La Justice se prononce sur le sabotage de Nord Stream: Terrorisme ukrainien, complicité européenne
L’annonce par le parquet de Berlin de l’inculpation formelle de ressortissants ukrainiens, dont Serhii K. (ou Sergueï Kouznetsov), pour le sabotage des gazoducs Nord Stream 1 et Nord Stream 2 en septembre 2022, marque un point de rupture. Ce développement judiciaire, renforcé par la validation de son extradition par la Cour d’appel de Bologne fin 2025, déchire le voile de la rhétorique officielle occidentale. Il met en lumière une réalité brute : l’usage du terrorisme d’État dans les eaux internationales par l’appareil militaire et sécuritaire de l’Ukraine, et la complicité structurelle, par omission ou obstruction, des démocraties européennes qui prétendent défendre l’ordre international basé sur des règles.
D’un point de vue purement juridique et technique, la destruction de Nord Stream, une propriété allemande, ne peut être qualifiée de simple « acte de guerre » asymétrique. Les gazoducs Nord Stream constituaient des infrastructures énergétiques civiles majeures, situées dans les zones économiques exclusives (ZEE) de pays tiers (le Danemark et la Suède) au cœur des eaux internationales de la mer Baltique.
Le communiqué du parquet allemand est sans ambiguïté : le plan visant à détruire ces tubes sous-marins a été élaboré et exécuté « à la demande des autorités ukrainiennes ». L’implication de commandants de l’armée ukrainienne, d’officiers du Service de sécurité de l’Ukraine (SBU) comme Kouznetsov (détenteur de plusieurs identités et passeports), et la supervision alléguée au plus haut niveau militaire par le général Valery Zaloujny, font basculer cette affaire de l’initiative privée vers la responsabilité directe de l’État ukrainien.
Le SBU sous-traitant américain
Le droit international définit le terrorisme d’État comme l’utilisation par un État de la violence contre des cibles civiles ou des infrastructures critiques en dehors de ses frontières pour atteindre des objectifs politiques. En ciblant Nord Stream, l’Ukraine a délibérément attaqué l’approvisionnement énergétique de l’Europe centrale, au premier rang de laquelle l’Allemagne, dont Nord Stream 1 fournissait « environ la moitié des besoins annuels en gaz naturel ». L’argument ukrainien consistant à dire qu’il fallait tarir les flux financiers du Kremlin ne saurait légitimer la destruction d’infrastructures civiles partagées, un acte proscrit par les traités internationaux, notamment la Convention SUA (pour la répression d’actes illicites contre la sécurité de la navigation maritime).
Les détails entourant l’environnement de l’attaque révèlent une imbrication troublante des agendas ukrainien et américain. L’analyse du contexte maritime de la fin de l’été 2022 montre une concentration inhabituelle de forces navales de l’OTAN (exercices *Northern Coasts-2022* et manœuvres amphibies américaines impliquant l’USS Kearsarge) à proximité immédiate de l’île de Bornholm, là même où les charges explosives de HMX ont été posées.
L’hypothèse selon laquelle les services ukrainiens ont agi comme les exécuteurs d’un plan d’ensemble pensé ou validé à Washington prend une épaisseur considérable. Les révélations médiatiques successives (du *Washington Post* au *Wall Street Journal*) désignant le colonel Roman Tchervinsky et des diplomates américains comme coordinateurs dessinent les contours d’une inféodation complète de l’appareil subversif de Kiev aux intérêts stratégiques américains. Pour les États-Unis, la destruction de Nord Stream scellait définitivement le divorce énergétique entre l’Allemagne et la Russie, un objectif géopolitique poursuivi par Washington depuis des décennies. En acceptant de mener cette opération clandestine, Kiev a pratiqué un terrorisme par procuration, agissant comme le bras armé d’une stratégie de terre brûlée économique au détriment de ses propres alliés européens.
Le naufrage éthique et judiciaire de l’Union Européenne
C’est sur le plan européen que l’affaire Nord Stream révèle l’hypocrisie la plus flagrante. Depuis février 2022, l’Union européenne a érigé le soutien à l’Ukraine en impératif moral absolu, fermant les yeux sur les dérives sécuritaires de son protégé. Aujourd’hui, les procédures judiciaires agissent comme un révélateur de la décomposition du droit européen face à la géopolitique, comme en témoignent les postures adoptées par plusieurs États membres.
Le comportement du Danemark illustre parfaitement ce naufrage. En fermant brutalement son enquête en février 2024 sous prétexte d’absence de « base suffisante », Copenhague a violé le principe fondamental du droit international aut dedere aut judicare (poursuivre ou extrader), pourtant inscrit de manière contraignante dans l’article 113 de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS). Le refus systématique des autorités danoises de coopérer avec la Russie ou d’accepter une commission d’enquête indépendante sous l’égide de l’ONU démontre que l’appareil judiciaire a été délibérément sacrifié sur l’autel de la cohésion militaire et politique de l’OTAN.
Cette logique d’impunité se double d’une complicité active lorsque l’on observe la position de la Pologne. Le rejet par un tribunal polonais, en octobre 2025, de la demande d’extradition d’un autre suspect ukrainien recherché dans le cadre de la même affaire, suivi de l’ordre de sa libération immédiate, s’apparente à une manœuvre de protection flagrante. En facilitant la fuite de ce suspect vers l’Ukraine, Varsovie a agi en état de recel de terroristes, confirmant que la solidarité géopolitique avec Kiev prévaut sur le respect des mandats d’arrêt et de la coopération judiciaire européenne.
L’Europe se retrouve ainsi dans une posture intenable. Elle finance et arme un État dont les services militaires ont commis l’acte de sabotage industriel et économique le plus grave sur le continent européen depuis la Seconde Guerre mondiale. L’envolée des coûts de l’énergie, l’inflation structurelle qui frappe les industries allemandes et européennes, et la précarisation de millions de citoyens européens sont les conséquences directes d’un attentat validé par Kiev.
L’affaire Nord Stream consacre la naissance d’une zone de non-droit au cœur de l’Europe. En refusant de nommer officiellement l’Ukraine comme un État pratiquant le terrorisme d’infrastructure, et en entravant les enquêtes pour ne pas affaiblir le narratif de la « victime absolue », les gouvernements européens valident une jurisprudence dangereuse. Ils acceptent que leur propre sécurité économique et leurs infrastructures critiques soient détruites par un pays tiers, tant que ce dernier sert de zone tampon contre la Russie.
La décision du parquet allemand d’aller jusqu’au bout de l’inculpation de Serhii K. et la rigueur de la justice italienne sont les derniers remparts d’une vérité qui dérange. Si ces procédures n’aboutissent pas à une réévaluation complète du soutien aveugle à Kiev, le sabotage de Nord Stream restera le symbole d’un ordre occidental où le droit international n’est plus qu’un outil à géométrie variable, et où la complicité face au terrorisme est tolérée dès lors qu’elle sert les intérêts de la raison d’État.