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Nationale

La justice militaire réclame la tête de Nezzar

La justice militaire réclame la tête de Nezzar

Le tribunal militaire de Blida a lancé ce mardi des mandats d’arrêt internationaux contre l’ancien ministre de la Défense nationale, le général à la retraite Khaled Nezzar, son fils Lotfi Nezzar, gérant de la société de télécommunications SLC (Smart Link Communication), et Farid Benhamdine, président de la Société algérienne de pharmacie.

Khaled Nezzar, son fils Lotfi et Farid Benhamdine sont accusés de “complot” et d’”atteinte à l’ordre public”. Des faits punis par les articles 77 et 78 du code pénal et par l’article 284 du code de justice militaire.
Selon des sources concordantes, « Farid Benhamdine aurait été l’intermédiaire entre l’ancien ministre de la Défense nationale et Saïd Bouteflika » dans ce qui a été considéré comme un « complot » contre le chef d’état-major de l’ANP et vice-ministre de la défense, Ahmed Gaïd Salah.
Réfugié en Espagne, Khaled Nezzar a lancé de graves accusations contre le général major et chef d’état-major de l’ANP Gaïd Salah, en postant de sévères critiques sur son compte Twitter.
L’ancien ministre de la Défense a été entendu comme « témoin » le 14 mai dernier par le juge d’instruction du tribunal militaire de Blida chargé de l’affaire de Saïd Bouteflika, Mohamed Mediene (dit Toufik), Bachir Tartag et Louisa Hanoune.
Saïd Bouteflika et les généraux Toufik et Tartag sont en détention provisoire depuis le 5 mai dernier, tandis que Louisa Hanoune l’est depuis le 9 mai.
Ils sont notamment poursuivis pour « atteinte à l’autorité de l’armée » et « complot contre l’autorité de l’Etat ». Ces personnalités se seraient réunies dans une résidence des hauteurs d’Alger aux fins de « déstabiliser le pays », selon des sources proches de l’enquête.
L’ex-ministre de la Défense a été laissé libre après cette audition et il en a profité pour quitter l’Algérie en compagnie de son fils Lotfi et tous les membres de sa famille. Les gendarmes ont opéré des perquisitions aux domiciles des Nezzar et au siège de SLC, dont les employés et les clients se retrouvent subitement livrés à l’abandon. Les employés de SLC ont lancé, avant-hier, un SOS aux autorités pour pouvoir à dégager un plan de sauvetage de l’entreprise qui brasse d’importantes sociétés étrangères établies en Algérie.
Khaled Nezzar, Lofti Nezzar et Farid Benhamdine sont poursuivis en vertu des articles 77 et 78 du Code pénal ainsi que de l’article 284 du Code de justice militaire.
« L’attentat, dont le but a été de détruire ou de changer le régime, soit d’inciter les citoyens ou habitants à s’armer contre l’autorité de l’Etat ou s’armer les uns contre les autres, soit à porter atteinte à l’intégrité du territoire national, est puni de la peine de mort », dispose l’article 77 du Code pénal, qui ajoute que « l’exécution ou la tentative constitue seule l’attentat ».
« Le complot ayant pour but les crimes mentionnés à l’article 77, s’il a été suivi d’un acte commis ou commencé pour en préparer l’exécution, est puni de la réclusion à temps de 10 à 20 ans », dispose, quant à lui, l’article 78 du Code pénal. « Si le complot n’a pas été suivi d’un acte commis ou commencé pour en préparer l’exécution, la peine est celle de la réclusion à temps de 5 à 10 ans », ajoute l’article.
« Il y a complot dès que la résolution d’agir est concertée et arrêtée entre deux ou plusieurs personnes », précise le même article. « S’il y a eu proposition faite et non agréée de former un complot pour arriver aux crimes mentionnés à l’article 77, celui qui a fait une telle proposition est puni d’un emprisonnement d’une durée d’un à 10 ans et d’une amende de 3 000 à 70 000 DA », indique également l’article 78, qui précise que « le coupable peut de plus être interdit, en tout ou partie », de ses droits civiques pour une durée n’excédant pas cinq ans.
L’article 284 du Code de justice militaire dispose pour sa part que « tout individu coupable de complot ayant pour but de porter atteinte à l’autorité du commandant d’une formation militaire, d’un bâtiment ou d’un aéronef militaire, ou à la discipline ou à la sécurité de la formation, du bâtiment ou de l’aéronef, est puni de la réclusion criminelle de cinq à dix ans ».
« Il y a complot dès que la résolution d’agir est concertée et arrêtée entre deux ou plusieurs individus », précise le même article, ajoutant que « le maximum de la peine est appliqué aux militaires les plus élevés en grade et aux instigateurs dudit complot ».
« Si le complot a lieu en temps de guerre, ou sur un territoire en état de siège ou d’urgence, ou dans toutes circonstances pouvant mettre en péril la sécurité de la formation, du bâtiment ou de l’aéronef, ou a pour but de peser sur la décision du chef militaire responsable, le coupable est puni de mort », stipule l’article 284.
Ce mandat d’arrêt intervient alors que Khaled Nezzar s’est illustré ces dernières semaines par des tweets jugés hostiles au chef d’état-major de l’ANP Ahmed Gaïd Salah. Ces tweets provenant d’un officier supérieur tenu par l’obligation de réserve ont soulevé des interrogations parmi les internautes quant à leur motivation. Il convient de rappeler que l’Algérie et l’Espagne ont signé, en 2006, une convention d’extradition qui a conduit au renvoi de plusieurs Algériens recherchés pour terrorisme.
Redouane Hannachi

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