-- -- -- / -- -- --
Nationale

La Cour suprême renvoie le procès devant le tribunal autrement composé

La Cour suprême renvoie le procès devant le tribunal autrement composé

Les juges de la chambre criminelle de la Cour suprême ont décidé le renvoi de l’affaire de l’autoroute Est-Ouest devant le tribunal criminel d’Alger autrement composé. Les mêmes juges ont répondu favorablement au pourvoi en cassation introduit par le procureur général Ben M’hidi Anouar et ont par ailleurs rejeté la plupart des pourvois en cassation formulés par les avocats de la défense.

Le président Tayeb Hellali, qui a statué dans le dossier, a prononcé, rappelons-le, des peines allant entre deux et dix ans de prison ferme.

Medjdoub Chani, principal inculpé dans cette affaire, a affirmé au cours de son audition par le président du tribunal criminel que « l’affaire a été montée de toutes pièces par des hauts officiers du DRS ».

L’intéressé a indiqué que « le général en question a ordonné aux enquêteurs du DRS de me torturer tout au long de l’interrogatoire ».

Il a par ailleurs souligné qu’il entamera une grève de la faim illimitée juste après la fin de son audition par les membres du tribunal criminel d’Alger. Le deuxième inculpé auditionné, le secrétaire général des travaux publics Mohamed Bouchama, a été acquitté des faits qui lui ont été reprochés au cours de l’enquête préliminaire et de l’instruction judiciaire.

Le mis en cause a tenu à préciser avoir occupé plusieurs postes de responsabilité au sein des hautes institutions de l’Etat dont la Présidence, le ministère des Travaux publics, la fonction publique et le Conseil d’Etat. Il a été également président du conseil d’administration de l’Agence nationale de la gestion de l’autoroute Est-Ouest.

M. Bouchama a par ailleurs déclaré au juge en charge du dossier que « c’est à cause du colonel Mohamed Khelladi, alors directeur du projet, que son nom a été traîné dans cette affaire qui ne le concerne ni de près ni de loin ».

Interrogé sur les conditions dans lesquelles il a connu le principal accusé Medjdoub Chani, il a précisé : « Je l’ai connu par l’intermédiaire du colonel Khaled.

Je l’ai reçu à quatre reprises au siège du ministère en présence de mon ami le colonel Khaled. Chani est venu me solliciter pour intervenir sur les problèmes bureaucratiques que rencontraient les Chinois, notamment en ce qui concerne le paiement des travailleurs qui n’avaient pas perçu de salaires depuis trois mois. »

A la question de savoir s’il avait perçu 10 millions de dinars à titre de complaisance de la part du principal accusé Medjdoub Chani, le mis en cause a répliqué : « Mon éducation et ma personnalité ne me le permettent pas. Je n’ai perçu aucun sou de Chani. Je suis un haut responsable et je n’accepte pas que mon image soit ternie par une affaire liée à la corruption. »

L’accusé a en outre souligné qu’il « n’a jamais exercé de pressions sur les sociétés étrangères qui étaient chargées de réaliser le projet objet de sa poursuite judiciaire ». 

Mohamed Khelladi, qui occupait le poste de directeur des nouveaux projets au ministère des Travaux publics, a d’emblée affirmé : « Amar Ghoul lui a proposé de lui ramener les sociétés intéressées par les projets et, par-delà, partager les dessous-de-table ».

Khelladi a par ailleurs indiqué qu’ayant refusé les avances de l’ancien ministre, ce dernier lui a promis d’intervenir auprès des hautes autorités pour lui décrocher un portefeuille lors du prochain remaniement ministériel à l’époque.

L’ancien cadre du DRS a souligné : « L’ancien des Travaux publics Amar Ghoul possède une société de pêche. Le même ministre a bénéficié de 20 % du montant du budget octroyé au projet de l’autoroute Est-Ouest, qui était de l’ordre de 19 milliards de dinars ». Le même accusé a déclaré : « L’ancien ministre des Affaires étrangères a bénéficié de dessous-de-table ».

Il a en outre précisé : « C’est grâce à moi que toute la lumière sur le scandale de l’autoroute Est-Ouest a été faite. J’ai été chargé par les hauts responsables du DRS de mettre à nu toutes les personnes impliquées dans la malversation qui entoure ce projet. En guise de reconnaissance, je me retrouve derrière les barreaux. Je n’ai rien à voir dans cette affaire. » 

Il convient de signaler que les quatre mis en cause ont nié tous les faits qui leur ont été reprochés, que ce soit au cours de l’enquête préliminaire ou au niveau de l’instruction judiciaire.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email