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Nationale

La double déroute du roi Mohamed VI

La double déroute  du roi Mohamed VI

Une sale campagne de dénigrement menée en sous-main par le Maroc à l’encontre de la RASD a déjà commencé à Abidjan.

Le Premier ministre Ahmed Ouyahia, chargé par le président Abdelaziz Bouteflika de le représenter aux travaux du 5e sommet Union africaine-Union européenne, qui doit s’ouvrir aujourd’hui à Abidjan (Côte d’Ivoire), est arrivé hier dans la capitale ivoirienne.

Il est accompagné du ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel. Le 5e sommet Union africaine-Union européenne devrait impulser un nouvel élan au partenariat économique entre l’Afrique et l’Europe, avec pour thème principal « Investir dans la jeunesse pour un avenir durable ».

L’investissement et le commerce, le développement des compétences et la création d’emplois seront les principaux thèmes à examiner par les dirigeants des pays des deux parties, l’objectif étant d’accélérer la mise en œuvre de la feuille de route et la réalisation des objectifs économiques communément fixés.

Actuellement, l’UE et ses Etats membres représentent 33% de tous les investissements étrangers réalisés à travers l’Afrique, reçoivent 41% des exportations africaines et fournissent 33% des importations du continent africain, transfèrent 36% des fonds expédiés dans leur pays par la diaspora et participent à hauteur de 50% à l’aide publique au développement versée chaque année au continent.

En 2016, 21 milliards d’euros d’aide au développement ont été versés à l’Afrique par l’UE et ses Etats membres, 32 milliards d’euros y ont été investis en 2015 par des entreprises de l’UE, ce qui représente près d’un tiers de l’ensemble des investissements étrangers directs en Afrique.

La délégation sahraouie, présidée par le président de la République et SG du Front Polisario, Brahim Ghali, qui va participer à cette rencontre après un bras de fer avec la Côte d’Ivoire soutenue par le Maroc et qui a duré plus d’un mois, est arrivée hier dans la capitale ivoirienne.

Aussitôt arrivée qu’elle est déjà confrontée à un premier impair exécuté par les autorités ivoiriennes. En effet, la délégation sahraouie est hébergée loin des autres délégations officielles qui, elles, le sont dans le même hôtel qui abrite les travaux du sommet.

Déjà que la délégation sahraouie a été reçue à l’aéroport d’Abidjan par deux ministres et non par le chef d’Etat du pays hôte ou de son Premier ministre. L’Etat ivoirien ne reconnaît pas la RASD. Les autorités sahraouies ont alerté le secrétariat de l’UA et attendent de sérieuses explications sur ce pays qui obéit au doigt et à l’œil à ses commanditaires, le Maroc et la France.

De plus, la visite du roi du Maroc à Abidjan deux jours avant l’ouverture du sommet n’a rien de surprenant. Ce dernier, qui a déjà perdu une première bataille, se comporte déjà en terrain conquis. Une sale campagne de dénigrement à l’encontre de la RASD a déjà commencé. Et c’est la presse ivoirienne qui est chargée de la sale besogne.

Un quotidien national annonce la couleur : « les ennemis du Maroc (Algérie et Afrique du Sud) ont, en effet, perdu la bataille de l’ordre du jour du sommet, puisque tous les points proposés par l’Afrique du Sud ont été écartés ».

Lors du sommet, il faut s’attendre à une recrudescence des actes hostiles à la RASD, que ce soit du côté ivoirien ou de celui du Maroc. Mais ce dernier doit accepter la réalité. Aujourd’hui, après plus de 32 ans d’absence, le Maroc participe aux côtés de la RASD à ce sommet. 

Et ce sera la plus grosse gifle que le roi va recevoir aujourd’hui en plus de celle du retour de son ambassadeur à Alger qui est revenu les bras ballants. Les excuses demandées ne sont jamais arrivées. Une source autorisée au ministère des Affaires étrangères affirme que Lahcen Abdelkhalek a repris ses fonctions, révèle le site Alyaoum 24.

Il y a quelques jours, des médias marocains avaient conditionné le retour de l’ambassadeur à la présentation par l’Algérie d’excuses suite aux déclarations d’Abdelkader Messahel accusant le Maroc de blanchir l’argent de la drogue à travers des investissements en Afrique.

Enfin, l’envoyé spécial du SG de l’ONU, Horst Köhler aurait proposé en guise de solution au conflit du Sahara occidental un retour à l’avis consultatif de la Cour internationale de justice d’octobre 1975, qui a uniquement reconnu l’existence de liens d’allégeance entre le Maroc et des tribus sahraouies.

Selon lui, les renseignements portés à sa connaissance « n’établissent l’existence d’aucun lien de souveraineté territoriale entre le territoire du Sahara occidental, d’une part, et le Royaume du Maroc ou l’ensemble mauritanien, d’autre part ».

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