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Nationale

La grosse colère d’Ould Abbès

La grosse colère d’Ould Abbès

Réduction du nombre de militants, cote de popularité en chute libre et multiplication d’affaires concernant des élus ; le FLN a du mal à séduire les citoyens qui souhaitent s’engager dans un mouvement où les idées donneraient le la, et non les égos des cadres dirigeants.

Le FLN est-il pour autant menacé par une hémorragie militante ? Selon une note interne du SG du FLN, le parti serait en proie à un problème récurrent, celui de la désaffection des militants et encore plus d’un barrage qui ne dit pas son nom à l’égard de ceux qui veulent rejoindre cette formation.

Naguère tout-puissant, le FLN a perdu en quelques années des milliers d’adhérents. Même si la fuite des militants est due essentiellement aux multiples bras de fer entre divers courants qui agitent le parti depuis une décennie, l’autre raison de cette fuite du militantisme politique est la multiplication de querelles entre cadres parti, chacun aspirant à être le candidat pour les prochaines élections.

Du coup, tous les coups bas sont permis et tout le monde aspire à être candidat, ce qui se répercute négativement sur l’opération d’encartement de nouveaux militants ?

Le SG du FLN, Ould Abbès, qui a eu vent de ces pratiques, a affiché son mécontentement et sa colère en apprenant que des responsables du parti refusent de délivrer des cartes d’adhérent aux citoyens désireux de rejoindre les rangs du parti au niveau de plusieurs kasmas. Cet état de fait a, selon lui, fortement contribué à donner une image négative du parti au regard de son poids naturel.

Dans une instruction interne adressée aux présidents de commissions permanentes et aux secrétaires de mouhafadha, la première depuis son intronisation à la tête du FLN en remplacement de Amar Saâdani, il somme ces derniers de faciliter rapidement l’octroi de cartes d’adhérents aux cadres et aux nouveaux militants et d’éviter de dresser des écueils à leur encontre et ce en prévision, dit-il, des prochaines élections législatives qui s’annoncent selon lui, « décisives ».

Le nouveau patron du FLN leur assure qu’il compte suivre cette opération tout en les exhortant à lui adresser régulièrement des comptes rendus détaillés. Pour contourner ces obstacles, les dirigeants du parti multiplient les sorties sur le terrain à la rencontre des citoyens. Ainsi tous les membres du BP sont mis à contribution.

Le SG du parti compte, lui, réunir plus de 500 femmes élues entre ministres députées et élues aux APW et APC demain à l’hôtel Aurassi. Tous les partis sont touchés mais pour le FLN, l’effondrement est spectaculaire. Comme le dit bien un ancien dirigeant d’un parti de l’opposition aujourd’hui en retrait de la vie politique : « Les gens ont du mal à aller voter. Alors adhérer à un parti, vous imaginez… » 

Le problème avec les partis c’est qu’ils sont des chapelles et que le contenant est souvent plus important que le contenu. La lutte pour les places y est farouche, les egos tenant souvent lieu de programmes ; le népotisme règne en maître quand il faudrait privilégier l’engagement, la compétence, l’efficacité. Et surtout les valeurs et les principes. Fait-on de la politique pour soi-même ou pour les autres ou les deux ce qui, somme toute, est légitime ? 

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