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Nationale

La fondation Kennedy appelle à élargir le mandat de la Minurso

La fondation Kennedy appelle à élargir le mandat de la Minurso

La fondation Robert F. Kennedy pour la justice et les droits de l’Homme a appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à élargir le mandat de la mission de l’ONU pour le référendum au Sahara occidental (Minurso) à la surveillance des droits de l’Homme dans les territoires sahraouis occupés.

S’exprimant à la veille du vote par le Conseil de sécurité d’un projet de résolution qui proroge d’un an le mandat de la Minurso, la présidente du centre, Kerry Kennedy affirme, dans un rapport, que « les autorités d’occupation marocaines continuent de commettre de graves violations des droits de l’Homme contre le peuple sahraoui dans les territoires occupés ».

Le Conseil de sécurité s’apprête à examiner un rapport de Ban Ki moon sur le Sahara occidental. Mme Kennedy, qui s’exprime également à la veille de l’adoption par le Conseil de sécurité du rapport annuel 2015 du secrétaire général de l’ONU sur le dossier du Sahara occidental, déplore « l’absence dans le mandat de la Minurso d’un mécanisme de surveillance des droits de l’Homme au Sahara occidental ».

Dans son rapport publié il y a quelques jours par les médias, elle exhorte à nouveau l’ONU à « concrétiser cette démarche » précisant qu’il s’agit de la seule mission onusienne de maintien de la paix qui n’inclut pas un tel mécanisme. Dans le rapport, il est fait état de près de 90 cas de violations des droits de l’Homme, notamment « des arrestations arbitraires, la violation du droit à la liberté de rassemblement et de circulation pratiquées contre les Sahraouis dans les territoires occupés ».

Le Front Polisario a maintes fois appelé à élargir le mandat de la mission onusienne au contrôle et à la protection des droits de l’Homme au Sahara occidental.

La Minurso est la seule mission de maintien de la paix établie après 1978 sans un mécanisme de surveillance des droits de l’homme et il n’existe aucun mécanisme international contre les violations des droits humains au Sahara occidental. Sous son mandat actuel, qui arrive à échéance le 30 avril 2015, la Minurso est essentiellement chargée de surveiller un cessez-le-feu conclu en 1991. Dans son dernier rapport sur ce dossier, Ban Ki-moon avait appelé les parties en conflit à « redoubler d’efforts pour négocier une solution politique » mais avait constaté le « manque de progrès » des discussions.

Mercredi dernier, des ONG françaises de défense des droits de l’homme ont dénoncé la pratique de la torture et les traitements inhumains exercés par les forces d’occupation marocaines contre les populations sahraouies dans les territoires occupés, appelant le président français Hollande à s’engager afin que le mandat de la Minurso soit élargi à la surveillance des droits de l’homme.

« Les manifestations, toujours pacifiques, de la population sahraouie pour le droit à l’autodétermination sont violemment réprimées. De nombreux militants sahraouis arrêtés sont condamnés au cours de procès inéquitables », ont indiqué les organisations dans une lettre ouverte au président François Hollande.

Elles ont relevé que la pratique de la torture et des traitements inhumains perdurent, soulignant, à la veille de la réunion du Conseil de sécurité sur la question du Sahara occidental, que les libertés d’expression, d’association, d’information et de manifestation « ne sont toujours pas respectées ». Les ONG françaises ont ajouté que des délégations d’observateurs étrangers et des journalistes sont « régulièrement expulsés (des territoires occupés) ».

Les 22 militants sahraouis du groupe de Gdeim Izik condamnés le 17 février 2013 à de lourdes peines de prison par un tribunal militaire (jugé illégal par de nombreuses associations des droits de l’homme françaises, marocaines et internationales) sont toujours détenus, leur pourvoi en cassation déposé il y a deux ans n’ayant pas eu de suite à ce jour .

« C’est pourquoi, nous vous demandons, Monsieur le président de la République, qu’à la prochaine réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur le Sahara occidental la France s’engage afin que la surveillance du respect des droits de l’homme au Sahara occidental soit incluse dans le mandat de la Minurso comme c’est d’usage pour des missions de maintien de la paix », ont souligné les signataires.

L’introduction d’une « composante droits de l’homme » dans le mandat de la Minurso « pourrait non seulement permettre au Conseil de sécurité de recevoir des informations fiables et rapides sur une situation instable mais aussi de désamorcer les campagnes de désinformation qui compliquent la recherche d’une solution politique au conflit », ont-elles estimé.

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