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Nationale

La fraternité, maître mot de Yennayer

La fraternité, maître mot de Yennayer

L’an amazigh 2969, correspondant au 12 janvier est plus que jamais célébré en Kabylie sous le signe de la fraternité et du vivre ensemble. Même avec la mondialisation qui a terrassé certaines valeurs ou habitudes ancestrales, il reste que les Béjaouis ont tout fait durant ces deux dernières décades pour les raviver et leur donner une dimension authentique. Chaque foyer célèbre cette journée à laquelle les Algériens de cette région se sentent plus que jamais attachés. Cette coutume est marquée à Béjaïa par la solidarité, l’entraide, la fraternité, la convivialité et le vivre ensemble. Diverses festivités culturelles ont été organisées par le mouvement associatif, des établissements scolaires et des structures de la jeunesse, une manière de faire renaître des traditions et des coutumes séculaires de la région et surtout de sauvegarder et de perpétuer ce patrimoine immatériel pour que les générations futures le découvrent à leur tour. Du côté officiel, un programme a été élaboré par la wilaya de Béjaïa. Il a débuté il y a plusieurs jours par l’organisation d’une exposition très riche sur les traditions et les coutumes berbères au niveau de la maison de la Culture. Une exposition de livres en langue amazighe a été organisée aussi au niveau de la bibliothèque centrale de Béjaïa avec la participation de 14 maisons d’éditions. Elle a été inaugurée par le wali Ahmed Maâbed, lequel a honoré à l’occasion Mohand Aït-Ighil lors d’une journée d’étude qui lui a été consacrée. Une manifestation organisée par la direction de la culture en collaboration avec les éditions Tira. Une reconnaissance pour ce nouvelliste, romancier, dramaturge et cinéaste, traducteur d’œuvres universelles majeures qui a beaucoup travaillé pour la promotion de la langue amazighe. Le chef de l’exécutif s’est rendu aussi à Ouzellaguen et El-Kseur où il a assisté aux festivités de célébration de Yennayer qui s’est matérialisé par différentes activités : projections de films, représentations théâtrales, ateliers d’apprentissage de tamazight ainsi que des expositions des produits du terroir au niveau des complexes sportifs de Tichy et Aokas. Des expositions auxquelles ont pris part les wilayas de Ghardaïa, de Biskra, de Sétif et d’autres. Pour sa part, le comité citoyen « Yennayer 2969 », animé par des particuliers, des associations et des défenseurs de la langue et culture amazighes, a décidé de célébrer le nouvel an berbère sous le signe de la solidarité collective et intergénérationnelle, du savoir et de la connaissance. 

Yennayer, une mémoire collective
Cette fête ancestrale et populaire, qui a des origines lointaines dans l’histoire des populations de l’Afrique du Nord, est depuis janvier 2018 décrétée jour férié et chômé. Deux journées d’étude sont organisées à la Bibliothèque de lecture publique de Béjaïa. Elles sont animées par des chercheurs d’Algérie, de Tunisie, de Libye, du Sénégal et du Burkina Faso. Les thèmes des communications portent sur Yennayer sous toutes ses facettes : « Yennayer : histoire, mémoire, tradition » par Fouad Soufi, Chercheur associé au C.RA.S.C, ancien cadre à la Direction générale des archives nationales et ancien enseignant associé à l’Université d’Oran puis d’Alger, « Béni Snous (Ouest Algérien) et Kabylie : étude comparative (parlers berbères, Yennayer, rapports intellectuels,..) » par Djamil Aïssani, professeur de mathématiques à l’Université de Béjaïa, directeur de recherche au CNRPAH (Alger) et président de la Société savante Gehimab Béjaïa (Histoire des Sciences et Histoire des idées), « Les Touareg du Mali : quelques spécificités socioculturelles », par Dr Mohamed Ag erlesse, chercheur en sciences sociales et actuel directeur exécutif du bureau d’études Adagh-Consult Sarl. D’autres communications sont aussi au programme. Il y a « l’influence amazighe sur le patrimoine musical tunisien », par Mahmoud Guettat, professeur émérite à l’université de Tunis, initiateur de l’enseignement musicologique à l’université tunisienne et membre actif du Conseil scientifique (Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts / Beït a-Hikma – Carthage. Le mouvement association de la wilaya s’est impliqué pleinement dans la célébration de cette journée. L’association culturelle Tadukli de Boughiden a célébré elle aussi le nouvel an berbère par un programme culturel à l’école primaire du village. L’association culturelle Azday d’Aokas compte organiser aujourd’hui, dans l’après-midi, une conférence. Elle sera animée par l’historien Tahar Kasmi qui est le prochain invité du café littéraire d’Aokas. La conférence aura pour thème « Histoire des Berbères en général et de Yennayer en particulier ». Pour sa part, l’association socio-culturelle Tagmat de Tiouririne de Tazmalt a organisé une offrande (Timechret) à l’occasion de Yennayer. Le but de cette action, selon les organisateurs, est de rassembler les villageois et de consolider les liens de fraternité, de solidarité. Les habitants ont contribué chacun avec une somme de 2000,00 DA. Le comité des fêtes de la ville de Béjaïa a organisé un souk de Yennayer. Une première. On y trouve de tout. Des objets traditionnels, de l’artisanat, des produits agricoles, etc. L’association Main tendue du village Nord de Tazmalt a organisé aussi une offrande, ainsi que d’autres associations de la région et même quelques familles de la localité ont choisi aussi de sacrifier des bœufs et de réunir la grande famille afin de dépasser les clivages et de renforcer les liens familiaux. Pour sa part, l’APC a organisé un cross à cette occasion. Il est utile de noter que cette journée a été fortement célébrée cette année.

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