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Nationale

La justice marocaine tente d’imposer un collectif fantoche dans les débats

La justice marocaine tente d’imposer un collectif fantoche dans les débats

Au deuxième jour du procès des 23 détenus sahraouis de l’affaire Gdeim Izik, qui s’est ouvert lundi dernier à la Cour d’appel de Salé, l’avocat marocain de Nâama Asfari Me Abdelaziz Nouidi, a renoncé à défendre son client, foulant ainsi aux pieds l’un des fondements de la justice celle de défendre un client quelle que soit son orientation ou son délit.

Cet avocat, pourtant un militant des droits de l’homme (membre de l’OMDH), a refusé de défendre son client parce que ce denier exigeait d’être jugé selon « la loi en vigueur dans les pays d’occupation ».

Le défenseur se serait retiré en raison de l’existence de deux approches contradictoires dans le dossier d’Asfari, celle de l’avocat français qui a bâti son plaidoyer sur la base que « son client est poursuivi selon la loi en vigueur dans les pays d’occupation », considérant que « le Sahara occidental est un territoire occupé », alors que l’approche de Me Nouidi est basée sur la loi marocaine.

Du côté de la défense, représentée notamment par le Français Joseph Breham, le procès est avant tout une affaire de droit international : « Puisque le Sahara Occidental est un territoire occupé, tel que cela a été reconnu par les Nations unies, les conventions de Genève s’appliquent : soit ils considèrent que nos clients sont des criminels de droit commun et, à ce moment-là, ils doivent appliquer le droit sahraoui, soit ils considèrent que nos clients sont des prisonniers politiques et, à ce moment-là, ils peuvent juger en droit marocain », a-t-il expliqué.

Les autorités marocaines de Tanger ont expulsé l’avocat alors qu’il s’apprêtait à assister, en tant qu’« observateur », au procès des 24 Sahraouis. Cet avocat originaire de Séville, est une figure politique connue en Andalousie. En avril 2016 déjà, la police marocaine l’avait expulsé du territoire.

Les avocats de la défense ont à nouveau soulevé des questions, notamment sur le fait de savoir si le collectif des familles des victimes a le droit ou non de se porter partie civile. La Cour a décidé au cours d’une précédente séance de répondre à cette question lors du débat de fond. Les avocats de la défense sont revenus hier sur cette question en demandant à la Cour de formuler une réponse après délibération.

Ce collectif fantoche acquis aux thèses marocaines tente par tous les moyens de s’incruster dans ce procès pour perturber son déroulement, espérant faire pencher la balance. Depuis plus de six ans, ces « prisonniers politiques », ne cessent de clamer leur innocence, dénonçant, au fil des grèves de la faim, les humiliations, les tortures et les traitements inhumains, les pressions psychologiques, les procès-verbaux falsifiés.

Des affirmations prises très au sérieux par le Comité des Nations unies contre la torture qui a rendu, le 12 décembre, une décision sévère envers le Maroc, jugé coupable de violations de la convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

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