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Op-Ed

La force tranquille

Pour ceux qui doutaient même de la tenue de cette deuxième phase du dialogue intermalien à Alger, suite au report qu’ils ont voulu dramatiser, la cérémonie d’ouverture avant-hier à l’hôtel Aurassi vient de confirmer que l’Algérie n’est pas chef de file dans la médiation que pour des motifs géographiques.

Il faut le reconnaître, les Maliens du gouvernement ou ceux des mouvements politico-militaires ont tous semblé convaincus du sérieux de l’appareil diplomatique algérien, soutenu par la communauté internationale dans cette difficile entreprise de réconciliation entre une partie du peuple malien et le pouvoir central. Ils l’ont dit haut et fort, en renouvelant leur confiance dans la médiation, en exprimant leur reconnaissance à l’endroit de l’Algérie.

Toutefois, par-delà ce satisfecit anticipant sur la suite des pourparlers, on doit aussi envisager les mille et un pièges que comporte une telle rencontre où des questions touchant à la souveraineté nationale d’un pays tiers sont soulevées sur notre sol. Parce qu’il faut l’avouer, malgré la sérénité contagieuse qu’a véhiculée l’équipe du ministère algérien des Affaires étrangères, aux petits soins avec les invités, il reste une bonne dose d’incertitude dans l’air et la tension peut à tout moment crisper la rencontre.

Ramtane Lamamra a, cependant, montré tout le tact qu’on lui prête lorsqu’un chef de groupe rebelle a fait remarquer que les travaux ne pouvaient commencer sans la présence d’une partie de sa délégation, qui n’avait pas encore rejoint Alger. Le chef de la diplomatie algérienne a sollicité spontanément l’ambassadeur d’Algérie à Bamako qui a « réfléchi à voix haute » pour suggérer un aménagement souple des séquences de négociations, immédiatement approuvé par le ministre.

Démonstration en plénière de la disponibilité algérienne pour le succès du dialogue, malgré les incidents prévisibles. A ce propos, Lamamra a saisi l’occasion du débat sur le programme pour annoncer qu’il rencontrerait le lendemain Bilal Ag Acherif. En guise de réponse diplomatique aux voix autorisées qui s’inquiétaient dans les coulisses de la visite au Maroc de ce leader touareg à la veille du rendez-vous d’Alger. Une façon diplomatique de rassurer tout le monde…

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