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Op-Ed

La drogue atomique

Le ministre d’Etat, des Affaires étrangères et de la Coopération, Ramtane Lamamra, vient de lancer un vif appel en direction de la communauté internationale pour une lutte implacable contre le trafic de drogue.

D’habitude, ce genre de thématique appartient aux départements de l’Intérieur ou au domaine sécuritaire, quand ce n’est pas les cadres de la santé qui tirent la sonnette d’alarme.

Or, depuis quelques années, les narcotrafiquants et les terroristes ne font qu’un, si bien que la question de la stabilité de régions immenses dépend de la capacité des Etats à contrarier le business de la drogue.

Le Sahel illustrant tragiquement cette nouvelle équation alors que les autochtones, un temps recrutés comme simples convoyeurs de marchandises, de l’ouest de l’Afrique vers l’Est et le Nord, sont désormais devenus des trafiquants confirmés prêts à tuer pour défendre leur commerce illicite.

Ainsi, au cours des deux dernières décennies, la subversion subsaharienne a pu brasser de gros millions de dollars, en récoltant des rançons contre la libération d’otages occidentaux et grâce à l’acheminement des stupéfiants en provenance du Maroc ou des pays lointains de l’Amérique latine, qui débarquent leur poison en terre africaine par la façade Atlantique.

Cette activité criminelle transnationale a procuré de tels dividendes financiers aux groupes terroristes de la région qu’ils disposent, à présent, d’équipements militaires et de moyens logistiques plus sophistiqués que la plupart des Etats très pauvres de la bande sahélo-saharienne. On se souvient encore de la débandade de l’armée malienne face aux « jihadistes » et groupes rebelles du Septentrion au printemps de l’année 2012.

Le porte-parole du MAE algérien, Monsieur Abdelaziz Benali, a d’ailleurs mis en exergue ce chiffre d’affaires effrayant que des experts internationaux ont avancé en ce qui concerne les trafics en tous genres dans le sous-continent :»Un milliard de dollars par an » au bénéfice du grand banditisme impliqué à la fois dans le terrorisme et certains conflits politiques qui menacent des pays et compromettent le développement.

Voilà pourquoi la problématique du trafic de drogue s’impose comme une urgence à traiter au niveau international. Parce que les gros dealers du désert peuvent, de nos jours, désintégrer des nations en ruinant leur souveraineté. Par la voix de Ramtane Lamamra, l’Algérie en mesure assurément toute la gravité. Sera-t-elle entendue ? 

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