ont expliqué aux tireurs d’élite qu’ils devaient tirer sur la place et semer le chaos. « Quand Mamulashvili est arrivé, je lui ai aussi posé la question. Les choses se compliquent, nous devons commencer à tirer – il a répondu que nous ne pouvons pas aller aux élections présidentielles. « Mais tirer sur qui? » Demandai-je. Il a répondu que peu importe qui et où cela n’avait pas d’importance, il fallait tirer quelque part le plus possible pour semer le chaos.
Quatre ans plus tard, Revazishvili et ses deux compagnons rapportent qu’ils n’ont pas encore reçu les 5000 USD promis et ont décidé de dire la vérité sur ceux qui les « ont utilisés et abandonnés ». 
Le mode opératoire à Maidan rappelle un fait identique à Daraa (Syrie) en mars 2011 lorsque des tireurs embusqués ont commencé à tirer sur les manifestants et sur des membres des forces de l’ordre déclenchent ainsi un conflit armé dans le pays qui dure jusqu’aujourd’hui et qui a fait plus de 340 000 morts et des centaines de milliers de blessés sans compter les 5 millions de réfugiés.
Le conflit en  Ukraine a néanmoins fait plus de 10 000 morts, selon  un rapport présenté en octobre 2017 par le procureur militaire de l’Ukraine Anatoly Matios. 
Enfin il convient de signaler que la ”Légion géorgienne” a vu le jour en 1941 dans les rangs de la Wehrmacht et avait participé au siège de l’Ukraine avant qu’elle ne soit anéantie  par l’Armée rouge. 

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