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Nationale

La grogne des patriotes

La grogne des patriotes

Des centaines de patriotes, ces anciens membres des forces combinées de lutte contre le terrorisme ont marché lundi à Boufarik en destination d’Alger pour rappeler aux autorités que leurs silences face à ce qu’ils ont qualifié de « mépris » ou d’« omission volontaire » ne sauraient les dissuader de faire entendre leurs voix lorsque leurs conditions déplorables les en obligent. Autrefois à l’avant-garde de la lutte contre les hordes terroristes, nombreux sont aujourd’hui devenus des laissés-pour-compte, marginalisés et souvent stigmatisés…

Ils étaient environ un millier de patriotes venus de 31 wilayas du pays qui se sont regroupés hier à Boufarik dans la wilaya de Blida pour entamer ensuite, en début d’après-midi, une marche sur Alger jusqu’u palais du gouvernement. Néanmoins ils n’ont pu atteindre leur but étant donné qu’ils en ont été empêchés par les éléments des forces de l’ordre. Effectivement c’est à la sortie de la ville des Oranges qu’un impressionnant dispositif sécuritaire composé des éléments de la gendarmerie qui s’est formé et leur a interdit de poursuivre leur marche. Un important dispositif sécuritaire a été mis en place à Birkhadem, à l’entrée d’Alger. La police a mené un travail de sensibilisation auprès des manifestants. Ils ont fini par désigner un groupe de représentants, conduits dans des véhicules administratifs de la police vers Alger. Conséquence : Une circulation très dense s’est formée sur l’autoroute et plus précisément sur l’axe Blida – Alger.

Rappelons qu’il y a environ deux mois, ces mêmes patriotes ont remis une plate-forme de revendications à Mohamed Ouchen, wali de Blida, qui a promis de la transmettre aux pouvoirs publics. « Nous avons longuement attendu une réponse des hauts responsable mais en vain. Donc, nous avons décidé de marcher en tout pacifisme sur Alger pour tenir un sit-in devant le palais du gouvernement afin de provoquer la réaction de ses occupants. De toutes les façons, rien ne nous arrêtera même si nous devons y laisser nos misérables vies. Et nous sommes déterminés », nous a déclaré Mohamed Louzeri, ancien patriote de la wilaya de Blida. Lorsque nous évoquons avec lui la plate-forme de revendications déposée à la wilaya de Blida, il nous répond sans enthousiasme : « C’est décevant, le silence des pouvoirs publics. Cela ne peut engendrer que le pourrissement de la situation. » Parmi leurs revendications, ils insistent sur l’article 77 paru au journal officiel numéro 66 2013 et qui concerne particulièrement leur départ à la retraite et cela depuis leur première année d’engagement volontaire en 1992 dans la lutte contre le terrorisme.

Concernant ce volet, notre interlocuteur ajouta : « Nous ne demandons pas la lune. Nous demandons juste une valorisation et une considération envers ceux qui se sont sacrifiés en faisant leur devoir envers notre chère patrie. » Evoquant leurs problèmes sociaux, Mohamed Louzeri n’hésite pas à nous citer des exemples de certaines maladies qu’ont contractées ses collègues ou les membres de leur famille. « Il est temps qu’ils prennent en charge nos problèmes sociaux » avant d’ajouter : « Il y a des veuves sans revenu ; il y a des patriotes qui sont handicapés à vie et d’autres souffrent en silence après avoir contracté le diabète. Il y a ceux qui vivent dans le chômage et qui, par la force des choses, ont sombré dans l’alcool ou encore dans la drogue. Comme si c’était nous qui étions les responsables de ce qu’a vécu l’Algérie et que tout le monde appelle la décennie noire. L’Etat ne doit pas oublier ou plutôt négliger ceux qui ont défendu le pays et qui se sont sacrifiés pour que notre pays retrouve le calme, la paix et stabilité »
Très ému, il évoque l’un de ses collègues qui est décédé le 11 novembre dernier à l’âge de 68 ans et qui s’apprêtait à prendre part à cette marche. Il s’agit de Azzi Mohamed, qui a été ravi aux siens suite à une maladie. « Qu’est-ce que vous voulez ? Il parti sans obtenir ses droits. Dieu en a voulu ainsi. Et nous ne voulons pas finir comme lui. Il n’a pas non plus récupéré son honneur. »

Une délégation a été constituée pour être accueillie au ministère de l’Intérieur. Ils sont actuellement reçus par le secrétaire général du ministère de l’Intérieur. Le reste des patriotes a décidé de rester sur place et d’attendre la réponse de leurs collègues à la sortie du ministère et si cela s’avère infructueux pour leurs revendications, ils reprendront la marche sur Alger.
 

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