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Op-Ed

La décentralisation, un enjeu d’avenir

La rencontre très attendue gouvernement-walis, organisée il y a quelques jours sous le patronage du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, au palais des Nations à Alger, a focalisé l’intérêt des médias nationaux par l’importance de sa thématique : « La gouvernance décentralisée pour une collectivité territoriale résiliente, innovante et entreprenante ».
Le choix de cette thématique constitue en lui-même un pas important sur le long chemin de la réforme du système politique algérien, surtout lorsque l’on sait qu’il n’y a pas longtemps la décentralisation était encore un principe tabou s’inscrivant en porte-à-faux avec la notion de l’État hyper centralisé, une norme jadis bien gardée, mais aujourd’hui révolue tout comme le modèle socialiste abandonné en 1989.
Mais parler de la décentralisation suppose aussi l’impératif de trouver la bonne formule pour répondre aux exigences que dictent les spécificités de notre espace sociopolitique, un espace qui n’est pas des plus simples. Car au-delà de l’enjeu constitutionnel que représente l’adaptation des lois régissant les collectivités territoriales et locales à la nouvelle Constitution qui consacre ce principe, il s’agit aussi de mettre l’accent sur la dimension politique d’une telle démarche. La décentralisation est un concept à forte portée politique, d’autant plus qu’il touche à la fois à la difficulté de trouver un équilibre entre la dualité existant naturellement entre le pouvoir central et ses démembrements territoriaux, mais également à la délicate équation de la redistribution du pouvoir politique entre les différents acteurs qui le composent, avec une plus grande participation des élus locaux et de la société civile à la prise de décision. Comprendre par là que la démocratie participative et l’action citoyenne deviennent des ingrédients de base pour la réussite de ce projet. La décentralisation présente aussi un enjeu capital pour l’avenir des équilibres des régions, à travers l’élaboration d’un modèle de gouvernance qui doit se concevoir dans des conditions d’hétérogénéité imposées par la vastitude du territoire algérien et ses spécificités locales très diversifiées, et qui ont un rôle capital à jouer. Quand on sait que la gouvernance en tant que principe n’est pas figée dans le temps, ni dans l’espace, on réalise alors la délicatesse de la mission que s’assignent les pouvoirs publics pour permettre à l’État de passer du statut de gestionnaire à celui de régulateur et de contrôleur. Sur le plan économique notamment, cela exige beaucoup de concessions de la part de l’administration centrale pour accorder à l’administration locale plus de prérogatives dans le choix des projets et leurs financements. Mais force est de constater que si l’administration a fait beaucoup de progrès en matière de formation de ses hauts fonctionnaires, le retard qu’accuse la classe politique, notamment au niveau local, est en revanche manifeste et pèse considérablement sur l’aboutissement du projet d’une gouvernance décentralisée capable de relever les défis du développement.

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