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Nationale

La hausse des prix inévitable

La hausse des prix inévitable

S’il y a un créneau auquel une attention particulière est accordée par le gouvernement, c’est bien celui relatif au « monopole » détenu par certaines sphères spéculatives sur les matières de première nécessité.

Les expériences passées continuent de hanter les dirigeants, notamment celle ayant eu pour conséquence les événements de 2011, survenus dans quelques villes algériennes suite à des rumeurs ciblées conséquemment à la vague de soulèvements ayant touché nombre de pays arabes.

Il était donc évident que par vigilance, les décideurs se devaient d’avoir à l’œil les circuits de distribution des matières de première nécessité. Premiers opérateurs ciblés par les contrôleurs de l’État, les grands « stockeurs ».

A en croire le directeur général du contrôle économique et de la répression des fraudes auprès du ministère du Commerce, Abderrahmane Benhazil, près de 85% des chambres froides ont été scrutées par les inspecteurs de son département.

Aucune mesure coercitive n’a été prise à cet effet, selon le même responsable. Sur les 4 304 chambres froides existantes à travers le territoire, 3 680 ont été contrôlées durant ces trois derniers mois, et les interventions des agents de la DCP n’ont relevé aucun stock détenu à des fins spéculatives, a ainsi assuré le cadre du département de Bakhti Belaïb.

Même si le responsable réfute une hausse générale des prix de produits de première nécessité, une petite virée au marché laisse cependant sceptique. Hormis ce qui est présenté comme produits soutenus, comme le lait en sachet, il était facile de constater que nombre de produits dérivés de cet aliment de base ont connu une hausse plus ou moins notable.

A en croire le propriétaire d’une supérette de la cité Boussouf à Constantine, plusieurs produits laitiers ont connu une légère augmentation chez les grossistes. Le commerçant avoue qu’il essaye de ne pas trop léser le client.

Il assure que sur certains produits il a diminué sa marge, et sur d’autres il a opéré de petites augmentations. Il donnera comme exemple « les petits-suisses d’une marque connue qui ont enregistré jusqu’à trois dinars d’augmentation le pot ». Le marchand précise en outre : « J’ai consenti à diminuer ma marge, « je continue à céder le pot à 20 dinars ».

Des hausses intrigantes toutefois dans la mesure où la matière première des fabriques de yaourt et autres fromageries, le lait en l’occurrence, n’a pas connu d’augmentation, et plus encore le lait en poudre a connu même une diminution sur les marchés mondiaux.

Une autre tournée au marché de légumes peut s’avérer aussi instructive dans la mesure où les prix de la quasi-totalité des produits maraîchers ont connu des hausses, contrairement à ce qui est annoncé par les responsables du commerce.

La tomate ou encore la pomme de terre, deux produits révélateurs des variations de la mercuriale, ont connu en moins de deux semaines des hausses significatives allant jusqu’à 20 dinars pour le fruit rouge, et dix dinars pour le tubercule, aliment du pauvre.

Le même responsable du commerce a en effet réfuté une hausse générale des prix de produits alimentaires. « Parler de hausse générale des prix est un constat biaisé. La hausse n’a pas touché tous les prix », a-t-il aussi déclaré.

Selon lui, la hausse de la TVA, qui est passée de 17 à 19% dans le cadre de la loi de finances 2017, « ne peut en aucun cas provoquer une flambée des prix. D’ailleurs, les augmentations constatées pour quelques produits seulement sont insignifiantes ».

Un constat qui laisse, le moins que l’on puisse dire, perplexe dans la mesure où certains produits de base de janvier n’ont pas encore été mis dans les circuits de distribution et qui font que la hausse des prix reste inévitable malgré toutes les mesures prises par le département de Bakhti Belaïb, prédisent les observateurs.

D’ailleurs M. Benhazil soutient que les interventions quotidiennes des services du ministère du Commerce n’ont révélé, depuis l’entrée en vigueur des dispositions de la loi de finances 2017, que quelques augmentations pour certains produits laitiers et maraîchers.

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