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Culture

La Fac en mouvement

La Fac en mouvement

Avant l’hommage au regretté artiste Hamid Remas, les recommandations du jury et la remise des prix, le onzième Festival national du théâtre professionnel à Alger, au Théâtre national Mahieddine-Bachtarzi, sera marqué par le spectacle La Fac de la troupe Hip Ho dz.

Entre la danse hip hop et break dance, le jeu théâtral, la performance scénique de dessin et la musique, il y a une vision. Celle d’un groupe qui, autour du chorégraphe Hacen Kaci-Aïssa, se pose la question suivante : Faut-il partir à l’étranger ou rester dans son pays pour assurer son avenir ?

Des étudiants se mettent en action dans leur faculté. Entre les études, la vie sociale et l’envie forte de quitter le pays, d’autant qu’ils ont perdu leurs repères, ils sont interpellés par leur professeur, soit une sagesse qui leur fait appel pour mieux définir leur objectif. Peu importe ! L’université est un espace comme un autre, celui où le débat est instauré sur un sujet épineux : Immigration (ce qu’on appelle communément harraga) ou pas.

Les étudiants représentent l’élite future, les cadres supérieurs qui contribuent à l’évolution sociale et économique. Voilà un motif littéraire, sinon un prétexte, pour aborder dans un esprit universel ce qui est traité dans tout art et dans tout pays, en particulier en Afrique et en Méditerranée. Nul doute que La Fac s’inscrit dans un cadre contemporain de la danse et du théâtre.

Créé à partir du texte de Fatma-Zohra Ould Aïssa, il aborde une actualité brûlante qui n’est pas propre à l’Algérie. Le professeur sera incarné par le comédien et danseur Habib Aichouche, il est l’élément central autour duquel le thème est exposé.

Ce dernier incarne la conscience, il fait lui-même appel à un personnage fictif, le nommé Âba, comme pour faire parler son subconscient pour se donner raison ou pas, sinon pour avoir des réponses avant d’inviter ses interlocuteurs (ses étudiants) à s’exprimer. Il intervient comme un comédien analogue à celui du cinéma muet, car le corps est, à ses yeux, une expression non-négligeable. Il participe à la danse collective et dans son tour individuel, il met en valeur une gestuelle.

Il fait appel aux danseurs par leur nom et ces derniers entament le débat avec lui, mais pourra-t-il les convaincre à renoncer à la candidature de l’exil ? Dans un des tableaux, ils utilisent, chacun d’eux, une chaise comme accessoire, symbole de leur place dans la société mais aussi le moyen d’exposer leurs sentiments et leurs idées, transformer notamment une rangée de leurs chaises en bateau et leurs mains en rames.

Pour le chorégraphe, le titre La Fac peut être traduit par le mot quartier (houma), sinon la société en général. Entre la joie (hip) et le mouvement (hop), il n’y a pas que les jeunes algériens qui cherchent à se faire une situation sociale dans leur pays ou ailleurs dans le monde.

Et il réitère la question suivante : « Si jamais les portes se fermaient, qu’allons-nous faire ? ». En d’autres termes, la jeunesse d’aujourd’hui doit avoir des facilités pour réussir. Cette opinion est autant partagée par le seul élément féminin de la troupe, la danseuse Fatma-Zohra – doublement motivée en tant que femme et monitrice de danse pour la réalisation de ce spectacle – que par les autres membres.

Confrontés au dilemme de s’exiler ou de demeurer sur leur propre sol, ils s’adressent à toutes les catégories sociales en les priant à trouver une solution, non pas à l’extérieur (l’étranger) mais à l’intérieur (leur pays). Il est cependant dommage que ce spectacle prometteur soit altéré par un aspect technique.

Produit par le Théâtre national algérien, il sera, au grand regret des spectateurs dans une salle comble, mal apprécié en raison d’une insuffisance de la lumière, de la fausse synchronisation entre la danse et le son. Il reste aussi à parfaire les transitions entre les tableaux pour aboutir au meilleur dynamisme d’une troupe qui mérite toute l’attention.

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