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Op-Ed

La démocratie en confinement sanitaire ?

Ce qui suit est inspiré par le déroulement déconcertant et inédit d’une séquence politique en France en plein choc sanitaire de portée mondiale.

Suite au crash du processus électoral municipal en France pour cause directe de pandémie, un écran de fumée commence à se dissiper mettant au jour l’irresponsabilité de la classe politique toute entière, l’incroyable amateurisme des équipes aux commandes des institutions et le piètre niveau des tractations ayant vicié le climat des dernières élections municipales françaises.
De quoi émettre de définitives réserves sur ce qu’est devenu le modèle démocratique français, pas mal desservi par le déclassement industriel progressif du pays et largement sous tutelle d’un inflexible technocratisme européen.
Ceux qui avaient besoin du motif décisif pour s’en convaincre ont en un et de taille. Les gravissimes révélations sans filtre, de l’ex première responsable du département de la santé indiquent clairement que la machine politique devient de moins en moins démocratico-compatible.
Ces révélations semblent également exprimer, mais sur le tard, une pathétique contrition.
Celle d’une praticienne appréciée de ses pairs, tenue par le serment d’Hippocrate, qui, sans crier gare, en dit trop à la surprise générale tout en faisant part de ses états d’âme, au moment où le pronostic vital d’un grand nombre de ses concitoyens, est engagé.
Elle détenait avant tout son monde la grave et funeste information, elle aurait alerté sa puissante hiérarchie qui ne l’aurait pas entendue ne serait-ce que pour mettre en place ces plans anti pénurie qui font défaut. 
Elle n’a pas pour autant exercé jusqu’au bout la clause de conscience qu’elle semble invoquer.

Trop tard, les victimes sont là et il y en aura encore plus.
Le premier tour électoral a eu lieu en plein boom viral alors que l’on délivrait à peine, des consignes sanitaires floues de « distanciation sociale » pour un événement naturellement social.

Le taux d’abstention a quand même atteint un pic historique entachant la légitimité de ce premier tour. On n’invalidera pas pour autant ces premiers résultats. Les outils juridiques en place ne permettent pas de résoudre une telle situation .

Ce scrutin reste tout de même insincère pour cause de rupture du droit à l’exercice libre d’un droit fondamental.
La démocratie victime du Covid19, des calculs politiciens, du mythe de la start-up nation ou du juridisme le plus étroit ?
Pour l’opposition qui fait mine de monter au créneau de la contestation et de la dénonciation, la parole maladroite, tardive et calculée de la dissidente, est une fenêtre de tir pour accabler davantage une curieuse majorité présidentielle qui tente de dédramatiser…… une parole dite immature !
De quoi légitimer outre des doutes, de sérieuses questions sur la transparence en politique, sur le sérieux et la moralité des politiques qui se succèdent dans une totale ressemblance de mœurs choquantes.
Il est en effet, illusoire de faire passer une volte face aussi inefficace au lendemain de ces publiques confidences comme cela fut tenté par celle que l’on désigne désormais comme une mauvaise perdante.
En réenfilant aussitôt son costume politique pour un médiocre rattrapage langagier, la dissidente d’un jour, renforce avec d’autres avant elle, le mouvement ascendant de l’abstentionnisme qui constituera le futur parti majoritaire de France.

Il est à craindre que les débats politiques français à venir, ne puissent faire l’impasse sur ce que l’on appelle déjà le scandale politico-sanitaire majeur du siècle.

Une rude bataille se prépare pour la moralisation de la vie politique.
Ira-t-on jusqu’à faire l’autopsie d’un système politique en fin de course qui conjonction de facteurs internes défavorables et au contact du technocratisme invasif de Bruxelles, a bien succombé. 

Pour le moment, on se demande perplexe à quoi et à qui profite le ressaisissement spontané, ou plutôt, la rétractation forcée, selon certains, de l’ingénue rebelle.
L’objectif apparent aurait consisté à diffuser le retrait du qualificatif de mascarade, accolé à un scrutin pour lequel, l’ex ministre de la santé fut missionnée, afin de remplacer au pied levé un exfiltré dont la légèreté a éclaboussé le complexe mouvement en marche, un mouvement politique sui generis qui a promis de marier la carpe et le poisson  !

En misant sur des candidatures spontanées de la société civile, n’a-t-on pas assez encouru l’erreur de casting à chaque fois que l’aléa politique a pointé ?

N’a-t-on pas songé à évoquer l’hypothèse de l’impréparation d’un vivier politique qui n’est pas mûr pour ne pas dire, pas sûr ?

Peut-on en cas de casse, protéger ou écarter une personnalité qui donnerait des signes de faiblesse sans bouleverser un équilibre socio politique aussi artificiel ?
Un regret a été jeté comme un pavé dans la marre où pataugent une faune de mutants.
Etait-ce pour défendre la corporation médicale dont les avis pas si convergents que cela, paraissent avoir été détournés à des fins tactiques ?
L’exercice solitaire du pouvoir que permet la constitution française, est-il encore tenable à mesure que des risques dont des risques émergents transfrontaliers se multiplient ?
Pour la Démocratie, dont les élections en constituent le plus important instrument, il y a eu une instrumentalisation abusive, et franchement déloyale du contexte dans lequel on a tenu à les faire tenir pour faire dit-on respirer la vie démocratique.

Le Covid19 avance inexorablement, il s’impose et chamboule l’horloge politique au point de la détraquer.

On peut et on doit à présent tout confiner et jusqu’à nouvel ordre, y compris le libre exercice de la démocratie.
On ne comprend cependant pas, pourquoi on n’a pas actionné le principe de précaution en étendant opportunément son champ d’application au contexte critique actuel.
On a organisé dans l’opacité une drôle de concertation collégiale avec certaines sommités du monde scientifique et médical pour en obtenir des avis scientifiques avec l’arrière pensée de ne pas assumer des décisions politiques impopulaires, qui si elles étaient prises, coûteraient l’avenir politique des uns et des autres.
Ce qu’auraient fait de prétendus hommes providentiels, des personnages de tragédie grecque mais pas les tacticiens.
Il est vrai que les politiques ne sont pas infaillibles, mais le poids de la charge dont ils se prétendent aptes et pour laquelle ils mènent des combats impitoyables où tous les coups sont permis, ne justifie pas les postures politiciennes, les dénis et l’absence d’anticipation dont ils ont fait montre, malheureusement au péril de l’intégrité et de la vie de leurs concitoyens.

La société du risque, on y est depuis longtemps.
La démocratie n’est pas exempte de risques dont celui de disparaître ; tout l’enjeu est de l’en préserver en la repensant.
Les alter-démocrates sont raillés, méprisés et bâillonnés.
Les risques majeurs, les risques de masse ne sont pas inconnus et ce n’est pas la cinquième puissance mondiale qui peut aussi facilement se plaindre d’un manque d’experts, de moyens et de prospective si tant il est vrai que tous s’accordent au moins pour considérer qu’il n’y a pas de progrès si le jeu démocratique est grippé.

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