Essais nucléaires en Algérie: La France refuse d’assumer sa responsabilité
La France s’entête à s’enfermer dans un mutisme, cautionné par l’opinion internationale, et refuse depuis 62 ans d’assumer sa responsabilité historique, et d’indemniser les victimes de ses essais nucléaires opérés à Reggane et In Ekker. Les autorités françaises refusent notamment de décontaminer les sites radioactifs, causant jusqu’à ce jour des victimes parmi la population locale.
Le 13 février 1960, une date macabre et douloureuse, non seulement pour les Algériens mais aussi pour toute l’humanité, qui témoigne de l’atrocité d’un crime contre l’humanité. Les bombes expérimentées au Sahara algérien étaient 10 à 20 fois plus grandes que celles d’Hiroshima.
Le premier tir nucléaire français avait eu lieu à Hammoudia, à 40 km au sud de Reggane, sous le nom de code militaire « Gerboise bleue ». Poursuivi et jusqu’à 1966 de 16 autres tirs nucléaires aériens, atmosphériques et souterrains.
Des avions, des tanks et des morceaux de bateaux, utilisés pour observer et vérifier leur comportement devant les effets de souffle et de chaleur, dorment encore sous le sable du Sahara à quelques centimètres de profondeur. Si la présence de plus 62 ans au milieu du désert interroge, leur radioactivité inquiète beaucoup plus.
A travers ces explosions, la France coloniale voulait à tout prix rejoindre le club mondial nucléaire sans se soucier de la santé de la population et encore moins de la faune et de la flore. Plus grave encore, la France avait prétendu que ces explosions se situaient dans des régions inhabitées et désertiques, alors que celles-ci abritaient quelque 30.000 personnes.
Une carte de l’armée française de 1960 déclassifiée montre que jusqu’au treizième jour suivant l’explosion, les retombées radioactives se sont étendues à toute l’Afrique de l’Ouest et au sud-est jusqu’à la Centrafrique ainsi qu’au nord, sur la côte espagnole et la Sicile.
En dépit de ces faits avérés et les multiples rapports sur les conséquences des expériences nucléaires sur les Algériens directement exposés et leur descendance jusqu’à ce jour, à savoir l’augmentation du risque de cancer, de fausse couche ou stérilité, les maladies rares et les malformations, les autorités françaises font la sourde oreille, au grand désarroi des victimes.
Dans ce sens, des médecins et des représentants d’associations d’aide aux malades des régions contaminées ont alerté sur une recrudescence « inquiétante », ces dernières années, des cas de cancer de tous les types de malformations congénitales et de stérilité dus à la radioactivité.
Les victimes des essais nucléaires français souffrent en silence. Les effets induits par ces explosions atomiques continuent d’affecter la santé des habitants de ces zones, où les rayons radioactifs sont omniprésents.
Alors que certaines victimes sont convaincues de mourir avant de se voir indemniser, d’autres craignent que leurs descendants vivent dans l’amertume de ses désillusions.
À rappeler qu’après la loi française du 5 janvier 2010, ou loi Morin, qui prévoit une « procédure d’indemnisation pour les personnes atteintes de maladies résultant d’une exposition aux rayonnements des essais nucléaires français », une seule victime algérienne a été indemnisée.
Il est nécessaire de rappeler qu’en 1999, l’Algérie a demandé à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de mener une mission d’évaluation de la situation radiologique dans la région, cette dernière a recommandé d’interdire l’accès aux sites, qu’elle a qualifié dans son rapport publié en 2005, de dangereux pour toutes formes de vie.
Une décontamination doit impérativement se faire, d’après les avis des experts, en coordination avec la France, qui persiste dans son refus de remettre les cartes topographiques des lieux d’enfouissement des déchets polluants, radioactifs ou chimiques.