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La grogne contre Kaïs Saïed s’amplifie: Grève des magistrats tunisiens

La grogne contre Kaïs Saïed s’amplifie: Grève des magistrats tunisiens

Suite à la réunion du conseil national d’urgence de l’Association des magistrats tunisiens (AMT) samedi dernier, il avait été décidé le déclanchement d’une grève générale des juges et des sit-in dans l’ensemble des cours de justice du pays. Cette grève d’une durée d’une semaine renouvelable qui a débuté ce lundi fait suite à la décision de Kaïs Saïed de révoquer, sans procédure disciplinaire ni décision de justice, 57 juges le 2 juin dernier.

Dans un communiqué publié samedi, ces syndicats ont « fermement condamné l’ingérence permanente du président dans le pouvoir judiciaire ». Ils l’accusent de s’octroyer le pouvoir, de les révoquer « sans le moindre recours » possible, « violant le droit le plus basique à se défendre, garanti dans la Constitution».

Le président de l’association, Anas Al-Hammadi, a déclaré que « quiconque pense qu’il est capable de monopoliser l’autorité exécutive et judiciaire et d’insulter les juges est dans le déni de la réalité, et qu’il ne laissera pas le champ libre au pouvoir exécutif pour jouer sur les divisions internes. »

Une quinzaine d’associations et une centaine de personnalités avaient signé, un communiqué de protestation contre cette décision, l’assimilant à celle qui avait eu lieu en 2012 par le gouvernement de la Troïka de licencier 82 magistrats afin de mettre à genoux la justice. A l’époque, le Ministre de la Justice qui avait appliqué cette sanction était le cadre dirigeant d’Ennahda, Noureddine el Behiri.

Le Conseil national de l’AMT appelle ses adhérents, « à ne pas se porter candidats aux instances régionales pour les élections ». Il exhorte, également, les procureurs généraux près des cours d’appel et les procureurs de la république « à ne pas s’en tenir aux instructions illégales qui leur sont adressées par la ministre de la Justice, sur la base des dispositions de l’article 23 du code des procédures pénales, étant un article inconstitutionnel, et une entrée à une dérive juridique pour dominer le processus des poursuites judiciaires, et pour l’instrumentalisation politique de la magistrature ».

Pour rappel le Président Kaïs Saïed avait dissous le Conseil supérieur de la magistrature en février dernier. Cette décision avait été prise, le 12 février dernier, à travers un décret présidentiel créant le “Conseil supérieur provisoire de la magistrature” en remplacement du Conseil Supérieur de la Magistrature, qui est à l’origine un organe constitutionnel indépendant, ce qui avait soulevé un tollé de protestations et l’hostilité de nombreux organes judiciaires et forces politiques.

Samedi 4 juin, cinq partis d’opposition ont organisé un rassemblement de protestation devant le siège de l’L’Instance Supérieure Indépendante pour les Élections (Isie) dans le cadre du lancement d’une « Campagne nationale contre le référendum ». Cette action a été initiée par cinq partis politiques à savoir Attayar, Al Qotb, Ettakatol, Al Joumhouri et le Parti des travailleurs, gravitant dans la mouvance de la gauche tunisienne.

La police a empêché ce rassemblement action en déployant un renfort important autour du siège de l’instance de surveillance des élections et a interdit l’accès aux lieux en plaçant des barrières métalliques. Les quelques militants ayant pu braver le dispositif ont été dispersés à coup de gaz lacrymogènes.

Le référendum, qui aura lieu le 25 juillet prochain, promet une refonte de la constitution tunisienne et l’instauration de nouveaux mécanismes de démocratie directe promet le Président Saïed. Depuis le 25 juillet 2021, Kais Saied, assurant agir dans l’intérêt de la Tunisie face aux blocages politico-économiques, concentre tous les pouvoirs et dirige le pays par décret-loi, faisant craindre une dérive autocratique dans le berceau du Printemps arabe de 2011.

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