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Culture

La fin ou l’absence de communication

La fin ou l’absence de communication

Présentée ce jeudi 8 janvier, à El Mouggar à Alger, la pièce théâtrale En nihaya est une adaptation de Fin de partie, une œuvre universelle de Samuel Beckett reprise et mise en scène par Ahmed Belalem et produite par l’association Djillali Ben Abdelhalim de Mostaganem.

La pièce En nihaya (la fin) relève d’une tentative réussie de poser le problème du manque de communication dans la société, conduisant à l’indifférence, le refus de soi et la négation de l’autre.
Adapté et mis en scène par Ahmed Belalem, ce spectacle, d’une durée de 75 minutes, répercute avec force les conséquences d’une société où les gens ne se parlent pas, entretenant dans la trame, l’agacement et l’arrogance dans le propos dans des atmosphères lugubres.

Dommage que cette représentation s’est déroulée devant un public peu nombreux en raison d’une médiatisation adéquate. Les quatre personnages de cette pièce, Lemtirqa, Lemtellef, Maghbouni et R’qaïma, campés respectivement par Bouregâa Sarah, Draoui Fethi, Tahiri Abdelhak et Belalem Imène, ont savamment porté, sur les planches de la salle El Mouggar, le texte, d’une grande densité, avec des dialogues nourris par des rapports de dualité.

Lemterqa (le petit marteau), personnage féminin, tyrannique et dominateur, a en permanence le souci de vaincre l’adversité et d’asseoir sa suprématie malgré sa dépendance physique du fait qu’il soit non voyant et sur une chaise roulante. Devenus séniles et agaçants, Maghbouni et R’qaïma, parents de Lemterqa – apparemment démunie de sens du discernement – se retrouvent parqués dans deux cercueils, le buste relevé pour pouvoir répondre aux injonctions de leur fille qui n’épargne guère Lemtellef, son serviteur, à la démarche lourde et boiteuse.

Dans une scénographie aux atmosphères sombres et lugubres, figées dans un décor unique, les comédiens, bien que statiques et évoluant dans une trame sans conflits, ont su entretenir un bon rythme au spectacle, par des échanges intenses et riches, déclamés en vociférant, et qui ont permis une bonne confrontation des personnages.

Dans cette prestation produite par l’association Djillali Ben Abdelhalim de Mostaganem, le metteur en scène a réussi l’adaptation de l’œuvre de Samuel Beckett à la réalité algérienne où « l’absence de communication au sein même de la famille est régie en mode de vie », a expliqué Ahmed Belalem.

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