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La France, l’UE et la MINUSMA à l’index

La France, l’UE et la MINUSMA à l’index

Nous l’avions interviewé au lendemain de la signature de l’accord de paix en mai dernier, en sa demeure à Bamako. Il mettait alors en garde la MINUSMA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali) d’assumer ses responsabilités…Fihouroune Maiga, expert malien en désarmement, toujours disposé à travailler pour la paix, répond aux questions du Jeune Indépendant.

En tant que membre actif de la Plateforme, cette coordination de groupes politico-armés du nord du Mali, a choisi la loyauté au pouvoir central de Bamako, sans renoncer à sa vision d’une nouvelle gouvernance pour une réconciliation durable. D’Alger à Bamako, magnéto…

Fihouroune Maiga, pouvez-vous faire un état des lieux de la situation sécuritaire au Mali et notamment dans le nord du pays ?

La situation sécuritaire est préoccupante. Sur l’ensemble du territoire.

Au nord, la présence des groupes djihadistes Aqmi et Ansar Eddine perturbe la circulation des personnes et des biens. La multiplication des groupes armés, au-delà de ceux signataires de l’accord d’Alger, vient compliquer une situation déjà alarmante. Par des vols, pillages etc.

Les accrochages entre la Plateforme et la CMA dénotent de la fragilité de tout le système sécuritaire, que ce soit la MINUSMA pour la protection des populations ou de Barkhane pour la lutte contre le terrorisme.

Quelle est la part de l’insécurité liée à la question politique par rapport au terrorisme transnational qui cible le Mali depuis le début de la crise libyenne ?

Cette part s’exprime dans les positions politiques des mouvements djihadistes : pour Ansar Eddine, c’est l’application de la charia sur l’ensemble du territoire ou au moins dans la région de Kidal. Reconnaître Iyad* et sa katiba comme seuls interlocuteurs à travers le HCUA. La fédération de l’Azawad ou au moins l’autonomie totale pour les régions de l’Azawad.

Pourtant, l’accord d’Alger et les espoirs qu’il suscite pour une refondation de la gouvernance dans le vaste septentrion auraient dû consacrer le cessez-le feu…

Oui, si la volonté politique de l’ensemble des acteurs était au rendez vous. La volonté politique de la communauté internationale à rassurer les Maliens sur son accompagnement dans l’équité pour tous dans la gestion et la mise en œuvre de l’accord. Tout porte à croire que la médiation a choisi son camp, celui de la CMA, au regard de toutes les violations commises par la CMA qui ne sont pas suivies d’effet, contrairement au traitement réservé à la plateforme. 

Le gouvernement, signataire de l’accord, qui tarde à mettre en place les dispositions législatives et réglementaires pour la mise en œuvre de l’accord.
Les groupes armés CMA et plateforme engagés dans des querelles de tranchée pour un positionnement dans les régions du Nord.

La MINUSMA semble provoquer des crispations sérieuses et continues du côté de la Plateforme et du gouvernement ; quels griefs sérieux lui reproche-t-on ?

La MINUSMA est devenue l’antichambre de la CMA. Par ses actions spectaculaires au profit de la CMA, elle perd chaque jour sa crédibilité face à la population engagée à se battre pour l’unité du Mali. Dernière déception : la rentrée de la CMA à Anéfis suite au retrait de la Plateforme avec la garantie de la MINUSMA d’occuper Anéfis et de s’engager pour la protection des populations de ladite localité.

Mais Mongi Hamdi a accusé le GATIA d’accointances avec les narcotrafiquants, dont certains membres de la CMA…

Mongi Hamdi, pro-CMA trouvera tous les arguments pour discréditer la Plateforme. Les narco-terroristes sont connus plutôt du côté de la CMA.

Vous vous êtes rendu dans le nord ces derniers jours pour gérer la crise d’Anéfis. Que s’est-il passé ? IBK, le président malien, a-t-il été entendu ?

La Plateforme, mouvement d’autodéfense communautaire est aussi républicaine. Elle a répondu à une décision du président de la République du Mali. C’est à lui et au peuple malien d’apprécier le geste de la Plateforme de se retirer d’Anéfis et son occupation par la CMA

Aujourd’hui, on dit en effet que la CMA a réoccupé les lieux…

La CMA est à Anéfis avec une série d’exactions sur les populations qui ont refusé son autorité.

Que savez-vous de l’accrochage entre les membres de la Plateforme et ceux de la CMA dans les environs d’In Khalil ? Ces deux groupes armés se sont-ils mis d’accord pour faire capoter le processus de paix à la frontière de l’Algérie ?

Une provocation de la CMA sur une position contrôlée par la Plateforme. 9 morts dont 6 du côté de la CMA et 3 du côté de la Plateforme. Plusieurs blessés dans les rangs de la CMA. Aucun compromis entre la Plateforme et la CMA pour faire capoter la mise en œuvre de l’accord. Le différend entre la CMA et la Plateforme tourne autour de 3 miliards (biens des Arabes récupérés par la CMA à In Khalil) relatif à l’accord signé en Mauritanie entre le MAA progouvernement, le MNLA et le HCUA.

Question qui devait être réglée avec la rencontre de Niamey que la CMA à fait capoter par la provocation de Anéfis et son occupation par la Plateforme.

Où en sommes-nous en matière de mise en œuvre de l’accord de paix et de réconciliation d’Alger, à quand le prochain comité de suivi ? Comment cela se déroule concrètement ?

Réunion du CSA du 30 septembre au 1er octobre. Les sous-comités prévus les 27 et 28 septembre. Ces réunions se déroulent présentement sans la CMA.

Pensez-vous sincèrement que le truchement de quelque partie étrangère travaillerait à saper la démarche réconciliatrice ?

Oui. La France, l’UE. 

Vous avez rédigé un document adressé au président de la médiation pour expliquer les raisons de votre rejet des élections locales prévues pour la fin octobre. Quelle a été la réaction de la médiation ? Celle du gouvernement malien ?

Aucune. La question sera pour la Plateforme à l’ordre du jour de la prochaine réunion du CSA.
Des élections à Kidal dans ce contexte seront le déclenchement d’un conflit inter communautaire.

On dit qu’il y aurait des tensions à l’intérieur de la Plateforme. Me Harouna Toureh, votre porte-parole, serait tiraillé entre les modérés fidèles au pouvoir central et les radicaux proches du Gatia affirmant une autonomie de décisions sur le terrain, au nord du pays…

Non. Tout se passe bien au sein de la Plateforme.
Les réfugiés des événements de l’année 2012 ont-ils regagné leurs villages et les populations les plus démunies sont-elles prises en charge sur le plan social (nourriture, soins, scolarisation) ?
Non. C’est là une des préoccupations de la Plateforme par rapport à la tenue des élections.

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