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Op-Ed

La discrimination comme valeur constitutionnelle

Vingt-sept ans après son abolition en Afrique du Sud, le vieux démon de l’apartheid refait surface en Palestine occupée, au nez et à la barbe d’un Occident complaisant et laxiste à l’égard d’Israël. Après des mois de « débat politique » au parlement israélien, les députés de la Knesset ont fini par faire passer le projet du gouvernement Benyamin Netanyahou, consacrant ainsi, le caractère ethnoreligieux de l’entité sioniste. Cette loi fondamentale dite de « l’État-nation d’Israël », adoptée par 62 voix contre 55 et deux abstentions au Parlement, qui compte 120 députés, accorde aux juifs, la suprématie sur tous les citoyens israéliens non juifs. Autrement dit, sur la minorité arabe constituant 20% de la population (1,5 million de citoyens palestiniens de l’État et des habitants de Jérusalem-Est et du plateau du Golan) qui ne dispose plus des mêmes droits que les juifs, qu’ils soient à l’intérieur des territoires occupés ou ailleurs, disposants ou pas, de la nationalité israélienne. Le texte de loi stipule par exemple que « le droit à l’autodétermination nationale est unique au peuple juif ». Alors que celui-ci est consacré par le droit international et reconnu par les Nations-Unies. Outre le droit exclusif, au caractère raciste, accordé aux seuls juifs pour décider des priorités nationales de l’entité sioniste, la loi accorde également à l’hébreu un « statut spécial », faisant d’elle l’unique langue officielle de l’État. Mais la particularité ségrégationniste de cette loi de la honte ne s’arrête pas là, car dans sa dimension territoriale elle considère que « le développement des implantations juives relève de l’intérêt national et que l’État prendra les mesures pour encourager, faire avancer et servir cet intérêt ». Comprendre par-là que ce qui était jadis une politique devient désormais une obligation constitutionnelle pour tout gouvernement israélien, quelles que soient sa couleur et son orientation politique. Faut-il alors s’attendre à une détérioration des relations d’Israël avec les « démocraties » occidentales, ses principaux alliés internationaux, défenseurs et ses plus grands partenaires commerciaux ? Il ne faut pas s’attendre au miracle, car pour l’instant aucune déclaration d’un chef d’État occidental n’a été faite pour dénoncer une loi dont les législateurs ont supprimé de leur terminologie les mots égalité et démocratie. Par ailleurs, il faut dire aussi que le contexte n’a jamais été aussi propice pour Israël , car à la complicité et le soutien indéfectible des États-Unis notamment, l’occupation israélienne met à profit un contexte marqué par un monde arabo-musulman disloqué et fragilisé par d’interminables conflits internes, des tentatives de normalisation avec Israël de la part de certains pays arabes, la fragilité des institutions internationales et le retour des nationalismes en Europe…

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