-- -- -- / -- -- --
Op-Ed

La «communauté» du dieu Pan !

L’enfant prodige de la République, Ahmed Ouyahia, a remis le fameux brouillon de la nouvelle Constitution vu que « les frères » se réveillent enfin pour sonner les matines.

On y lit : « Le peuple algérien fait siens les principes de la politique de paix et de réconciliation nationale… Il demeure convaincu que le respect de ces principes contribue à la défense des valeurs communes et constitue la voie consensuelle pour la protection des intérêts de la communauté nationale. »

Les hommes, les femmes, les techniciens et « ciennes », les experts et « pertes » ès qualités ainsi que tous les spécialistes astreints à ce brouillon vont répondre au rassemblement.

Avec, certainement, la tâche d’en générer les applications juridiques et d’entériner, à main visible, ce brouillon qui, disons-le, a fermé les yeux face au fondamental de la question républicaine, à savoir l’esprit de la justice naturelle. Comment donc ces gens-là vont-ils architecturer ce leitmotiv apathique de réconciliation, de paix sur tous les terrains sociaux, sur les champs politiques ?

N’est-il pas clairement convenu que les questions de la réconciliation, de l’amitié, de la paix, de la fraternité sont du ressort du socioculturel ? La concorde et la réconciliation, telles qu’institutionnalisées dans une charte en Algérie, ne sont autre chose qu’un « aléa » tragique dans le destin de l’Algérie. Dans la vie des Algériens. Dans cette Algérie des règnes finis dégénérescents des monstres. Nous y sommes encore aujourd’hui !

Cette Algérie soumise à l’amateurisme politique de l’époque, à l’improvisation affolée-affolante, aux manipulations donnant, sans concours de la Raison innocente, âme au monstre de Goya.
Tel aujourd’hui.

Ce passage de la Constitution ne risque-t-il pas de convoquer toutes sortes de réhabilitations ? Les victimes seraient-elles prêtes à cette loi qui permet au sanguinaire de recouvrer des droits citoyens au nom du « moi le réconcilié » et « voilà votre Bible républicaine ! » A tous les mafieux qui ont pioché dans les richesses : « Moi le réconcilié, voilà mon comptable, ma fortune, ma richesse, mes sociétés, et voilà les commandements de votre Bible républicaine ! »

Ces gens-là n’auraient jamais pensé mieux y croire. Bravo la République. Généreuse. Accueillante. Elle a le goût de l’égard, le goût des grandes portes de sortie… celles des réintégrations.
Cela étant, il ne faut surtout pas penser que la République lâche facilement. Non !

Que c’en est une confiante. Non ! 

Par rapport au statut du Premier ministre par exemple. Il reste uniquement le Premier ministre, c’est déjà énorme qu’il ait conservé ce grade et quelques délégations de pouvoir par-ci par-là. Du reste, pas de régime parlementaire.

Ce qui veut dire que les nouveaux partis sont en « cage » déjà, les anciens ne sont pas crédibles. Une majorité parlementaire avec le FLN en cabale ou le RND affairistes-arrivistes n’honorerait pas le Président et ses conseillers qui parlent de « communauté nationale ». Communauté nationale ? Un singulier qui n’ose pas le tabou national. Encore heureux que ce ne sont pas « le troupeau » national… dieu Pan ! 

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email