La France est-elle un partenaire digne de confiance ? – Le Jeune Indépendant
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Nationale

La France est-elle un partenaire digne de confiance ?

La France est-elle un partenaire digne de confiance ?

Est-ce le sort de l’Algérie de subir une France retorse et fourbe ? La perfidie avec laquelle la France officielle se retourne contre l’Algérie, à chaque occasion, a de quoi laisser perplexe. Les épisodes sont tellement nombreux qu’il s’agit là d’un trait de caractère, certains diront d’une nature.

Le dernier épisode consécutif à l’exfiltration d’une citoyenne algérienne, binationale certes, à la fois d’Algérie d’une manière illégale, et de Tunisie, au mépris des lois de ce pays, notamment sa justice, est révélateur d’un malaise profond au sein de l’establishment de l’Hexagone. Une élite politique, d’affaire et médiatique qui ne digère toujours pas l’indépendance arrachée au prix d’une révolution nationale, modèle pour l’humanité tout entière.

Sans remonter à la petite phrase de Giscard d’Estaing en 1975 : «la France historique salue la jeune Algérie», ou celle de Mitterrand en 1992 : «il faut rétablir le processus électoral», il devient inévitable sinon opportun de se focaliser sur les trois dernières années, soit après le Hirak de 2019 et surtout depuis l’élection du président Abdelmadjid Tebboune en décembre de la même année.

Après les attaques médiatiques de France 24 et de TV5 monde, toutes deux pilotées par le Quai d’Orsay en 2020, les propos du président Emmanuel Macron lui-même en 2021 sur la nation algérienne, l’Armée nationale populaire et le dossier de la mémoire, le dernier scandale semble avoir eu pour premier tir les propos de l’ancien ambassadeur français à Alger, Xavier Driancourt, qui rêvait à voix haute de «l’effondrement»  de l’Algérie. Excusez du peu. Et à moins d’un mois de l’anniversaire du Hirak du 22 février 2019, l’épisode Bouraoui sonne le glas d’un apaisement qui fut de courte durée.

Si un enseignement peut être tiré, c’est celui de la permanence de l’hostilité de l’establishment français à l’égard de l’Algérie. Sinon comment expliquer ce genre de fixation même si l’heure était à l’entente et au partenariat renouvelé selon le discours officiel dans les deux rives de la Méditerranée ? Pourquoi est-ce l’apanage de la France de monter des cabales anti-algériennes à la moindre occasion et souvent sans occasion ? L’Espagne, qui a subi de plein fouet le courroux d’Alger à cause du revirement de son Premier ministre Pédro Sanchez sur la question sahraouie, a pourtant adopté profil bas, une posture qui signifie dans le langage politique et diplomatique une volonté d’apaisement et le souhait de reprise des relations sur une base saine, loin de l’escalade ou de la surenchère.  La classe politique espagnole, les hommes d’affaires et les journalistes ne se sont pas braqués contre l’Algérie. Bien au contraire. Le Premier ministre espagnol et son chef de la diplomatie sont l’exutoire du ressentiment espagnol par rapport à la perte du partenaire algérien sur le plan des transactions commerciales. Et l’Espagne officielle a extradé vers l’Algérie deux ressortissants, Mohamed Abdallah en août 2021 et Mohamed Benhalima en mars 2022, signe de sa coopération sans hésitation lorsque des Algériens planqués sur son territoire sont réclamés par la justice algérienne.

Cependant, Madrid n’est pas Paris.  Et Paris n’agira pas comme Madrid. Et les nostalgiques de l’Algérie française ont toujours pignon sur rue au sein de l’élite française. Simple question : quelle est la garantie que peut donner la France à l’Algérie pour ne pas rééditer le scénario actuel ? A supposer que la crise soit surmontée, est-ce que les Algériens sont condamnés à subir le mépris officiel de la France ? Le risque d’une nouvelle tension lorsque l’actuelle se dissipera est, selon toute vraisemblance, à l’ordre du jour. Il est d’évidence que l’étincelle provient des pans officiels car l’affaire Bouraoui n’est pas l’œuvre d’un « clan » agissant à contre-courant de l’ambition officielle française, projetant de saborder les relations entre Alger et Paris. Il s’agit bel et bien d’un acte officiel exécuté par une instance relevant de l’Etat français, décidé en haut lieu et entièrement assumé ; du consulat à Tunis jusqu’à l’Elysée. Il advient que la France est bien loin de concrétiser dans les faits l’apaisement qu’elle clame haut et fort ! A chaque fois, ce sont les officiels français qui rappellent aux Algériens une triste mais cruelle vérité : ils n’ont rien à attendre d’une France dont la mémoire est réfractaire à la reconnaissance de l’indépendance de l’Algérie.

C’est ce qui fait la différence dans le traitement de celle-ci et de la Tunisie et du Maroc par la France officielle, même si dans l’épisode Bouraoui Paris a failli jeter le froid dans les relations algéro-tunisiennes.

Moralité : les Algériens ne sauraient faire confiance à un «partenaire» qui actionne à sa guise le chaud et le froid, avec une sournoiserie éhontée. C’est une France inacceptable qui regarde toujours dans le rétroviseur au lieu de fixer le cap pour un avenir apaisé.

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