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Nationale

La grève des médecins résidents dans l’impasse

La grève des médecins résidents dans l’impasse

Les médecins résidents entament leur quatrième semaine de grève cyclique au niveau des CHU et des hôpitaux publics, tout en parvenant à convaincre leurs confrères biologistes et chirurgiens dentistes de se joindre à leur combat pour lutter contre « un système de santé déplorable qui pénalise la corporation et le citoyen « .

Le Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra), porte parole des médecins en spécialisation, annonce un taux de suivi de 90% en moyenne au niveau de tout le territoire national. Le docteur Hadjab, une des déléguées du collectif, revient sur la principale cause qui a déclenché leur débrayage : le système obligatoire du service civil et l’attitude du ministre de la Santé qui a fait l’impasse sur ce problème dans le nouveau projet de loi sur la santé.

« On refuse d’être sacrifiés pour servir de couverture à un système sanitaire défaillant « , clame cette jeune résidente.

Pour elle et ses collègues, le service civil imposé aux médecins spécialistes au terme de leur cursus est anticonstitutionnel, car il est contraire au principe de l’égalité en droit et en devoirs de tous les citoyens devant la loi.

L’Etat évoque le principe de la solidarité pour parer au déficit des médecins spécialistes dans le Sud et les Hauts Plateaux notamment, et les dettes des médecins spécialistes envers le pays qui les a formés gratuitement.

Un argument jugé absurde par les résidents. Ils expliquent que ce système en vigueur depuis 1984 n’a jamais pu apaiser les souffrances et les maux des citoyens de ces régions, car il ne suffit pas seulement de dépêcher des médecins spécialistes dans les zones enclavées dépourvues de tous les moyens et commodités, mais d’équiper leurs structures de moyens nécessaires et recruter des techniciens de santé et des anesthésistes pour seconder les médecins. Pour ce qui est des dettes envers le pays, les résidents rejettent cet argument en le jugeant discriminatoire à leur égard.

« Nous sommes les seuls concernés par le service civil alors que tous les autres étudiants qui ont fait des études supérieures dans d’autres domaines sont épargnés », note le docteur Hadjab. « Nous n’acceptons plus qu’on nous inculque ce sentiment de culpabilité au motif que nous avons choisi d’être médecins spécialistes « , a-t-elle enchaîné. 

Aussi, les médecins protestataires interpellent la tutelle de changer la forme d’application du service civil de « l’obligation » vers « l’incitation ».

« Seule une politique favorable à l’installation durable et pérenne des médecins spécialistes dans les régions reculées, avec des moyens professionnels adéquats et des mesures incitatives, peut régler le problème de la santé dans le Sud », conclut la jeune déléguée de la CAMRA, regrettant au passage le projet de loi sur la santé soumis à l’approbation de l’APN, qui n’évoque pas les problèmes de fond qui pèsent sur le secteur, dont la formation pédagogique et pratique des médecins qui devrait se hisser aux normes internationales, le manque de moyens et d’infrastructures, la surcharge des hôpitaux et le problème d’hygiène et d’asepsie hospitalière.

La grève risque de tarder, sans résultats, car les médecins résidents ne sont pas à leur premier mouvement de protestation. La corporation a connu des grèves plus virulentes en 2011, du temps de Djamel Ould Abbès, pour l’annulation du service, mais rien n’a été fait depuis.

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