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Nationale

La Constitution c’est du «sérieux»

La Constitution c’est du «sérieux»

La révision de la Constitution est un dossier « sérieux » que le Président de la République compte faire aboutir lorsque les conditions de consensus seront réunies.
« L’Algérie va procéder à la révision de sa Constitution. Elle s’y prépare sérieusement en se basant sur les résultats des larges consultations organisées à cet effet en vue d’associer toutes les catégories sociales », a souligné, lundi, le chef de l’Etat dans un message aux participants à la conférence scientifique africaine sur « l’évolution du droit constitutionnel en Afrique », lu en son nom par M. Mohamed Ali Boughazi, conseiller à la présidence de la République.

Les propos du chef de l’Etat interviennent six mois après avoir confié la mission des consultations sur cette réforme au directeur de son cabinet Ahmed Ouyahia. Pour Bouteflika, la révision de la loi fondamentale a pour objectif de « faciliter le processus d’ouverture de la société algérienne » mais tout « en œuvrant à la préservation de sa stabilité et en lui épargnant les perturbations que connaissent différents pays du monde en cette ère marquée par de profondes mutations ».

Le chef de l’Etat fait allusion aux « révolutions » survenues dans le monde arabe depuis le début de 2011 dont certaines ont conduit au chaos et à l’exacerbation des tensions marquées surtout par l’émergence du terrorisme. « Pour ce faire, nous veillons particulièrement à ne pas verser dans l’imitation ni dans l’improvisation. Notre pays, qui a subi les affres du terrorisme, refuse de s’aventurer dans pareille entreprise qui, souvent, engendre des drames et que notre société rejette d’emblée », a estimé le président Bouteflika.
Toutefois, cette réforme est assujettie à un consensus national auquel aspire le locataire d’El Mouradia.

La mission d’Ouyahia était justement d’aboutir à la mise en place d’un texte qui brasserait le maximum d’adhésion au sein de la classe politique et de la société dans toutes ses strates. La révision de la Constitution, confiée il y a six mois à Ahmed Ouyahia appuyé par un grand battage du canevas officiel, semblait avoir été mise sous le boisseau depuis la clôture des consultations, suscitant, au demeurant, des interrogations de la classe politique et des observateurs quant au sérieux de la démarche promise pour la fin de l’année, lors du Conseil des ministres tenu au lendemain de la présidentielle d’avril. 

Dans le cadre de ces consultations, Ouyahia avait eu 114 rencontres avec « des partenaires politiques et sociaux » dont des personnalités politiques et des juristes, en plus d’une trentaine de contributions écrites.

Il était question que l’ancien chef de gouvernement rende publique une synthèse à la fin du mois d’août dernier qui renseignerait sur l’orientation prise par cette démarche et donnerait des indications sur le fonds. On sait qu’une douzaine de partis de l’opposition et des personnalités nationales influentes, à l’image de Mouloud Hamrouche, Ahmed El Taleb Ibrahimi et Sid-Ahmed Ghozali, avaient décliné l’invitation de la présidence de la République à participer à cette révision.

Les réfractaires estimaient que cette mission nécessitait d’abord une transition politique qui baliserait le terrain à une réforme institutionnelle, une voix à laquelle la présidence et les partis de l’alliance majoritaire ont répondu par un niet. Selon eux, la transition qui ferait du départ du président un préalable à la réforme de la loi fondamentale était mal à propos et accentuerait la crise.

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