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Nationale

La Coordination nationale des libertés vers l’implosion

La Coordination nationale des libertés vers l’implosion

Bien que le retrait sans tambour ni trompette, du parti de Djillali Sofiane n’a pas fait vraiment le gros de l’actualité pour des raisons objectives et évidentes, cette défection d’un des fondateurs de la coordination nationale des libertés et pour la transition démocratique est un coup dur pour le front de l’opposition, et surtout pour la plate-forme de Mazafran.

L’affaire devrait être prise très au sérieux, aux yeux des observateurs, qui notent avec étonnement que cela n’a fait réagir ni l’instance de concertation et de suivi (ICS), ni la CNLTD en tant que bloc, ni les membres signataires de la plate-forme de l’opposition à titre individuel. Aucune réaction, aucun commentaire ou communiqué pour expliquer davantage les tenants et les aboutissants de cette défection politique.

Le plus surprenant est que certains leaders de l’opposition se taisent sur ce fait, alors qu’ils sont si prompts à commenter le moindre soupir. Même Djilali Sofiane, le chef de Jil Djadid, n’a pas jugé utile d’expliquer en détail son geste (sauf une seule sortie sur un site électronique), au moins par respect aux milliers de sympathisants qui l’applaudissaient dans les activités de la CNLTD, depuis sa création il y a un peu plus de deux ans.
En fait, l’érosion de ce front de l’opposition ne fait que commencer, car il est bien clair que chaque membre pense à ses propres intérêts, selon ses calculs électoralistes et ses ambitions politiques.

A la première annonce de la part du pouvoir, sur l’organisation des prochaines élections, la fissure devient visible. Jil Jadid avait proposé à ses partenaires le boycott des prochaines élections ou le refus du réaménagement de la loi électorale, dont le gouvernement veut réviser et adopter notamment le fameux dispositif qui exige un taux de 5% des suffrages obtenus lors des précédentes élections pour pouvoir participer aux prochaines. Une proposition qui fut balayée par le MSP, Islah, Ennahda et le RCD.

C’était « la goutte qui fait déborder le vase ». Pour Djillali, il y a eu trop de refus des actions communes qui convergent vers une stratégie de contre-pouvoir politique réel. Il pense que les logiques partisanes ont pris le dessus dès que le pouvoir a mis en branle l’agenda électoral, avec la tenue des législatives et les communales dans moins d’un an.

Même la participation à ces élections avec des listes communes n’a pas eu l’écho souhaité. Pour le leader de ce jeune parti Jil Jadid, la CNLTD a « atteint ses limites » et n’est plus capable aujourd’hui de faire dans le dépassement, même si sa création en 2014, dans la foulée de présidentielle, a été un moment fort pour l’opposition.

Or, pour les observateurs, ce n’est pas le retrait de ce parti de la CNLTD qui va « détruire » ce front de l’opposition, mais plutôt les raisons de ce retrait.

Dans les milieux de l’opposition, on évoque avec insistance une idée qui fait son chemin, à savoir la création d’un « gouvernement d’union nationale » pour faire face à la crise économique et aux défis sécuritaires.

Il semble que des forces au sein du pouvoir cherchent à attirer une partie de cette opposition dans ce gouvernement newlook, d’ou le discours « très gentil » de Ouyahia et ses gestes d’apaisement exprimé récemment.

D’ailleurs, au sein de la CNLTD, on a toujours refusé de s’engager sur ce point politique : dénoncer la négociation ou le dialogue en solo avec le pouvoir.

Le MSP défendait bec et ongles cette perspective, en dépit des critiques parfois violentes de Djaballah. Pour Mokri, le dialogue est un principe politique constant que les instances de son mouvement défendent et propagent. Il n’a jamais renoncé à cette démarche soulevant l’ire de ses alliés et partenaires.

D’autre part, des signaux de bonne volonté ont été émis du palais d’El Mouradia vers une partie de l’opposition, afin de casser des « murs d’incompréhension » et « éviter les pièges du radicalisme », pour reprendre les termes de certains politiques favorables à ce dialogue.

On est presque dans la démarche du consensus que brandit depuis belle lurette le FFS, bien que Nebbou n’est plus là pour la soutenir, à moins que son remplaçant accepte les nouveaux contours. En fait, Sofiane Djillali a-t-il compris qu’il est le « dindon de la farce » d’un groupe qui ne partage pas la même convergence, ni la même vision ?

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